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Semaine de prévention du suicide : témoignage d'une survivante d'Abitibi

Une jeune femme prend un moment d'introspection.

Une jeune femme prend un moment d'introspection.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Audrey Dubé-Luneau, originaire d'Abitibi-Ouest, a tenté de mettre fin à ses jours il y a six ans. En cette Semaine de prévention du suicide, la jeune femme a accepté de témoigner de cette épreuve afin d'aider les gens qui pourraient avoir des idées suicidaires. Après avoir frôlé la mort, elle est aujourd'hui mère et finissante à l'université.

Contente d'être toujours en vie

« Pour moi, c'est important d'en parler. C'est un sujet qui est encore beaucoup tabou. Moi, après ce que j'ai vécu, même après, les gens n'osaient pas m'en parler. Chaque année, j'essaie d'en parler, que ce soit sur ma page Facebook... ça fait quatre ans, ça fait cinq ans, je suis là, je suis contente », explique-t-elle, d'entrée de jeu.

Cercle vicieux

Encore très émotive lorsqu'elle revient sur cette épreuve, elle raconte qu'elle s'est retrouvée dans un cycle infernal. « J'ai eu des problèmes de consommation. Ça m'a amenée dans un cercle vicieux : difficultés avec ma famille, difficultés au travail, difficultés monétaires, dépression. Évidemment, on ne parle pas de suicide sans parler de dépression majeure. Rendue à ce moment-là dans ma vie, tout allait mal. Je n'en voyais plus, d'espoir. Je ne voyais pas comment m'en sortir. Je savais que le problème c'était la consommation, je n'étais pas complètement aveuglée. Sauf que j'étais incapable d'arrêter », dit-elle.

Puis c'est une erreur banale commise au travail qui a fait déborder le vase. Mme Dubé-Luneau a fait une tentative de suicide par médication. Elle a été plongée dans un coma pendant trois semaines.

Une deuxième chance

À son réveil, par contre, une nouvelle perspective lui est apparue. « À partir du moment où j'ai des souvenirs, là, je le voyais, l'espoir. Mon entourage était là. Ils m'encourageaient. Ils m'encourageaient à leur façon; avant, c'est juste que j'étais tellement dans mes problèmes que je ne le voyais pas. Là, j'ai remis les choses en perspective », se souvient-elle.

On lui a dit que sa survie était un miracle. Elle a réalisé alors qu'elle avait une deuxième chance. Elle a entrepris de se renouveler. Après quelque temps, elle a appris qu'elle était enceinte. « Ça a été vraiment un déclic. À partir de là, j'ai vraiment cheminé. J'ai vraiment changé de vie », affirme-t-elle.

Des ressources

Pour les gens dont un proche pourrait sembler dépressif ou montrer des signes d'idées suicidaires, Audrey Dubé-Luneau suggère d'aborder le sujet de front, « avec les vrais mots ».

Elle rappelle que La ligne d'intervention téléphonique en prévention du suicide existe pour les personnes suicidaires ou pour leur famille. La ligne 1-866-APPELLE est ouverte 24 heures sur 24. Dans les hôpitaux, l'urgence a aussi un protocole en cas d'idées suicidaires.

Mme Dubé-Luneau, en plus d'être mère, termine aujourd'hui un baccalauréat en psychoéducation à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Semaine de prévention du suicide : Audrey Dubé-Luneau témoigne

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