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Favoriser un lien d’attachement entre la mère et son bébé même derrière les barreaux

La salle de jeu du centre correctionnel de la vallée du Fraser
La salle de jeu du centre correctionnel de la vallée du Fraser Photo: Radio-Canada / Jacqueline Landry
Radio-Canada

Les détenues peuvent cohabiter avec leur enfant jusqu'à l'âge de 5 ans à l'établissement carcéral de la vallée du Fraser. Ce programme est essentiel pour favoriser le développement de l'enfant, selon plusieurs recherches internationales.

Un texte de Anaïs Elboujdaïni

Des mères incarcérées cohabitent avec leurs enfants depuis 10 ans dans les prisons fédérales. Elles peuvent cohabiter à temps partiel avec leur enfant lorsque celui-ci est âgé de 5 et 7 ans.

Pour la première fois, les médias ont pu accéder cette semaine aux installations d'un établissement carcéral où les bébés grandissent auprès de leurs mères.

Selon Sav Bains, directeur de l’établissement de la vallée du Fraser, ce programme a l’enfant au coeur de ses préoccupations. « Le programme est basé sur les soins de l'enfant pour créer une relation positive avec la mère », soutient-il. « Nous croyons que cela contribue au succès de la réintégration de la mère. »

Sav Bains en entrevue, une glissoire pour enfant derrière lui. Le directeur de l'établissement carcéral de la vallée du Fraser, Sav Bains, souligne les bienfaits du programme mère-enfant. Photo : Radio-Canada

Une position que la directrice du Centre de collaboration pour la santé et l'éducation dans les prisons de l'Université de Colombie-Britannique, Ruth Elwood Martin, dit relayée par de nombreuses recherches internationales. « C’est néfaste de séparer un bébé de sa mère, et c’est également discriminatoire », explique-t-elle.

« Toutes les nouvelles preuves qui émergent des recherches médicales démontrent qu’à partir de la naissance, c’est un moment crucial pour que l’attachement mère-enfant se produise. Et cet attachement a une importance cruciale pour la santé physique, émotionnelle et psychologique à long terme de l’enfant. »

Abreuver le nourrisson de lait maternel constitue un élément supplémentaire qui peut contribuer à une meilleure santé de l’enfant, ajoute la chercheuse.

Ruth Martin soutient toutefois que plusieurs femmes qui se retrouvent derrière les barreaux ont eu un passé difficile et qu’elles peuvent être aux prises avec des problèmes de dépendance. Les aider à élever leur enfant doit donc faire partie du programme, assure-t-elle.

Pour l’instant, Ruth Martin et son équipe conduisent une recherche auprès de mères qui ont des enfants aujourd’hui âgés de 10 ans, soit les premiers nourrissons à être passés par le programme en 1997.

Une chambre d'enfant dans le centre correctionnel de la Vallée du Fraser.La relation entre le nourrisson et sa mère permet d'établir un lien « crucial » pour la santé à long terme de l'enfant, selon la professeure de l'Université de la Colombie-Britannique, Ruth Martin. Photo : Radio-Canada / Jacqueline Landry

Elle dévoile que les premières rencontres ont été concluantes : les enfants sont pleins d’amour et réussissent bien à l’école. « Les résultats préliminaires suggèrent que ces enfants ont de bonnes relations avec leur mère et sont doux », ce qui vient soutenir des observations déjà faites auparavant, lorsque les mères étaient avec leur enfant en prison, souligne la chercheuse.

Ruth Martin est l’une des auteures des Lignes directrices pour la mise en oeuvre des unités mère-enfant dans les établissements correctionnels canadiens.

Ces lignes directrices, publiées en 2015, ont reçu l’appui de plusieurs associations, comme le Collège des médecins de famille du Canada, la société Elizabeth Fry et le Collège des sages-femmes de la Colombie-Britannique.

Avec des informations de Jacqueline Landry

Colombie-Britannique et Yukon

Enfance