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Erik Guay sacré champion du monde du super-G, Osborne-Paradis 3e

Le reportage de Jean-François Poirier
Radio-Canada

Erik Guay a ajouté un second titre mondial à son palmarès en remportant le super-G des Championnats du monde mercredi, à Saint-Moritz, en Suisse. À 35 ans, il devient le skieur le plus âgé à monter sur la plus haute marche du podium à des mondiaux de ski alpin et le premier Canadien à enlever l'or au super-G.

Guay a créé une certaine surprise en affichant le chrono le plus rapide sur la Corviglia, puisqu'il n'avait pas gagné un super-G depuis mars 2010 à Garmisch-Partenkirchen. Cette victoire lui avait alors permis de décrocher le petit globe de cristal de la spécialité.

« Avant que je traverse la ligne verte (d’arrivée), j’ai vu la réaction de la foule. Tout le monde était debout et m’acclamait. Je savais que quelque chose de bien venait d’arriver, a raconté le Québécois [...] J’étais très émotif. J’étais content d’avoir mes lunettes, personne n’a pu voir mes yeux!

Parti avec le dossard 14, Guay a rallié l'arrivée en 1 min 25 s 38/100 pour devancer le Norvégien et grand favori Kjetil Jansrud de 45 centièmes de seconde. Son coéquipier britanno-colombien Manuel Osborne-Paradis a trouvé une belle façon de célébrer ses 33 ans mercredi avec la médaille de bronze, à 51 centièmes du temps de référence.

« C'est incroyable d'être sur le podium avec Jansrud et Manny, deux amis proches », a dit Guay, sacré champion du monde de la descente il y a six ans, encore à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne.

Erik Guay entouré de Kjetil Jansrud (gauche) et Manuel Osborne-Paradis sur le podium du super-G des mondiaux de St-Moritz.Erik Guay entouré de Kjetil Jansrud (gauche) et Manuel Osborne-Paradis sur le podium du super-G des mondiaux de St-Moritz. Photo : Getty Images / Julian Finney

Même s'il a peu skié dans la station helvète, qui accueille plutôt des épreuves féminines, le skieur de Mont-Tremblant y a toujours fait belle figure. En mars dernier, il s'était classé 3e de la descente lors des finales de la Coupe du monde et, à ses premiers mondiaux en 2003, il avait conclu au 6e échelon de la descente et du super-G.

D'ailleurs, en 2003 à Saint-Moritz, le Canada avait décroché deux médailles, mais chez les femmes, avec l'or de Mélanie Turgeon en descente et le bronze d'Allison Forsyth en slalom géant.

 

Dustin Cook, l'autre Canadien en lice et médaillé d'argent du super-G aux mondiaux de 2015 à Beaver Creek, n'a pas terminé l'épreuve après avoir raté une porte.

Souvent blessé aux genoux et en proie à des douleurs au dos pendant de nombreuses années, Guay a failli arrêter sa carrière il y a deux ans et demi après une opération au genou gauche en juin 2014 qui lui a fait rater la saison 2014-2015.

Entrevue avec Erik Guay, nouveau champion du monde en super-G

Depuis cette opération, le père de trois fillettes n'est monté qu'à deux reprises sur les podiums de la Coupe du monde, chaque fois sur la troisième marche : à Val Gardena en super-G il y a deux mois et à Saint-Moritz lors de la descente des finales en mars 2016.

Et une lourde chute lors du super-G de la Coupe du monde de Garmisch-Partenkirchen il y a dix jours aurait pu mettre fin à ses aspirations en Suisse. Guay s'était alors relevé pour se rendre au bas de la piste sur ses skis, mais il avait choisi de jouer de prudence en faisant l'impasse sur la descente le lendemain afin de soigner des contusions et hématomes aux fessiers.

« Ce qui est incroyable, c'est toute l'histoire, d'être revenu des blessures. De revenir ici, et d'oublier tout ce qui s'est passé avant et d'apprécier, a ajouté Guay [...] On a souvent entendu dans le sport que ç’a été "un travail d’équipe". Je dois dire que ç’a été le cas. J’aimerais remercier mes thérapeutes, mes médecins et mes entraîneurs de m’avoir gardé dans un bon état d’esprit mental. »

Guay totalise 24 podiums en Coupe du monde, dont 5 victoires, la dernière remontant à mars 2014 lors de la descente de Kvitfjell, en Norvège.

Best birthday ever!!! Thanks mom for making the trip!!! Third place 👌👌👌 @st.moritz2017

Une photo publiée par Manny Osborne-Paradis (@manny_ski) le

Si l'or de Guay a suscité la surprise, que dire du bronze d'Osborne-Paradis qui ne comptait qu'un podium en super-G sur ses 11 en Coupe du monde, une victoire à Lake Louise en 2009.

« J'ai commis une grosse faute au milieu de la course et je savais que si je ne donnais pas tout sur le reste, c'était fini. C'est la beauté de la course, a dit le nouveau papa d'une petite fille.

« Le super-G, ça a toujours été en montagnes russes. Ce n’est pas mon épreuve préférée. De réussir à tout mettre ensemble, mais surtout de savoir que mon ski est là, parce que j’ai fait des erreurs, ce n’était pas la meilleure descente, mais c’était suffisant pour un top 3. »

Entrevue avec Manuel Osborne-Paradis, 3e au super-G aux Championnats du monde

Osborne-Paradis ne s'était hissé sur un podium de Coupe du monde que deux fois au cours des sept dernières années, deux 2es places en descente. Mais la victoire de Guay l'a gonflé à bloc. Parti une vingtaine de minutes plus tôt, Guay, une fois arrivé au bas de la piste, a appelé son coéquipier, 26e à s'élancer. Ses conseils lui ont donné des repères, mais aussi des ailes.

« C’est un sentiment assez incroyable. En plus d’avoir Erik sur le podium, d’être 3e, de ne pas être seul sur le podium, pour l’équipe et tout ce qu’on fait à l’entraînement, c’est incroyable. »

Guay et Osborne-Paradis tenteront d'ajouter à leur succès dans la descente samedi.

« Je pense qu’il n’y aura pas de fête ce soir, a confié Guay. On va attendre que samedi passe parce qu’on a quand même de bonnes chances de monter sur le podium Manny et moi. On va tenter notre chance. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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