•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Reboiser les chemins forestiers pour aider le caribou du parc de la Gaspésie

Caribou forestier dans une forêt québécoise

Caribou forestier dans une forêt québécoise

Photo : Courtoisie Bureau du forestier en chef

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour protéger les caribous, la direction du parc de la Gaspésie travaille à développer un projet pour fermer certains accès aux prédateurs, soit les anciens chemins forestiers qui sillonnent le parc.

Un texte de Joane Bérubé

Ces couloirs ne sont pas fréquentés ni par les randonneurs ni par les travailleurs du parc. Le reboisement de ces chemins aiderait à protéger le troupeau de caribous qui compte moins d’une centaine de bêtes.

Les prédateurs du caribou comme le coyote et l’ours noir utilisent les endroits dégagés, sentiers et chemin, pour grimper jusqu’aux sommets que fréquentent les caribous.

Le directeur du parc de la Gaspésie, Pascal Lévesque, explique que le parc a développé une technique de scarification et d’ameublement de ces anciens chemins pour favoriser la repousse des arbres. Le projet en est à sa troisième étape. « On a fait la recette, on a fait l’inventaire de ce qu’on va pouvoir prioriser comme sentiers, chemins forestiers. On est en recherche de financement », précise Pascal Lévesque.

Pascal Lévesque, directeur du parc de la GaspésieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascal Lévesque, directeur du parc de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Sébastien Thériault

Le directeur du parc rappelle que les coupes forestières, notamment d’arbres de 50 ans et plus, ont été autorisées dans les limites du parc jusqu’en 1977, et ce, même si une des raisons de la fondation du parc a été, dès le départ, la protection du troupeau de caribous des bois qui fréquentaient les sommets.

À l’époque, raconte Pascal Lévesque, les gens ne savaient pas que les vieilles forêts d’arbres de 70 ans étaient un habitat propice pour le caribou. « Et, ajoute-t-il, cela fait seulement 40 ans que le territoire n’a pas été touché par la coupe forestière. »

La prospection minière a aussi été autorisée dans les années 40. Le parc a déjà compté jusqu’à 400 permis d’exploration minière.

Toutes ces activités ont laissé de larges cicatrices sur l’habitat du caribou, une bête qui préfère les terrains situés à plus de 700 mètres où la végétation pousse plus difficilement.

Cohabitation entre humains et caribous

Le parc doit aussi conjuguer avec la mise en valeur du parc et des montagnes pour les visiteurs et la protection du caribou. Un défi.

Les coyotes, par exemple, utiliseront les sentiers pour grimper jusqu’à leurs proies ou même les traces laissées par les skieurs ou les raquetteurs.

« Les coyotes, dit Pascal Lévesque, font des percées perpendiculaires à partir des sentiers pour aller dans le bois voir si l’odeur qu’ils ont pu percevoir pourrait les amener sur une proie. Si cela ne fonctionne pas, ils ont tendance à revenir dans le sentier et à poursuivre leur chemin. »

Le parc a donc lancé, dans les années 1980, un programme de contrôle des prédateurs qui touche une vingtaine d’ours et de coyotes par année.

De plus, certains endroits, comme le sommet du mont Jacques-Cartier, ne sont accessibles que durant l’été, à partir de 10 h jusqu’à 16 h.

Le troupeau est ainsi protégé durant les périodes d’alimentation, en début et en fin de journée, ainsi que durant les mois de reproduction et de mise bas. « C’est une mesure de mitigation entre le dérangement et le désir des visiteurs d’observer le caribou sur la montagne », fait valoir Pascal Lévesque.

Fondé en 1937, le parc de la Gaspésie aura 80 ans en avril prochain.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !