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Immunothérapie et radiochirurgie à l'assaut du cancer

Cellules cancéreuses.

Cellules cancéreuses.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Radiothérapie, chimiothérapie et chirurgie : depuis un siècle, ce sont les principales armes de lutte contre le cancer. Toutefois, d'autres moyens s'ajoutent à l'arsenal médical, dont l'immunothérapie et la radiochirurgie. À la veille de la Journée mondiale du cancer, voici un aperçu de ces innovations.

L’immunothérapie, c’est l’art complexe et délicat de stimuler le système immunitaire pour qu’il détruise les cellules cancéreuses. Une thérapie qui coûte encore une fortune, dont les résultats sont inégaux, mais qui représente l’avenir en recherche contre le cancer.

Il y a eu quelques moments dans l’histoire où il y a eu des grands bonds en avant. Et ça [l’immunothérapie], c’est le dernier grand bond en avant qu’on a vécu.

Une citation de : Jean-Sébastien Delisle, hématologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

« Pour chaque individu et pour chaque type de cancer, il est fort probable que la recette soit un peu différente, mais on peut prévoir raisonnablement que l’immunothérapie va être intégrée dans les traitements du cancer de façon fréquente sinon universelle dans quelques années », note le Dr Delisle.

« Il y avait un scepticisme généralisé il n’y a même pas 10 ans, alors que là on est en train de prouver que, effectivement, ça peut [l’immunothérapie] amener des réponses tout à fait spectaculaires et inespérées », ajoute-t-il.

Comment amener le système immunitaire à répliquer au cancer

Trois grands groupes de scientifiques se livrent une chaude lutte dans le monde en matière d'immunothérapie. Deux d’entre eux se trouvent au Québec, expliquait un récent reportage de l’émission Découverte.

Devant les virus et les bactéries, le système immunitaire remporte la majorité de ses combats. Mais contre le cancer, il échoue, car les cellules cancéreuses utilisent différents stratagèmes pour le déjouer.

Les cellules cancéreuses déjouent les lymphocytes T (un type de globules blancs, ces soldats du système immunitaire), notamment en déréglant leur système de freins et d’accélérateurs. Quand les accélérateurs du lymphocyte T s’activent, ce dernier passe à l’attaque et détruit la cellule. Une fois la cible maîtrisée, les freins prennent la relève et s’activent à leur tour. Le lymphocyte T cesse alors son offensive.

Mais lorsque le lymphocyte T se lie à la cellule tumorale, cette dernière se défend en activant les freins du lymphocyte. Celui-ci est alors désarmé. Les cellules cancéreuses ont le champ libre.

Dans ses laboratoires, le Dr Jean-Sébastien Delisle prépare la réplique.

« Il y a plusieurs types de cellules immunitaires qui peuvent s’attaquer aux infections ou au cancer. Le lymphocyte T est probablement le sous-type le plus important. Il coordonne les réponses immunitaires, a une capacité de mémoire, et il a été démontré, depuis plusieurs décennies, qu’il est l’architecte principal des réponses antivirales et antitumorales », explique le Dr Delisle.

Pour guider les lymphocytes T vers les cellules cancéreuses du patient, il faut leur établir une cible. Et cette cible, ce sont les antigènes. Un antigène est en quelque sorte le profil de la cellule, une carte d’identité.

Une fois que les lymphocytes T connaissent la carte d'identité de leur ennemi, ils sont instantanément mobilisés pour éliminer les cellules porteuses de cette carte. Reste ensuite à sélectionner les meilleurs lymphocytes T, ceux dont la cellule cancéreuse du patient est incapable d'activer les freins. Les meilleurs combattants seront ensuite transfusés au patient.

Vers un vaccin contre le cancer ?

La mise au point de vaccins contre le cancer intéresse également les chercheurs. Cette fois, il s’agit d’identifier des molécules typiques aux cellules cancéreuses qu’on utilisera ensuite pour concevoir un vaccin curatif.

« À l’échelle mondiale, c’est la découverte des molécules qui peuvent être reconnues par le système immunitaire sur les cellules cancéreuses qui est la question la plus importante, celle qui attire le plus l’attention des gens qui travaillent en immunothérapie du cancer », explique le Dr Claude Perreault, hématologue de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie.

Identifier ces molécules et les isoler avant d’en faire un vaccin va nécessiter au moins une dizaine d’années de travail, estime le chercheur.

Améliorer la qualité de vie grâce à la radiochirurgie

Le taux de survie après cinq ans, pour tous les types de cancers, est passé de 53 %, en 1994, à 60 % en 2017, selon la Société canadienne sur le cancer. Cette lente amélioration amène le corps médical à miser sur des approches connues qu’on a améliorées, comme la radiochirurgie.

Les puissants faisceaux produits par les appareils médicaux permettent aujourd’hui de détruire de petites tumeurs au cerveau ou aux poumons chez les patients qui ne peuvent subir d'opération chirurgicale.

Maintenant, on leur donne ce traitement et les patients ne meurent pas du cancer. Le cancer va être contrôlé, le traitement va bien fonctionner. Donc, ils vont continuer à avoir une bonne qualité de vie.

Une citation de : Dr Christian Boukaram, radio-oncologue de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

L’an dernier, on a réalisé plus de 200 radiochirurgies dans cet hôpital.

« Plus ça va et plus les traitements du cancer vont être personnalisés. On va avoir des traitements beaucoup plus ciblés, où on va éviter les effets secondaires », dit le Dr Boukaram.

D’une manière générale, les experts interrogés sont optimistes : grâce à l’amélioration des traitements existants et aux avancées en immunothérapie, la lutte contre le cancer continuera de progresser.

D'après les informations de Normand Grondin et Danny Lemieux

Le cancer au Québec et au Canada, en quelques chiffres :

  • On a recensé 202 400 nouveaux cas de cancer au Canada en 2016, et les décès attribuables à cette maladie ont été de 78 800
  • On a recensé 51 900 nouveaux cas de cancer au Québec en 2016, et les décès attribuables à cette maladie ont été de 21 300
  • Les cancers du poumon, colorectal, du sein et de la prostate sont les quatre types les plus souvent diagnostiqués
  • Les hommes ont un risque de 29 % de mourir du cancer, tandis que cette probabilité chez les femmes est de 24 %


Source : Statistiques canadiennes sur le cancer 2016, un document de la Société canadienne du cancer produit en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada, Statistique Canada et les registres provinciaux et territoriaux sur le cancer

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