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Journée mondiale du hijab : les femmes non-musulmanes font preuve de solidarité

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Téléjournal, 9 juin 1986

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans la foulée du décret américain suspendant l'entrée au pays des ressortissants de sept pays musulmans ainsi que l'attentat meurtrier survenu dimanche au Centre culturel islamique à Québec, les non-musulmans du monde entier ont fait l'expérience d'être voilés en solidarité avec les femmes de foi islamique.

Mercredi, les personnes de toute confession étaient invitées à porter le hijab, foulard emblématique de l’Islam, dans le cadre de la Journée mondiale du hijab.

Nadia Kidwai, musulmane et employée de CBC à Winnipeg, soulève qu’à l’heure actuelle, il est particulièrement important d’appuyer les droits des femmes musulmanes : « Quand nous portons le hijab, nous sommes très visiblement musulmanes, donc dans le cas des crimes haineux […] c’est souvent les femmes musulmanes qui portent le hijab qui sont les plus susceptibles d'être la cible d'attaques. »

Les musulmans réfèrent communément au hijab pour désigner le voile islamique. Toutefois, le mot arabe utilisé pour nommer le voile est « khimar » dans le Coran, le livre sacré qui contient la loi religieuse des musulmans.

Au-delà d’une pratique vestimentaire

Il existe plusieurs manières de porter le hijab, et les différences culturelles ainsi que les préférences personnelles vont souvent influer sur les choix stylistiques d’une femme, note Mme Kidwai.

La façon qu’on porte le voile nous permet d’exprimer un aspect de notre personnalité, qui nous sommes. [Le hijab n’est pas une] simple étiquette [générique] de “femme musulmane”.

Nadia Kidwai

L’année dernière, avant qu’elle ne se joigne au réseau anglais de Radio-Canada, Nadia Kidwai a été invitée à parler de la signifiance religieuse et culturelle du hijab aux employées de la société d’aide aux femmes West-Central Women’s Resource Centre, à Winnipeg. Lors de l’évènement, les hommes et les femmes du centre, dont Molly Dunbar, ont brièvement fait l’expérience d’être voilés.

Cette année, Mme Dunbar – qui n’est pas musulmane – a décidé d’adopter une approche plus personnelle et de porter le hijab toute la journée, en espérant de rencontrer d’autres Winnipégois non musulmans et de susciter des discussions entourant la tolérance et l’importance du hijab.

Le mot « hijab » signifie littéralement « modestie », un concept qui s’applique tant aux hommes qu’aux femmes dans l’Islam et qui s’étend au-delà des pratiques vestimentaires, explique Mme Kidwai. « Il faut faire preuve de modestie dans les interactions respectueuses entre hommes et femmes. »

Toutefois, « il existe des divergences d'opinions sur si le port du hijab est obligatoire dans la foi musulmane », concède la Winnipégoise. « Pour ceux qui croient qu’il s’agit d’une obligation, les femmes sont tenues de tout couvrir, sauf le visage, les pieds et les mains. Les hommes doivent aussi couvrir leur corps, entre le nombril et les genoux. »

L’appropriation culturelle ?

Même si elle apprécie le geste posé par des personnes comme Molly Dunbar, Nadia Kidwai prévient que ce ne sont pas tous les musulmans qui soutiennent le mouvement de sensibilisation.

Holly Dunbar (gauche) et Nadia KidwaiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nadia Kidwai (droite) donne un cours accéléré sur le port du voile islamqiue à Holly Dunbar dans la salle d'informations de CBC Manitoba.

Photo : Radio-Canada

« Certaines femmes musulmanes trouvent ça offusquant », admet-elle, en ajoutant que certaines se plaignent d’une appropriation culturelle. « Personnellement, je trouve ça très émouvant quand des amies [non-musulmanes] me disent, “Nous voulons montrer notre solidarité. Est-ce que ça te dérangerait [si on portait le hijab] ?” »

Holly Dunbar avoue qu’elle avait des réserves en amont de la Journée mondiale du hijab, mais que la bénédiction de Mme Kidwai l’encourageait à y participer.

En tant que femme blanche, je suis toujours consciente de mon privilège, et j’ai toujours peur d’offenser quelqu’un de quelque manière. Il est important de faire son travail et de tenter d’apprendre des choses, de vivre d’autres expériences, mais toujours de façon respectueuse.

Holly Dunbar

Mme Kidwai dit qu’en fin de compte, il revient aux gens de la communauté musulmane de décider si l’acte de porter un hijab est correct pour une personne n’ayant pas la foi musulmane.

« Il y a quand même une obligation [chez les musulmans] d’être accueillants et ouverts », conclut-elle.

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