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Migrants clandestins : un réseau de passeurs « informel » formé au sud du Manitoba

Une borne frontière dans un champ enneigé
Une simple borne marque la frontière entre le Canada et les États-Unis. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les réfugiés entrent au Canada clandestinement grâce à un réseau « informel » formé d'amis et de membres de leur famille, selon le département de Sécurité intérieure des États-Unis.

Au Manitoba, le nombre de réfugiés qui se rendent dans la province illégalement - la majorité ayant traversé la frontière canado-américaine à pied - a connu une forte augmentation ces derniers mois. La fin de semaine dernière, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a intercepté 22 réfugiés en deux jours dans la région d'Emerson, où le Manitoba partage une frontière avec le Minnesota et le Dakota du Nord.

Selon l'Agence des services frontaliers du Canada, au cours de la dernière année, plus de 400 personnes ont traversé la frontière illégalement à cet endroit.

D'après Eric Kuhn, agent de la patrouille frontalière américaine, il n'est pas illégal de conduire quelqu'un jusqu'à la frontière, mais ça peut être un comportement « abusif ». Il dit toutefois que, selon ce qu'il a observé, les passeurs ne correspondent pas au profil de criminels organisés.

C'est informel, presque à base caritative. Cela dit , certains d'entre eux empochent des sommes importantes : il y a un certain but lucratif rattaché à tout cela.

Eric Kuhn, agent de la patrouille frontalière au Minnesota

Selon un chauffeur de taxi rencontré au Dakota du Nord, qui a accepté de parler sous le couvert de l'anonymat, de nombreux demandeurs d'asile arrivent à Grand Forks en autocar et embauchent un taxi pour parcourir la centaine de kilomètres qui les séparent de la frontière.

Il avoue avoir fait le trajet à plusieurs reprises, à coups de 200 $ US par personne. « C'est comme un billet d'avion », explique-t-il.

Une fois arrivés à la frontière, les réfugiés clandestins longent la limite forestière sous le couvert de la nuit jusqu'à ce qu'ils se retrouvent au Canada.

Un agent de patrouille frontalière dans un champ enneigéEric Kuhn montre du doigt les champs que les demandeurs d'asile traversent à pied pour se rendre au Canada. Photo : Radio-Canada

Eric Kuhn explique que le trajet le plus populaire est un poste frontalier abandonné près de Noyes, au Minnesota : l'autoroute se rend jusqu'à la frontière, et les demandeurs d'asile n'ont qu'à passer par-dessus les barricades pour entrer au Canada.

Bien que l'accès soit facile, les personnes qui empruntent cette route courent le risque d'être interceptés par des agents de la patrouille frontalière américaine, ajoute-t-il.

C'est pour ça que certains réfugiés clandestins préfèrent tenter leur chance plus à l'ouest, en longeant un pipeline de TransCanada.

Le périple est toutefois plus long et le risque de mourir de froid dans un champ enneigé est réel. « Plus vous vous éloignez de nos zones de patrouille, moins il y a de réception cellulaire, prévient Eric Kuhn. Nous sommes prêts à remuer ciel et terre pour sauver quelqu'un, quel que soit son statut légal. Mais nous ne pouvons pas vous aider si nous ne savons pas où vous êtes. »

Selon un texte de Karen Pauls, CBC News

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