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Fatigués de l’actualité? Vous n’êtes pas les seuls

Un iphone

Les commentaires laissés sur les médias sociaux pourraient avoir des répercussions de plus en plus importantes dans nos vies.

Photo : La Presse canadienne / Evan Vucci

Catherine Mathys
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est peut-être le froid ou le manque de lumière, mais beaucoup de gens sur les réseaux sociaux ressentent une grande fatigue devant le flot constant de nouvelles, mais aussi devant la nature accablante de l'actualité récente.

La consommation médiatique requiert parfois certains ajustements. Si vous êtes de ceux qui ont besoin d’une pause ou d’une moins grande exposition aux nouvelles, le New York Times a quelques suggestions. Vous avez peut-être vu ce dessin circuler en ligne? Bien qu’il soit relayé depuis plusieurs années, il semble correspondre à l’impression de trop-plein que beaucoup d’utilisateurs de réseaux sociaux ressentent en ce moment.

 

Même s’il n’existe pas de données probantes pour indiquer un changement dans la consommation récente d’actualité, certains psychologues, dont les études se sont penchées sur les effets négatifs des mauvaises nouvelles sur la santé, recommandent de prendre des pauses. C’est aussi le conseil que l’association américaine de psychologie a donné aux gens l’an dernier quand un sondage lui a indiqué que plus de la moitié de la population américaine déclarait un niveau de stress plus élevé dû à l’élection.

Des pistes de solutions

Certains sites ont décidé de s’attaquer au problème des nouvelles négatives. C’est le cas de Positive News, qui, en plus d'avoir du contenu web, publie un magazine papier trimestriel qui se concentre sur le progrès sous toutes ses formes. Le New York Times indique que dans les 12 semaines qui ont suivi l’élection, le nombre de visites sur le site a augmenté de 93 % et le nombre des abonnements au magazine, de 77 %.

Mais devons-nous seulement augmenter notre consommation de bonnes nouvelles ou plutôt modérer notre consommation médiatique en général? Le cas du blogueur Nir Eyal est intéressant. Depuis l’élection américaine, il a décidé de cesser de s’informer en ligne. Selon lui, les entreprises médiatiques n’ont aucun intérêt à encourager la modération de la consommation de nouvelles puisque chaque clic rapporte de l’argent.

Eyal souligne que son indigestion médiatique n’a pas été causée par un trop grand besoin de s’informer, mais par la peur de ce que l’avenir politique lui réservait. C’est une émotion négative qui le poussait à consommer des nouvelles, presque de manière compulsive. Il explique que la peur est un déclencheur interne qui provoque le développement d’une habitude sans nécessairement qu’on en soit conscient.

Quand l’anxiété liée aux élections américaines s’est exprimée en ligne, certains, comme lui, ont tenté de calmer leurs appréhensions en lisant le plus possible d’articles sur la question. Mais voilà, Eyal n’a pas trouvé de soulagement dans une meilleure connaissance des enjeux, au contraire.

Peut-on être trop informé?

Contrairement à un journal papier, à un téléjournal ou à un bulletin radio, l’information en ligne ne s’arrête jamais. Comme Eyal l’indique, le web ne nous dit jamais « ça suffit, tu en as eu assez ». Les liens se suivent, ajoutent une couche d’information sur les articles précédents. Rien ne peut interrompre ce flot continu sauf la fatigue ou les obligations professionnelles et familiales.

La question est d’un grand intérêt : la technologie est-elle encore à notre service ou sommes-nous rendus au service de la technologie? Après tout, elle a besoin de nous pour compiler des données, faire circuler l’information et générer des revenus pour les plateformes et fournisseurs de contenu. Et nos besoins à nous? Et si nous n’avions pas besoin d’autant d’information? Comment savoir que nous avons celle qu’il nous faut pour mener à bien nos activités de citoyen?

La solution pour Eyal? Le journal papier. L’information, mais avec une fin. Fini le vortex infini de l’hyperlien. Le web donne parfois l’impression qu’on n’en sait jamais assez. Quand on termine la lecture d’un journal, on a au moins le sentiment d’avoir l’information qu’il faut. On retrouve une satisfaction que le web ne permet pas. Les journalistes sont, après tout, des curateurs de nouvelles depuis fort longtemps. C’est déjà leur boulot de ramener l’information à l’essentiel et de la présenter de manière digeste.

Des solutions pour réduire la consommation de nouvelles en ligne

Si vous êtes comme Eyal, il suggère des solutions concrètes pour arriver à une meilleure diète médiatique. Voici celles qu’il a mises en place depuis l’élection de Trump.

*Dans un premier temps, il a désinstallé les applications de Facebook et de Twitter sur son téléphone. Il ne consulte ces plateformes que sur un ordinateur. Il ne s’informe donc plus à même un fil de nouvelles de réseaux sociaux.

*Il utilise le News Feed Eradicator, qui élimine le fil d’actualité de Facebook. Quel intérêt? Il n’attend pas que l’algorithme lui suggère des contenus. Il consulte celui présenté sur les pages des autres comme il le souhaite.

*Il s’abonne à des infolettres de divers médias qui regroupent les lectures les plus intéressantes sans qu’il ait à les chercher en ligne et risquer de se laisser distraire par d’autres contenus de moindre importance.

*Enfin, il utilise l’extension DistractOff, qui bloque l’accès aux sites de nouvelles en ligne. Cette dernière initiative est peut-être un peu extrême pour la plupart d’entre nous, mais Eyal avait besoin d’une solution radicale.

Et vous, comment vous y prenez-vous pour modérer votre consommation de nouvelles?

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