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Toujours pas de pilule abortive pour les Manitobaines

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Photo : Charlie Neibergall

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bien que la formation nécessaire pour la distribution de la pilule abortive au Canada soit enfin disponible pour les médecins canadiens, les Manitobaines devront encore patienter pour une période indéterminée avant de pouvoir en bénéficier.

La directrice des services en santé de la Clinique de la santé des femmes de Winnipeg, Leigh Anne Caron, rapporte que les deux établissements en mesure de proposer des avortements médicamenteux au Manitoba – la Clinique de la santé des femmes et le Centre des sciences de la santé – n’ont pas encore les ressources nécessaires pour administrer la pilule abortive, commercialisée sous le nom Mifegymiso.

« C’est un défi pour nous parce que nous n’avons jamais administré des avortements médicamenteux », note Mme Caron.

Les premières commandes de la pilule abortive ont été livrées dans des cliniques de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de l’Ontario au début janvier.

Leigh Anne CaronAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Leigh Anne Caron, directrice des services en santé de la Clinique de la santé des femmes de Winnipeg

Photo : Radio-Canada

En raison de la période serrée durant laquelle la pilule doit être administrée – dans les 7 semaines après la conception, comparativement aux avortements chirurgicaux qui peuvent être pratiqués jusqu’à 16 semaines après la conception – les médecins doivent être capables d’agir rapidement, explique la directrice des services en santé.

« Dans notre clinique, nous ne faisons des avortements que deux jours par semaine, signale Mme Caron. Nous aurions besoin d’une disponibilité immédiate des équipements ultrasonographiques pour pouvoir déterminer le stade de la grossesse, récupérer les antécédents médicaux et localiser un médecin capable de prescrire le médicament ».

Mme Caron précise également qu’il faudrait engager des infirmiers pour s’occuper du suivi des patients deux semaines après la prise des pilules, ce qui inclut de nouvelles échographies et des analyses de sang.

Selon la revue Canadian Medical Association Journal, 96 % des avortements au Canada sont pratiqués chirurgicalement.

Des coûts prohibitifs

Lorsqu'elle sera enfin disponible, la pilule coûtera de 270 à 300 $ par patiente.

Même si le médicament facilitait l’accès à l’avortement pour les femmes vivant en régions rurales et dans les communautés reculées, « le prix du médicament pourrait rendre l’avortement tout aussi inaccessible à certaines femmes, et risque d’être un lourd fardeau financier pour les cliniques qui souhaitent l’offrir », affirme Leigh Anne Caron.

En plus, Mme Caron dit que la province ne s’est toujours pas prononcée sur le financement du Mifegymiso, rendant la planification financière difficile pour les cliniques qui souhaitent mettre à disposition le médicament.

Un porte-parole de la province explique que le gouvernement ne tranchera pas sur le financement de la pilule abortive avant qu’une deuxième évaluation soit effectuée par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies en santé (ACMTS).

L’ACMTS rendra son rapport sur le Mifegymiso au début de l'été.

Avec des renseignements de Kelly Malone (CBC)

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