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Rejet de rein greffé : une nouvelle piste pour une détection précoce

Dre Julie Ho

« Si nous pouvons identifier les signes d’un rejet de greffon plus tôt et donc de le traiter plus tôt, cela améliorerait les chances de réussite de la transplantation à long terme » explique la recherchiste Dre Julie Ho de l'Université du Manitoba.

Photo : Université du Manitoba

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au cours des cinq prochaines années, la Dre Julie Ho de l'Université du Manitoba mènera une étude internationale, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada à hauteur de 2,6 millions de dollars, pour évaluer l'efficacité d'une protéine qui permettrait le dépistage précoce d'un rejet de greffe chez les patients atteints d'une insuffisance rénale terminale (IRT).

L’insuffisance rénale terminale est le stade final de toute maladie rénale chronique, où il faut soit la dialyse ou la greffe pour assurer la survie du patient.

La transplantation est le traitement privilégié dans le cas d’une IRT, « mais le problème [avec la greffe], c’est que nous n’arrivons pas à déceler tous les types de rejet d’organe avec nos méthodes de suivi actuelles. Avec certains types de rejet, les contrôles ne sont pas assez sensibles pour dépister des problèmes avant que la situation ne soit bien grave », affirme Dre Ho.

« L’organisme peut rejeter le rein et le greffon peut faire l’objet de graves lésions avant même que les tests courants ne détectent la moindre anomalie. »

— Une citation de  Julie Ho, chercheuse, Université du Manitoba

La Dre Ho et ses collègues travaillent déjà depuis un certain temps sur la protéine CXCL10, qui est excrétée dans l'urine et « indique une inflammation récente, ou le rejet du greffon », précise-t-elle.

Les chercheurs ont découvert que, chez les receveurs de rein qui subissent un rejet du greffon, le taux de protéine CXCL10 dans l’urine augmente avant que les autres indicateurs du protocole standard suivi par les médecins ne se manifestent.

Ce travail a préparé le terrain pour l’essai actuel, où des scientifiques de l’Université du Manitoba, de l’Université Laval, de l’Université d’Ottawa, de l’Université de Toronto et de l’Université Western, entre autres, observeront les taux de CXCL10 dans l’urine des porteurs d’un greffon rénal pendant un an.

Le recrutement des personnes pour l’essai clinique commencera l’année prochaine. Tous les nouveaux patients adultes qui répondent aux critères recherchés seront admissibles à l’étude.

« Notre but est de voir si nous pouvons établir les signes d’un rejet de greffon plus tôt et donc de le traiter plus tôt, ce qui améliorerait les chances de réussite de la transplantation à long terme. Et d’ici cinq ans, si nos recherches démontrent que cette protéine nous permet de dépister plus tôt un éventuel rejet, alors nous aimerions que cette technique soit intégrée dans la pratique clinique courante », soulève Julie Ho.

Un Canadien sur dix est atteint d’insuffisance rénale, et chaque jour, 15 Canadiens apprennent qu’ils souffrent d’une insuffisance rénale terminale – un chiffre qui a plus que triplé en 20 ans.

Les autorités de la santé affirment que la prévalence de cette maladie continuera à augmenter, compte tenu du vieillissement de la population ainsi que la prévalence croissante du diabète de type 2 et de l’hypertension.

Source : Fondation canadienne du rein

Implications économiques

La chercheuse de l'Université du Manitoba signale que les résultats de l’étude auront également des retombées économiques.

Selon la Fédération canadienne du rein, le coût moyen de la dialyse – le traitement utilisé dans la majorité des cas d’IRT – est de 70 000 $ par patient par année. Le coût initial ponctuel d’une greffe rénale est d’environ 120 000 $ et les coûts afférents au suivi, y compris les médicaments, sont inférieurs à 22 500 $ par année au cours des années subséquentes.

Cela veut dire que sur une période de cinq ans, une greffe rénale coûte au système de santé 200 000 $ de moins que la dialyse, tout en améliorant la qualité de vie du patient.

« La dialyse est l'un des soins de santé les plus coûteux, mais elle réussit à garder les gens en vie, remarque Dre Ho. La transplantation, cependant, nous permet de réaliser d’énormes économies – dans les dizaines de milliers de dollars – chaque année que le greffon rénal est fonctionnel. »

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