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La mort à l'ère du numérique

Un salon funéraire

Un salon funéraire

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un propriétaire de salon funéraire de Matane a décidé d'utiliser la technologie et les médias sociaux pour adapter les hommages aux défunts. Le logiciel permet aux amis et membres de la famille de partager leurs souvenirs.

Un texte de Jean-François DeschênesTwitterCourriel  

La personne responsable peut en quelques clics demander aux gens par courriel ou par Facebook de communiquer des souvenirs de l’être cher.

Par la suite, le document est généré automatiquement et prêt à être diffusé par courriel ou sur les réseaux sociaux, raconte le fondateur de Fragment, David Beaulieu.

Pour l'homme d'affaires, l’objectif était de rendre le processus le plus simple possible. « C'est que les familles n'avaient pas nécessairement le temps, le savoir ou la volonté de passer des heures à monter une vidéo comme ça. »

C'est de réunir les photos ensemble et d'être capable de les voir quand on se réunit en famille.

Une citation de : David Beaulieu, fondateur de Fragment
Fragment permet de partager des souvenirs de l'être cher.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fragment permet de partager des souvenirs de l'être cher.

Photo : Radio-Canada

Des chercheurs du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique de Matane, le CDRIN, ont participé au développement du programme, qui évoluera au fil du temps.

Le programme pourrait par exemple reconnaître le visage du défunt à travers le temps et pourrait présenter un document différent selon que vous soyez un membre de la famille ou un ami.

Parmi les partenaires, il y a les productions PVP.

Pour l'entreprise spécialisée en documentaire et en réalisation web, le concept peut être utilisé dans plus d'un domaine. « Il peut être utile aussi pour un 50e anniversaire qui peut être utile pour une naissance d'un enfant. C'est de connecter des gens ensemble avec un moment unique », explique le vice-président finance, Vincent Leroux.

Luce Des Aulniers, anthropologue, professeure associée, Faculté de communications, UQAMAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Luce Des Aulniers, anthropologue, professeure associée faculté de communications, UQAM

Photo : Radio-Canada

Le rituel funéraire, un processus essentiel

L’anthropologue et professeure associée à la Faculté de communications UQAM, Luce Cormier, a vu de nombreux projets numériques entrer dans les salons funéraires dans les 20 dernières années. « C'est comme si on compensait l'absence des morts, des dépouilles des morts, par un surcroît ou une surenchère d'images. »

Elle se questionne sur la façon dont sont utilisés tous ces souvenirs numériques.

Une fois qu'il y a eu le souvenir qui a été réitéré ad nauseam de l'existence de cette personne-là, la question que je pose […] c'est qu'est-ce qui en reste et en quoi ça fait en sorte que la personne peut cheminer dans son travail de renoncement de présence de cette personne-là?

Une citation de : Luce Des Aulniers, anthropologue, professeure associée, Faculté de communications, UQAM

Car les processus de deuil sont de plus en plus différents de ce qui se faisait auparavant.

Notamment, on n’expose plus systématiquement les corps dans les salons funéraires. Ils se retrouvent souvent dans des urnes, par exemple.

Pourtant, voir le corps du défunt fait partie du cheminement, dit celle qui a étudié les manières de vivre la mort.

Aussi, avec l’avènement du numérique, les gens risquent de s'isoler devant leur ordinateur au lieu de vivre pleinement ce moment en groupe.

Les deuils sont des moments pour évoluer en tant qu’être humain, dit-elle. « Si on axe uniquement sur le culte de l'individu, je ne suis pas sûr qu'on puisse prolonger notre travail de questionnement sur nos valeurs, sur notre manière de vivre dans notre quotidien. »

Il y a des risques, entre autres, que la personne en deuil accepte mal le départ de l’être cher et qu’elle revienne constamment à ces souvenirs numériques qui illustrent la personne vivante.

David Beaulieu, à gauche, a bien d'autres projets  pour son logiciel d'hommage au défunt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Beaulieu, à droite, a bien d'autres projets pour son logiciel d'hommage au défunt.

Photo : Radio-Canada

South by Southwest

Le logiciel Fragment sera bientôt présenté dans un salon des nouvelles technologies South by Southwest, à Austin, au Texas. David Beaulieu discutera des technologies dans l'expérience des rites funéraires.

L'homme d'affaires veut vendre Fragment aux salons funéraires de l'Amérique du Nord.

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