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« L’avenir de mon enfant est en jeu », déplore le père d’un enfant autiste

Un père et son enfant autiste
Maxime Gravel et son fils Victor Photo: Claudia St-Arnaud
Radio-Canada

Le père d'un garçon de trois ans ayant un trouble du spectre de l'autisme craint que les compressions en santé aient un impact direct sur le développement de son fils. L'enfant de Maxime Gravel est suivi par une technicienne en éducation spécialisée 11 heures par semaine, au lieu des 20 heures par semaine requises pour ce type de traitement.

Un texte d'Édith Drouin avec les renseignements d'Isabelle Damphousse

Maxime Gravel est catégorique, c’est l’avenir de son enfant qui est en jeu.

L'Institut national d'excellence en santé et services sociaux du Québec recommande que les enfants autistes d’âge préscolaire soient accompagnés par un éducateur spécialisé au moins 20 heures par semaine pour que leur traitement, appelé intervention comportementale intensive, soit efficace.

Or, ce n’est pas le cas du fils de Maxime Gravel, qui réside au Bas-Saint-Laurent.

En janvier, on vient nous rencontrer pour nous dire qu’on nous coupait à 11 heures par semaine et on est averti qu’en avril, il va y avoir encore des coupures, vraisemblablement qu’on va être à 8 heures par semaine. Donc même pas la moitié du traitement prouvé efficace...

Maxime Gravel, père d’un enfant autiste
Le petit Victor au pianoLe petit Victor au piano Photo : Maxime Gravel

Craignant pour le développement de son enfant, M. Gravel, qui est lui-même médecin spécialiste en médecine nucléaire à Rimouski et à Rivière-du-Loup, a déposé une plainte auprès du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent le 19 décembre.

Elle concerne les lacunes dans les services offerts aux enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme en âge préscolaire, soit de deux à trois ans jusqu’au moment où ils commencent l’école, vers cinq ou six ans.

Le médecin affirme que cette période est critique pour le développement de l’enfant, qui doit, par exemple, apprendre à s’adapter, à communiquer et à être en groupe avant de commencer l’école.

Si cette étape est négligée, les conséquences sur l’avenir de l’enfant peuvent être très sérieuses, selon M. Gravel.

Pire que dans les autres régions

Le père de famille dit avoir appelé dans d’autres régions comparables au Bas-Saint-Laurent pour vérifier si tous les services étaient atteints de la même manière.

À sa grande surprise, des centres intégrés du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Mauricie et de Chaudière-Appalaches lui ont répondu que les enfants autistes d’âge préscolaire bénéficiaient généralement de 20 heures par semaine avec une éducatrice spécialisée et qu’aucune coupe n’était prévue.

Un petit garçon autiste qui est venu au monde, exemple, à La Pocatière, va avoir 11 heures de traitement. S’il est venu au monde 15 minutes plus loin, à Saint-Jean-Port-Joli, il va avoir 20 heures par semaine et plus de chances de développer son potentiel dans la vie.

Maxime Gravel

Le médecin qualifie la situation d’aberrante et rappelle qu’elle va à l’encontre des recommandations scientifiques et des orientations données par le ministre lui-même.

Maxime Gravel est le père d'un garçon de trois ans ayant un trouble du spectre de l'autisme.Maxime Gravel est le père d'un garçon de trois ans ayant un trouble du spectre de l'autisme. Photo : Radio-Canada

Maxime Gravel songe actuellement à déménager pour assurer le bon développement de son enfant.

Le CISSS étudie le dossier

La présidente-directrice générale du Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, dit ne pas commenter de cas spécifique.

Elle mentionne toutefois qu'elle analysera la plainte.

Je vous dirais que, nécessairement, le traitement de ce dossier-là nous interpelle dans les questionnements qui sont portés à notre attention dans la rédaction de la plainte. Donc on va d’abord et avant tout traiter la situation spécifique, mais évidemment, ça va nous amener à nous questionner de façon plus globale.

Isabelle Malo, présidente-directrice générale du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Mme Malo précise également que cette situation n'a rien à voir avec les mesures de compressions budgétaires.

Bas-Saint-Laurent

Santé