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Lutte contre les surdoses : le modèle européen comme solution

Une seringue et de l'héroïne
Une seringue et de l'héroïne Photo: IStock

Après avoir causé 914 morts en 2016 et 465 morts en 2015, le fentanyl représente une des priorités sanitaires de la Colombie-Britannique pour l'année à venir, selon le gouvernement provincial. Pour participer à l'enrayement de cette crise, le docteur Perry Kendall, médecin en chef de la Colombie-Britannique, recommande de suivre le modèle européen.

Lors d’une conférence de presse, le 18 janvier 2017, le Dr Kendall a proposé de tenter l’expérience des programmes européens de lutte contre les drogues, lesquels ont déjà leurs preuves.

Selon les conclusions du Dr Mickael Krausz, titulaire de la Chaire de recherche sur la toxicomanie de la régie de la santé Providence, à Vancouver, et professeur en psychiatrie à l’Université de la Colombie-Britannique, prescrire de l’héroïne médicinale est une évidence.

L'usage de cette drogue de substitution prévient les morts dues aux surdoses, comme c’est le cas dans certains pays d’Europe, qui en prescrivent depuis les années 1990. Selon le Dr Krausz , « la différence entre l’Amérique du Nord et l’Europe réside dans le choix des moyens légaux et disponibles pour lutter contre les dépendances. »

Et après quatre ans de tests à la clinique Crosstown de Vancouver, dans le quartier Downtown Eastside, l’équipe du docteur Krausz est certaine qu’il s’agit de la solution.

Il préconise l’hydromorphone, un opioïde autrefois administré pour calmer les douleurs des personnes atteintes de cancer, et qui peut servir de solution de rechange à la diacétylmorphine – nom pharmaceutique de l’héroïne. Cette dernière étant utilisée pour lutter contre les dépendances lourdes.

Ainsi, en obtenant la drogue par voies légales et en bénéficiant d’un suivi médical, les toxicomanes ont plus de chance de vaincre leur dépendance. L’hydromorphone n'est toutefois pas encore utilisée dans l’arsenal médical canadien pour lutter contre la crise des surdoses.

Or le Dr Krausz le recommande vivement : « compte tenu du nombre de victimes de surdoses, tout ce qui fonctionne contre les dépendances devrait être utilisé. »

Il espère désormais que le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique entendra son appel et qu’il donnera son feu vert pour une utilisation généralisée de l’hydromorphone sur l’ensemble du territoire canadien.

D'après les renseignements de Johann Nertomb, CBC News

Colombie-Britannique et Yukon

Drogues et stupéfiants