•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

280 km de cyclotourisme hivernal

Nous voyons 6 cyclistes, l'hiver, souriants. Ils portent des manteaux d'hier et certains d'entre eux ont des casques et des lunettes de ski. Nous voyons quelques vélos à gauche et à droite ainsi que de la neige au sol. Le ciel est gris.

Le groupe de cyclistes à la fin de leur première journée à Deschambault. De droite à gauche : France Gendron, Maxime Paré-Dionne, Meghan Kelly, Julien Normand, Jean-François Gagnon et Claudine Pelletier Paquin.

Photo : Radio-Canada / Claudine Pelletier Paquin

Radio-Canada

Alors que le nombre d'adeptes du vélo d'hiver augmente, rares sont ceux qui osent réaliser de grandes distances en plein mois de février. Radio-Canada a eu la chance d'accompagner un groupe de cinq cyclistes qui ont parcouru les 280 kilomètres séparant Québec de Montréal pour se rendre au Congrès de vélo d'hiver.

Un texte de Claudine Pelletier Paquin

C'est à -15 degrés Celsius que les cyclistes se sont rencontrés, le samedi 4 février dernier, pour amorcer quatre jours de vélo en longeant la route 138 vers Montréal.

 
Les participants à cette aventure proviennent de différents milieux, mais partagent une passion commune qui les réunit : l'amour du vélo.

« Ça fait plusieurs années que je fais du vélo en été comme cyclotouriste et en hiver en vélo utilitaire, alors je voulais avoir l'expérience du cyclotourisme en hiver pour jumeler les deux et voir ce que ça donne », dit Meghan Kelly.

Tous convaincus par l'efficacité, la simplicité et le plaisir de se déplacer en vélo, ils se sont facilement ralliés à l'aventure.

La tenue du Congrès vélo d'hiver, qui se tenait à Montréal pour cette cinquième année, était le prétexte idéal pour vivre l'expérience du cyclotourisme en hiver. L'événement réunissait plus de 300 représentants canadiens, américains et européens afin de discuter des moyens d'encourager la pratique du vélo, surtout en saison hivernale.

« Le cyclotourisme d'hiver, c'est assez anecdotique », en convient Marc Jolicoeur de Vélo Québec.

Yan Turgeon, fondateur du site le Vélurbaniste, pense toutefois que cette pratique est appelée à se développer.

« C’est devenu un mode de vie le vélo, alors c’est normal que les gens essaient l’expérience », explique-t-il.

Tenter l'expérience

La préparation nécessaire pour expérimenter le cyclotourisme hivernal varie selon le degré de confiance et d'aisance sur son vélo l'hiver. Pour se rendre à Montréal, les cyclistes ont roulé en moyenne 65 km par jour, à un rythme moyen de 15 km/h.

Habitués à se déplacer à vélo même en hiver, les cyclistes n'ont pas effectué d’entraînement spécifique.

J’ai pas de préparation parce que moi, je respecte mon corps et je vais au rythme de mon corps. Je n’essaie pas de dépasser mes limites.

France Gendron

Puisque le cyclotourisme ne vise pas la vitesse ni la performance, il demeure très accessible, bien que rouler à vélo l'hiver ce n'est pas comme en été.

Il faut s'attendre à devoir ralentir et anticiper les mouvements.

Adapter sa monture

Jean-François Gagnon mentionne toutefois qu'il faut prendre soin de bien huiler son vélo puisque le sel appliqué sur les routes provoque de la corrosion sur les différentes parties du vélo.

Différents accessoires peuvent également être ajoutés au vélo. Les garde-boue, par exemple, font l'unanimité dans le groupe de cyclistes, puisqu'ils permettent d’éviter les éclaboussures.

Début du périple

Avec des pneus à clous, c'est comme rouler l'été.

France Gendron

Aussi, plusieurs cyclistes hivernaux utilisent les pneus à clous afin d'assurer une adhérence optimale sur toutes les surfaces. Jean-François a quant à lui choisi d'abaisser un peu sa selle afin d'avoir une meilleure portée au sol.

Essayer son équipement avant de partir est aussi conseillé. Les cyclistes avaient préalablement parcouru la distance de leur première journée, deux semaines avant le grand départ, afin de s'assurer que les vélos étaient bien ajustés et leurs équipements adéquats.

Rouler sur l'asphalte

Bien que peu d'infrastructures cyclistes existent pour de telles distances, il est aisé de rouler sur l'accotement des routes. « Même l'hiver, on roule sur l'asphalte environ 80 % du temps », soutient France Gendron.

Le groupe avait par ailleurs choisi de mettre des bandes réfléchissantes pour se faire voir de loin et ne roulait que de jour.

Se prémunir du froid

Un vélo, chargé de bagages, devant un banc de neige

Le vélo d'une des participantes, chargé de ses bagages pour les quatre jours du voyage.

Photo : Radio-Canada / Claudine Pelletier Paquin

Les cyclistes ont pédalé à des températures allant de -20 à -2 degrés Celcius durant les quatre jours du voyage. Les vêtements ont donc joué un rôle très important sur l'appréciation de l’expérience.

Autrement dit, les extrémités doivent être très bien couvertes. Pour le corps, il suffit de prévoir plusieurs couches.

« Le défi, contrairement aux croyances, c'est de ne pas avoir trop chaud », prévient Julien Normand.

Au-delà du plaisir d’enfourcher leur vélo, les participants sont ravis de l’expérience et en retirent une grande fierté. Certains demeurent surpris même par leur audace. « Je n'aurais pas cru être capable de faire Québec-Montréal en vélo l'hiver », raconte Maxime Paré-Dionne.

On voit un cycliste hivernal qui présente sa combinaison de vêtement. il porte des lunettes de ski, des mitaines et des bandes fluorescentes.

L'habillement typique d'un cycliste hivernal.

Photo : Radio-Canada / Claudine Pelletier Paquin

Québec

Sports