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Popularité de l’immersion française : pénurie d’enseignants dans la DSFM

Tableau dans une classe de français

Les écoles francophones du Manitoba – victimes du phénomène de l'immersion française – peinent à recruter assez d'enseignants qualifiés pour répondre à la demande fulgurante.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les écoles d'immersion française sont si populaires au Manitoba que la Division scolaire franco-manitobaine doit recruter la moitié de ses enseignants à l'extérieur de la province, et ce, même si le taux de placement des nouveaux diplômés de l'Université de Saint-Boniface (USB) – université francophone dont le mandat est de former les enseignants de langue française de la province – est pratiquement de 100 %.

« La quantité de diplômés n’est pas assez grande pour pourvoir tous les postes », explique le directeur général adjoint responsable des ressources humaines de la DSFM, Marco Ratté.

Entre 2010 et 2015, la division scolaire francophone de la province a connu une augmentation d’inscriptions de 8,9 % – une tendance qui se maintient, affirme M. Ratté, et qui fait en sorte que la DSFM doit pourvoir à environ 60 nouveaux postes de personnel enseignant chaque année.

L’idéal serait de recruter ici, si on le pouvait. Mais l’immersion est très populaire ici au Manitoba, et dans la Division scolaire Louis-Riel (DSLR). Donc, ce sont “nos compétiteurs”, si on peut dire, qui vont aller chercher certains de ces étudiants-là [issus de l’USB].

Marco Ratté, directeur général adjoint responsable des ressources humaines de la DSFM
Marco RattéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marco Ratté, directeur général-adjoint des ressources humaines et des communications

Photo : Radio-Canada

La DSFM va donc vers l’est du pays à la recherche d’enseignants francophones, notamment au Québec.

« Une des raisons pour lesquelles on recrute beaucoup au Québec, c’est la qualité de la langue. Je ne dis pas qu’ils ne l’ont pas ici, mais il y en a beaucoup moins que le potentiel qu’on a au Québec », affirme M. Ratté.

Au Manitoba, environ un enfant sur huit (13 %) est inscrit à un programme d’immersion française.

Depuis quelques années, des représentants de la DSFM se rendent aux foires de recrutement à l'Université Laval, l’Université du Québec à Rimouski et plus récemment, l’Université de Sherbrooke et l’Université de Montréal.

Ils cherchent également des candidats à l’Université d’Ottawa ainsi qu’à l’Université de Moncton.

Plus de candidats, moins de lacunes

« Je comprends que [...] les inscriptions en immersion française sont en croissance importante, et je comprends que les divisions ont besoin d’enseignants », sympathise le doyen de la Faculté de l’éducation de l’USB, Stéfan Delaquis.

La Faculté de l’éducation de l’USB a le mandat de former les enseignants en FL1 [français langue première], c’est-à-dire les enseignants de la DSFM, et les enseignants en FL2 [français langue seconde], pour le programme d’immersion française de la Division scolaire Louis Riel.

Stéfan Delaquis, doyen de la Faculté de l’éducation de l’USB

Le doyen confirme que l’établissement d’enseignement postsecondaire est ouvert à l'idée d'admettre davantage d’étudiants à son programme de baccalauréat en éducation.

M. Delaquis souligne cependant que tout changement à ses stratégies et politiques de recrutement d’étudiants n’interviendrait pas avant 2019.

Stéfan DelaquisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéfan Delaquis, doyen de la faculté de l'Éducation de l'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada

On aura déjà environ 40 diplômés en 2017, et on s’attend à en avoir à peu près 44 en 2018, soit les étudiants qui sont actuellement dans la première année du programme [de deux ans].

Stéfan Delaquis, doyen de la Faculté de l’éducation de l’USB

« Mais on aimerait voir [le nombre d’admissions au programme d’éducation] augmenter significativement », atteste M. Delaquis, sans vouloir toutefois chiffrer la hausse du nombre d’étudiants souhaitée.

Une récente croissance des demandes d’inscription au programme d’éducation de l’USB semblerait donc une manne providentielle. « Ça fait très longtemps que nous n’avions pas vu une telle augmentation, alors c’est une très bonne nouvelle », renchérit le doyen, tout en rappelant que les demandes d’inscription ne se traduisent pas forcément en admissions au programme.

« Les candidats doivent quand même satisfaire aux exigences du programme », tranche-t-il.

L’engouement pour l’immersion française ne touche pas uniquement les divisions scolaires francophones et bilingues; 22 des 39 divisions scolaires du Manitoba offrent un programme d’immersion française.

Afin de trouver de meilleures stratégies de recrutement et de rétention des enseignants d’expression française, des représentants de toutes les divisions scolaires, dont la DSFM et la DSLR, assisteront à une réunion avec le ministère de l’Éducation, mercredi.

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Éducation