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L'Union nationale métisse veut avoir sa place à la table des négociations

La présidente de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Paulette Duguay, et l'adjudant Claude Boivin.

La présidente de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Paulette Duguay, et l'adjudant Claude Boivin.

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Radio-Canada

L'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), qui fête cette année ses 130 ans, veut s'affirmer comme le porte-parole légitime des Franco-Métis. Mais l'organisation, gérée par des bénévoles, dit manquer de ressources pour répondre aux besoins de ses membres.

Un texte de Camille Gris Roy

Ces défis ont été abordés lors de l'assemblée générale annuelle (AGA) de l'union jeudi soir, à Winnipeg. Tout comme la Fédération des Métis du Manitoba (MMF), l’UNMSJM veut avoir son mot à dire sur les enjeux qui touchent les Métis de la province.

En novembre, la MMF a notamment signé un accord-cadre de réconciliation avec le gouvernement fédéral, pour régler « des enjeux en suspens » soulignés en 2013 par la Cour suprême du Canada, par rapport à des terres promises aux Métis de la province il y a près de 150 ans. « On veut [aussi] être à la table des négociations », insiste la présidente de l’union, Paulette Duguay.

On représente les Métis franco-manitobains et on veut faire partie de cette discussion, et pas seulement que la MMF transige pour nous nécessairement.

Paulette Duguay, présidente de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

En même temps, l’union constate un manque de ressources pour réussir à assurer sa place. « Est-ce qu’un jour on peut espérer avoir un bureau et des employés? », a demandé une membre lors de l’AGA.

Paulette Duguay rappelle que l’organisation est gérée bénévolement. « Nous ne recevons aucun fonds de base ou opérationnel [...]. Donc c’est très difficile de fonctionner à pleine capacité, de représenter nos membres. On le fait après notre journée de travail ou en fin de semaine. »

Exonération de Louis Riel

Un des dossiers prioritaires de l’organisme est la demande d'innocenter Louis Riel, faite au gouvernement fédéral : il espère que ce geste sera posé en 2017, à l'occasion des célébrations des 150 ans de la Confédération. L'organisation a d’ailleurs invité le premier ministre Justin Trudeau à Winnipeg pour la Journée Louis Riel, qui aura lieu le 20 février.

« Notre plus grand espoir - je ne sais pas si on rêve en couleur - ce serait qu’il accepte notre invitation et que, en personne, il nous annonce l’exonération de Louis Riel [ce jour-là], souhaite Paulette Duguay. Ils n’ont pas donné de réponse définitive, on sollicite toujours son bureau à ce sujet. »

Un échange lors de la réunion de jeudi a laissé entrevoir certaines divisions à ce sujet entre l’UNMSJM et la MMF. Un membre de l’union, Georges Beaudry, a interpellé un autre membre, André Carrier, qui est aussi un représentant élu de la MMF : « Votre président n’est pas d’accord avec l'exonération, a-t-il lancé. Comment peut-on avoir une réconciliation sans exonération? »

Georges Beaudry, membre de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du ManitobaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Georges Beaudry, membre de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

André Carrier, en réponse, a dit que son organisation est contre le « pardon », qui reviendrait à admettre la culpabilité de Louis Riel. Paulette Duguay reconnaît qu’il y a peut-être eu un malentendu sur les termes.

« La MMF ne veut pas un pardon et je suis complètement d’accord [...]. Ça me rappelle que le plus important, c’est que le dialogue se fasse. Il y a eu des tensions légères parce que ça fait longtemps qu’on n'a pas eu de discussions, moi je vois ça comme une invitation. »

« Il faut vraiment revoir la différence dans ces mots-là [...] et travailler ensemble pour cette affaire », a aussi dit André Carrier par la suite. Georges Beaudry, dans tous les cas, espère que cette demande finira par déboucher.

Ça fait depuis 1872 qu’on en parle. Ce serait tellement un beau symbole.

Georges Beaudry

130 ans et de nombreux projets

Parmi les autres projets à venir pour l'union cette année, il y a l'embellissement du site de la tombe de Louis Riel en collaboration avec le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM). Le traditionnel pique-nique de l’UNMSJM prendra aussi de l’ampleur pour marquer le coup des 130 ans. L’événement sera organisé au Fort Gibraltar le 28 mai, en partenariat avec le Festival du Voyageur.

Logo de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du ManitobaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

Photo : Radio-Canada

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