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On peut tous devenir des trolls

Des mains sur un clavier d'ordinateur

Des propos haineux sur Internet peuvent mener à des accusations criminelles.

Photo : iStock

Catherine Mathys
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En ligne, les trolls, par leurs comportements antisociaux, dérangent et détournent le flot de la discussion. Bien qu'on ait longtemps cru qu'il ne s'agissait que d'une minorité d'individus, une nouvelle étude suggère plutôt que nous avons tous un troll qui sommeille en nous.

Des chercheurs des universités Stanford et Cornell ont tenté de s’attarder aux raisons qui poussent les trolls à agir. Il semblerait que lorsque les circonstances sont favorables, nous avons tous le potentiel de développer un comportement répréhensible en ligne. Il s’agirait donc moins d’un trait de caractère que d’un geste stimulé par certains mécanismes, notamment l’humeur de la personne et le contexte d’une discussion.

L’importance de l'humeur

Pour mener leur étude, les chercheurs ont procédé de deux manières. D’une part, pour déterminer leur humeur, une partie des 667 participants a eu à remplir un questionnaire facile, et l’autre partie, un questionnaire très difficile. Ensuite questionnés sur leur humeur, ceux qui avaient eu la tâche plus simple étaient bien sûr moins contrariés. On voulait surtout évaluer l’humeur des participants auparavant pour voir si elle aurait un effet sur leur comportement en ligne par la suite.

Les participants ont ensuite pris part à une expérience simulant une discussion en ligne à propos d’un article de nouvelles. On leur a demandé de laisser au moins un commentaire à la suite de l’article, tout en ayant l’option de réagir aux commentaires des autres et de leur attribuer une note. Fait important, certains participants étaient exposés à trois commentaires de trolls tout en haut de la liste, tandis que d’autres ne voyaient que trois commentaires neutres comme point de départ.

Les résultats sont impressionnants. Ceux qui avaient le questionnaire difficile et qui ont été exposés aux commentaires de trolls agissaient eux-mêmes comme des trolls dans 68 % des cas. C’est la combinaison des deux facteurs qui mène à ce résultat. Ceux qui étaient de mauvaise humeur, mais qui n’avaient pas vu les commentaires de trolls, n’adoptaient un comportement dérangeant que dans 47 % des cas. Ceux qui étaient le moins susceptibles d’adopter un comportement de troll étaient ceux, vous l’aurez deviné, qui étaient de bonne humeur et qui n’avaient vu que les commentaires neutres en début de liste.

L’agressivité serait-elle contagieuse?

En parallèle à cette expérience, les chercheurs ont aussi analysé 16 millions de commentaires provenant du site CNN.com entre décembre 2012 et août 2013. Un commentaire haineux sur quatre provenait d’un utilisateur qui n’avait jamais eu de comportement semblable sur le site auparavant. Il n’est donc pas si facile de prévoir qui est susceptible d’adopter un langage offensant, puisqu’il semble que ça puisse arriver à des utilisateurs dits ordinaires.

L’agressivité serait-elle contagieuse? Les utilisateurs qui avaient déjà été avertis eux-mêmes ou qui avaient participé à une discussion où un commentaire agressif avait été signalé étaient par la suite plus enclins à écrire un commentaire désagréable.

Cela rejoint la première partie de l’expérience. L’exposition au langage des trolls peut plus facilement engendrer un comportement de troll.

Les chercheurs espèrent que ces données permettront une meilleure modération des sections des commentaires. Bien sûr, celles qui n’ont pas déjà été fermées pour cause d’excès de commentaires de trolls.

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