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Agressions sexuelles : 9 forces policières au N.-B. rouvriront des dossiers

Les forces de police municipales du N.-B. réexamineront les dossiers de plaintes pour agressions sexuelles jugées sans fondement, de 2010 à 2014.

Les forces de police municipales du N.-B. réexamineront les dossiers de plaintes pour agressions sexuelles jugées sans fondement, de 2010 à 2014.

Photo : iStock / IStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les neuf forces de police municipales du Nouveau-Brunswick feront un nouvel examen des plaintes pour agressions sexuelles jugées infondées, entre 2010 et 2014, a révélé le président de l'Association des chefs de police du N.-B., Paul Fiander.

La GRC a aussi annoncé jeudi qu’elle rouvrirait des dossiers de plaintes pour agressions sexuelles qu’elle avait classés l’an dernier.

Cette décision suit les révélations du quotidien Globe and Mail selon lesquelles il y a de graves lacunes dans la façon dont les corps policiers traitent les plaintes pour agressions sexuelles au pays.

Le quotidien a découvert qu’une plainte d’agression sexuelle sur cinq est rejetée par les forces policières et que cette proportion est encore plus élevée dans certains endroits.

Ainsi, le pourcentage des plaintes rejetées au Nouveau-Brunswick atteint 32 %, comparativement à la moyenne canadienne de 19,39 %.

« Le Nouveau-Brunswick sort du lot en ayant le plus grand nombre de dossiers jugés sans fondement », reconnaît Paul Fiander, qui dirige également la force policière de Miramichi.

Compte tenu de ces chiffres, [les chefs] ont cru qu’il serait bon que toutes [les forces municipales] fassent un nouvel examen des "sans fondement" pour voir s’ils ont des aspects qui justifieraient [une réouverture des dossiers].

Paul Fiander, président de l'Association des chefs de police du N.-B.

Les forces policières concernées sont celles d’Edmundston, de Bathurst, de Fredericton, de Grand-Sault, de Miramichi, de Saint-Jean, de Kennbecasis, de Woodstock ainsi que le BNPP qui dessert les municipalités de Nigadoo, de Beresford, de Petit-Rocher et de Pointe-Verte.

Une culture du viol au Nouveau-Brunswick, selon une experte

Le taux élevé de plaintes rejetées au Nouveau-Brunswick n’étonne pas Lise Savoie, professeure en travail social à l’Université de Moncton.

« Ce n’est pas tout à fait surprenant parce que la question de la violence à caractère sexuel est spécifique. Elle fait partie d’une culture qu’on appelle la culture du viol. Cette culture-là fait en sorte qu’on déresponsabilise la personne agresseur et qu’on responsabilise souvent la femme, la victime d’agression sexuelle. On banalise aussi, on minimise la violence sexuelle », explique Lise Savoie en entrevue à l’émission Le réveil Nouveau-Brunswick, d’ICI Acadie.

Les victimes sont dans bien des cas laissées à elles-mêmes, ajoute-t-elle. « Il y a tout un travail de sensibilisation, de prévention, de mise en place de politiques et de processus d’intervention pour ce type de violence là. On doit contrer cette culture du viol et reconnaître que la violence à caractère sexuel existe sur les campus, dans nos municipalités, dans nos régions et un peu partout », affirme Lise Savoie.

Un taux de rejet élevé à Saint-Jean

La force policière de Saint-Jean, où le taux de rejet des plaintes pendant la période étudiée dépassait les 50 %, a déjà entrepris un examen.

Le chef de la police de Saint-Jean, John Bates, s’est engagé à dévoiler publiquement les résultats de cet examen.

John Bates, le chef de police de Saint-Jean, au N.-B.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Bates, le chef de police de Saint-Jean, au N.-B.

Photo : Twitter

Selon le chef Bates, l’expression « sans fondement n’est pas clairement définie et elle est appliquée différemment d’une force policière à l’autre ».

Il précise que son service policier est devenu conscient en 2014 qu’il avait une interprétation trop large de cette classification, comparativement à d’autres corps policiers.

Depuis 2014, dit-il, les plaintes pour agressions sexuelles jugées sans fondement ont diminué de 50 % dans sa ville.

« Nous voulons nous assurer que ces causes [de 2010 à 2013] ont fait l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et qu’on les a classées de la façon appropriée », précise-t-il dans un communiqué.

Des changements à la GRC

Sur le plan national, la GRC a expliqué jeudi qu’elle avait actualisé sa politique nationale sur les infractions sexuelles, qui « comporte des critères supplémentaires pour aider à bien classer une enquête ».

Le ministre Denis LandryAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre dela Justice et de la Sécurité publique du N.-B., Denis Landry

Photo : Radio-Canada

Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, Denis Landry, a précisé pour sa part qu’il était heureux de voir que tous les corps policiers de la province « exercent la diligence requise en réexaminant ces causes ».

Il a affirmé à CBC que les victimes doivent pouvoir faire confiance aux autorités. « Cette affaire est sérieuse et une révision de toutes les politiques et procédures qui se rapportent aux causes d’agressions sexuelles est la bonne chose à faire », a-t-il dit.

Avec les informations de CBC

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