•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une vétérinaire incite les chasseurs à abandonner les cartouches de plomb

Une vétérinaire de la N.-É. est partie en croisade contre les munitions de plomb

Une vétérinaire de la Nouvelle-Écosse, Helene Van Doninck, est partie en croisade contre les cartouches de plomb toujours utilisées par de nombreux chasseurs, parce qu'elles sont responsables de l'empoisonnement d'animaux sauvages.

Les cartouches de plomb sont encore largement utilisées pour chasser le gibier.

Helene Van Doninck a cofondé le Centre de réhabilitation de la faune Cobequid, établi à Brookfield, près de Truro, en Nouvelle-Écosse.

Lorsqu’on s’y rend, on la trouve en train de soigner un jeune aigle qui souffre justement d’un empoisonnement sévère au plomb. La Dre Van Doninck tente de le sauver au moyen de la chélation, une sorte de cure de désintoxication.

Elle n’y arrivera toutefois pas.

L’aigle finit par mourir, le troisième à succomber à un empoisonnement au plomb au centre Cobequid depuis le début janvier.

Un aigle mortTrois aigles ont succombé à un empoisonnement au plomb cette année au centre Cobequid, près de Truro. Photo : Radio-Canada

Les cartouches de plomb répandues

Selon la vétérinaire, ces aigles avaient ingéré des particules de plomb restées dans les carcasses d’animaux abattus par des chasseurs.

Les chasseurs pensent souvent bien faire en étripant leurs proies là où elles sont tombées et en laissant les viscères et autres parties non comestibles des animaux sur place, pour que les animaux sauvages puissent s’en repaître.

Or, les radiographies prises par des chercheurs ont montré que les projectiles de plomb éclatent en centaines de particules toxiques dans les animaux abattus. On en trouve partout dans le corps de l'animal.

La cartouche d'acier, pour sa part, reste à peu près intacte.

L'acier, plus coûteux

Le hic, c’est qu’elle est plus coûteuse que les cartouches de plomb, explique David MacKay, propriétaire d’un magasin de chasse et de pêche à Truro.

Un chasseurLes chasseurs laissent souvent les parties non comestibles des animaux qu'ils ont abattus dans la nature, selon la Dre Van Doninck. C'est en mangeant ces restes que les animaux sauvages s'empoisonnent. Photo : Radio-Canada

Et l’usage des projectiles de plomb n’est pas illégal pour le gros gibier, au Canada. Ils sont seulement interdits pour chasser la sauvagine ou les oiseaux aquatiques.

De la sensibilisation

Helene Van Doninck tente de sensibiliser les chasseurs. « Pour être bien honnête, la plupart d’entre eux ne sont pas au courant [des dommages que le plomb peut causer]. »

Elle a approché divers acteurs dans le milieu de la chasse, comme David MacKay.

David MacKay, propriétaire d'un magasin de chasse et pêcheDavid MacKay, propriétaire d'un magasin de chasse et pêche, essaie de sensibiliser sa clientèle à la toxicité des cartouches de plomb. Photo : Radio-Canada

Il tente à son tour de sensibiliser ses clients avec du matériel éducatif.

La Californie est en voie d'interdire l'usage des munitions de plomb. Helene Van Doninck croit que la sensibilisation des chasseurs pourrait donner les mêmes résultats au Canada, sans qu’il soit nécessaire de légiférer.

La Nouvelle-Écosse a déjà choisi l’approche douce en offrant un programme d’échange de munitions qui encourage les chasseurs à se débarrasser de leurs cartouches de plomb.

D'après un reportage de Stéphanie Blanchet

Nouvelle-Écosse

Chasse et pêche