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Être gigueur bi-spirituel, travesti et autochtone

Kelly Houle et Ryan Richard

Kelly Houle est devenu un mentor pour Ryan Richard afin de l'aider à se sortir de la rue.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Winnipégois Ryan Richard est l'un des gigueurs les plus décorés du Manitoba. Il a remporté à plusieurs reprises le concours de gigue du Festival du Voyageur avec la troupe Asham Stompers.

Il est aussi un travesti bi-spirituel ou Deux-Esprits.

En grandissant, j’ai toujours voulu porter des robes et être une fille

Ryan Richard

Ses parents lui demandaient d’enlever sa robe lorsque des gens leur rendaient visite.

Giguer a également toujours fait partie de sa vie. Il a commencé à l'âge de trois ans dans la communauté de Sandy Bay et a alors remporté sa première compétition.

Il dit qu'il a toujours su qu'il était bi-spirituel. En grandissant dans la réserve, il admirait sa cousine Tanya. Il se souvient d’elle comme « une femme transgenre flamboyante. »

La définition du mot Deux-Esprits varie d'un endroit à l'autre, mais Albert McLeod, de l’association Two-Spirited People of Manitoba, explique que c’est un terme utilisé pour décrire les Autochtones qui assument des rôles, des attributs, des vêtements et des attitudes de sexes multiples pour des raisons personnelles, spirituelles, culturelles, cérémoniales ou sociales.

« C'est probablement d'où j'ai tiré ma curiosité », dit-il. Quand il était enfant, il voulait devenir comme sa cousine Tanya.

Il se souvient que sa cousine était le centre de l'attention, et il admirait le fait qu'elle ne cachait pas sa sexualité.

Le déménagement

À 16 ans, il s'installe à Winnipeg pour vivre avec la tante de sa mère. C'était un moment de confusion pour lui, mais aussi une chance d'explorer, dit-il. Ryan Richard a dit à sa famille qu’il était homosexuel quand il avait 17 ans.

Il s'est ensuite enfui de chez lui et s'est retrouvé dans les rues de Winnipeg en tant que travailleur du sexe. Pendant ce temps, Ryan Richard rencontra une autre personne transgenre autochtone, Divas Boulanger. Les deux ont immédiatement développé une amitié.

Ryan Richard se souvient d'avoir invité Divas Boulanger à venir le voir dans le pavillon métis pendant le festival Folklorama à Winnipeg.

Après l’avoir vu danser, Divas Bélanger lui a dit « qu'il n'y a aucune raison que je porte une robe et que je sois dans les rues à cause de mon talent qui peut me rapporter beaucoup d'argent. »

Divas Boulanger a pris Ryan Richard sous son aile afin de le sortir de la rue.

Ryan Richard a dit que l’aide de Divas Boulanger est quelque chose qui l'a toujours touché.

Elle m'a appris à vivre la vie au maximum, et ne faire qu’à ma tête

Ryan Richard

Divas Boulanger est disparue en septembre 2004, et son corps a été retrouvé à proximité de Portage la Prairie. Theodore Herntier a été condamné à perpétuité pour son meurtre en 2016.

Quitter la rue

Ryan Richard raconte qu'en tout, il a passé deux ans dans la rue. Au cours de cette période, il a rencontré une autre personne transgenre, Kelly Houle, qui est devenue « une très bonne amie » et qui a eu un énorme impact sur sa vie.

« Elle m'a fait sortir immédiatement de la rue », dit-il

Kelly Houle a permis à Ryan Richard de vivre chez elle. Il dit que c’est elle qui lui a montré des choses telles que la façon de porter du maquillage.

C'est à cette époque qu’il découvre les bars gais, comme le Club 200.

« Quand je suis arrivé au Club 200, j’avais 18 ans, c'est alors que j'ai cessé de vouloir être une femme parce que j'ai vu un nouveau monde », estime Ryan Richard, qui observe au passage qu'il n'y avait rien de semblable dans sa réserve.

Il a fait ses débuts comme travesti il y a trois ans. Il dit que c'est une chose qui le rend fier.

J'ai appris à m'aimer

Ryan Richard

Aujourd’hui, Ryan Richard est prudent quand vient le temps de parler de l’avenir. Il travaille comme instructeur de danse avec les Asham Stompers et enseigne la gigue.

En novembre, il a été couronné « Mademoiselle Club 200 », une réalisation dont il est très fier.

Ryan Richard se considère comme un modèle dans la communauté Deux-Esprits, et espère que son histoire permettra à d'autres Autochtones de trouver de la fierté personnelle.

 

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