•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des musulmans émus sur les lieux de l'attentat à la grande mosquée

Ezzeddine Derbali, très ému sur les lieux de l'attaque, le Centre culturel islamique de Québec.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Radio-Canada

« On montre ces images pour que, les gens qui essaient de contribuer à la haine et à l'islamophobie, ils arrêtent. » Même si des traces de balles et de sang sont toujours visibles, le Centre culturel islamique de Québec a rendu accessibles, cet avant-midi, les lieux de l'attentat où six personnes ont péri et cinq autres ont été gravement blessées, dimanche soir.

« La haine peut mener à des carnages, à des pertes de vies innocentes, et c'est ce qui s'est passé dans cette mosquée », ajoute Mohamed Labidi, du Centre culturel islamique de Québec, convaincu qu'il faut montrer la dure réalité des choses.

La tragédie a fait 17 orphelins, rappelle M. Labidi. « Des familles qui sont dans le chagrin toute leur vie. Est-ce que ce n'est pas assez? »

Plusieurs membres de la communauté musulmane avaient manifesté le besoin de retourner sur les lieux de la fusillade. Mardi soir, les enquêteurs de la police ont libéré la mosquée qui était considérée jusque-là comme une scène de crime.

Une femme, Amel Henchiri, était en larmes en entrant dans la mosquée, son lieu de culte. Elle vit une totale incompréhension.

« On enseigne à nos enfants qu'on est tous frères et soeurs. On ne leur enseigne pas : "Lui, il est catholique, c'est mon ennemi, ou il est juif, c'est mon ennemi." Au contraire, on leur apprend à être tolérants avec les autres. »

Les traces de l'impact d'une balle à la mosquée de Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les traces de l'impact d'une balle à la mosquée de Québec.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Geste héroïque d'une victime

Dévasté par le drame qui secoue sa communauté, Mohamed Khediri ouvre les portes de la mosquée aux fidèles chaque jour, depuis 30 ans. Revenir sur les lieux du drame suscite une vive émotion pour lui après la perte de proches et amis.

« Comment ça se fait que ça se passe à Québec », questionne-t-il. « Moi, ça fait 35 ans que je suis ici. Et à la mosquée, on vient pour avoir la paix. »

M. Khediri ne s'en cache pas, il aura besoin d'aide pour traverser cette terrible épreuve. « Ils m'ont dit à l'hôpital que je pouvais avoir de l'aide et je pense que je vais y aller. J'en ai besoin. Je suis poigné ici », dit-il en montrant son coeur.

Azzeddine Soufiane, qui compte parmi les six victimes, était son épicier, son ami proche. « C'est dur », dit M. Khediri en pleurs.

Figure bien connue de la communauté musulmane, Azzeddine Soufiane aurait tenté de s'interposer pour empêcher le tireur de recharger son arme, raconte Mohamed Labidi. Le vice-président du Centre culturel islamique de Québec le qualifie de héros.

« Il a voulu sauver ses frères. Il a couru vers l'homme armé et l'autre a reculé pour le tuer », raconte M. Labidi. « Il a donné sa vie pour sauver les autres. »

Mohamed Khediri rouvre les portes de la grande mosquée de Québec.

Le lieu de culte demeure fermé pour la prière pour au moins une semaine.

Dimanche soir, le présumé auteur de l'attentat, Alexandre Bissonnette, s'est rendu au Centre culturel islamique de Québec avec une arme de poing, peu de temps après la fin de la prière.

L'homme de 27 ans fait face à 11 chefs d'accusation, soit 6 pour meurtre prémédité et 5 pour tentative de meurtre.

Attentat terroriste à Québec  

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Justice et faits divers