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Des membres de la communauté noire d'Halifax demandent l'arrêt des contrôles de routine

Une voiture de la Police régionale d'Halifax

Police régionale d'Halifax

Photo : Radio-Canada / CBC/Craig Paisley

Radio-Canada

Des membres influents de la communauté afro-néo-écossaise demandent à la police régionale d'Halifax de mettre fin aux contrôles de routine, une pratique qu'ils jugent illégale et qui crée un mur entre la population noire et les forces de l'ordre.

Le groupe, qui inclut notamment des travailleurs sociaux et des avocats, a écrit une lettre à la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse et à l’Équipe d’enquête des incidents sérieux, qui supervise les corps policiers. Le premier ministre, le ministre de la Justice et le commissaire aux plaintes de la police en ont aussi reçu un exemplaire.

Les signataires veulent que l’Équipe d’enquête et la Commission des droits de la personne examinent la légalité de ces vérifications de routine. Ils croient qu’elles violent les droits individuels garantis par la Constitution. Ils demandent d’ailleurs à la police d’Halifax de cesser la pratique immédiatement.

Des données éloquentes

La police régionale d’Halifax a accumulé des données sur ses contrôles de routine pour une période de onze ans.

Elles révèlent que les personnes noires se font arrêter trois fois plus souvent que celles qui sont blanches. Durant les dix premiers mois de 2016, 41 % des vérifications faites par la Gendarmerie royale du Canada dans la région d’Halifax visaient des Noirs.

Le travailleur social Robert Wright est un des signataires de la lettre, de même que la professeure de droit Michelle Williams, de l’Université Dalhousie, l’avocate Shawna Hoyte et le révérend Lennett J. Anderson, de l’Association africaine des églises baptistes unies.

Robert Wright croit que la police vise les Afro-Néo-Écossais de façon disproportionnée, une situation qui nuit à la relation de confiance entre eux. « Je me demande si le traitement réservé aux membres de la communauté noire n’est pas justement un obstacle pour les policiers. En ayant une meilleure relation avec eux, ce serait un outil bien plus efficace pour résoudre des crimes que de faire des contrôles de routine », dit-il.

Pas inoffensif

Robert Wright indique qu’il a lui-même été soumis à de telles vérifications.

« Se faire arrêter par la police, ça fait partie de l’expérience d’être Afro-Néo-Écossais. Oui, dans le passé, on m’a arrêté même si je n’avais rien fait d’illégal ou de criminel », affirme-t-il.

Il prétend que ces contrôles de routine n’ont rien d’inoffensif.

Ça rappelle aux membres de la communauté noire qu’ils ne sont pas vraiment des citoyens à part entière.

Robert Wright, travailleur social

Analyses nécessaires

Le président de la Commission de police d’Halifax, Steve Craig, estime qu’il est trop tôt pour décréter la fin immédiate des contrôles de routine. « On doit envisager cette option, mais on ne peut pas agir immédiatement », déclare-t-il.

Il souligne que plus de 30 000 personnes blanches ont été sujettes à des vérifications ces onze dernières années, comparativement à 4100 personnes noires. Steve Craig reconnaît cependant que la communauté afro-néo-écossaise est beaucoup plus petite.

Selon lui, il faut analyser les statistiques plus longuement avant de prendre des mesures.

Avec les informations de CBC

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