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Une incursion dans le monde virtuel de Skawennati

Celestial Tree, une oeuvre signée Skawennati

Celestial Tree, une oeuvre signée Skawennati

Photo : Skawennati

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le centre d'art montréalais Oboro consacre l'année 2017 aux artistes des Premières Nations « en signe de paix et de reconnaissance ». Le tout débute en territoire mohawk avec l'artiste numérique Skawennati, dont on peut voir les œuvres jusqu'au 18 mars.

Un texte d'Anne-Marie Yvon, d'Espaces autochtones

Figure bien établie dans le monde du virtuel, Skawennati fait partie d’une minorité autochtone trop peu présente sur le web.

L’artiste, née et élevée à Kahnawake, souhaite donc, par son travail, inspirer la relève. Tout commence dans le futur, là où l’imaginaire autochtone a encore beaucoup de difficulté à se projeter même si, précise Skawennati, « dans le milieu autochtone nous parlons des sept générations. On dit que toutes nos décisions serviront à la septième génération. »

Histoire, avenir, transformation

Cette faculté de se transposer dans l’avenir, Skawennati l’a développée en racontant des histoires.

Il y a eu CyberPowWow (1997-2004), Imagining Indians in the 25th Century (2001) et TimeTraveller ™ (2008-2013), un projet multi-plate-forme en neuf épisodes.

« Je fais des films que j’appelle des « machinima » parce que je les tourne dans un environnement virtuel. Les avatars sont les acteurs, le monde virtuel est l’environnement. Voilà mon plateau de cinéma. Je chorégraphie ces avatars à faire des actions et je leur donne la voix des gens de ma communauté, plutôt que d’enregistrer des professionnels. » C’est ainsi que Skawennati imagine les personnages dans le futur.

Je pense que les nouveaux médias, les mondes virtuels et les avatars sont des métaphores pour le futur.

Skawennati
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Skawennati - Les mots avant toute chose -première partie

Le monde de demain

Pour le centre d’art Oboro, elle a eu envie de raconter l’histoire iroquoise de création du monde en jouant avec le temps.

Dans le récit traditionnel, tout débute dans le Monde du ciel (sky world). C’est donc là que nous amène Skawennati, qui a recréé à sa manière un village ancien iroquois avec maisons longues, pots en argile, vêtements de peaux d’animaux. Mais elle a imaginé ce Monde du ciel sur une autre planète. Ses personnages sont des extraterrestres humanoïdes technologiquement avancés.

Ce monde-là n’est pas capitaliste, il ne connait pas les races et il vit dans la paix. Si l'on ne connait pas déjà l’ancienne histoire, on va voir ça et penser que ça se passe dans le futur.

Skawennati
Falling Asleep, oeuvre de SkawennatiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Falling Asleep, oeuvre de Skawennati

Photo : Skawennati

Tout comme dans le vrai récit fondateur, le personnage principal de la création du monde est la Femme du ciel. Selon les versions, elle tombe du ciel ou est poussée par son mari, mais dans la version repensée par Skawennati, la Femme du ciel choisit de sauter pour commencer un Nouveau Monde.

Grande adepte de science-fiction depuis son adolescence, Skawennati a tôt fait de réaliser que les Autochtones n’étaient pas représentés dans cet univers. À part Chakotay dans la série Star trek et le personnage Raven dans le roman Snow Crash de Neal Stephenson, aucune place dans un monde futuriste n’était occupée par des Autochtones.

Il y a de vrais problèmes dans nos communautés; nous avons les plus hauts taux de suicide, d’incarcération et de décrochage scolaire, et j’ai pensé : est-ce qu’il y a un lien entre ces faits? Est-ce possible que nous ne nous voyons pas dans le futur et c’est peut-être pourquoi ces tragédies arrivent!

Skawennati

Skawennati, une femme et son avatar

Dancing With Myself, une oeuvre de SakwennatiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dancing With Myself, une oeuvre de Skawennati

Photo : Skawennati

Aimant créer et raconter des histoires, Skawennati s’est donc donné pour mission de donner une place à sa communauté dans le monde virtuel. Elle-même vit concrètement dans le futur grâce à son avatar.

Avec un autre artiste de médias numériques, Jason Edward Lewis, également professeur de design et d'arts numériques à l’université Concordia, elle codirige aussi Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC), un réseau de recherche composé d’artistes, d’universitaires et de technologues qui se consacrent à l’exploration, la création, ainsi que la critique d’environnements virtuels portant sur les Autochtones.

Skawennati est aussi coordonnatrice du pôle de recherche sur les initiatives d'avenir autochtone à l'Institut artistique, culturel et technologique Milieux de l'Université Concordia.

Et elle partage sa passion avec les jeunes qu’elle rencontre dans les écoles et à qui elle enseigne son art.

La relève est là. Que ce soit en art médiatique ou en conception de jeux vidéo, de jeunes Autochtones s’apprêtent à investir le cyberespace.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
L'artiste Skawennati devant son avatar

Entrevue avec Skawennati

Photo : Anne-Marie Yvon

 

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