•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

10 choses à savoir sur l’investiture de Donald Trump

Radio-Canada

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, prend officiellement le pouvoir le 20 janvier à Washington, comme le veut la tradition. Il devra se prêter à une série de rituels qui ont bien changé depuis la première investiture en 1789. Survol de ce que vous devez savoir.

Un texte de Danielle Beaudoin


1. Cela ne s'est pas toujours passé le 20 janvier

La foule rassemblée pour voir la cérémonie d'investiture d'Abraham Lincoln L’investiture d’Abraham Lincoln au Capitole de Washington le 4 mars 1865 Photo : Library of Congress

Le premier président des États-Unis, George Washington, devait prêter serment le 4 mars 1789, le jour où la Constitution entrait en vigueur. Or, un hiver particulièrement rigoureux a retardé le comptage des votes, et la cérémonie d’investiture a finalement eu lieu le 30 avril 1789.

Par la suite, et jusqu’en 1937, les présidents suivants ont été assermentés le 4 mars. Le 20e amendement de la Constitution, adopté en 1933, a raccourci la période de transition entre l’élection et l’entrée en fonction du président. Donc, à partir de 1937, les présidents ont prêté serment le 20 janvier. Mais il y a eu des exceptions à la règle :

  • Quand la date d’investiture tombe un dimanche, le président est assermenté en privé le jour même, et la cérémonie publique est reportée au lendemain.
  • Quand un président meurt pendant son mandat, l’assermentation du vice-président se fait d’urgence.

2. Cela ne s'est pas toujours passé à Washington

Lyndon B. Johnson prête serment dans un avion.Lyndon B. Johnson prête serment comme président des États-Unis dans un avion, après l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963. Photo : Getty Images

George Washington a prêté serment à New York en 1789. Par la suite, les cérémonies d’investiture ont eu lieu dans la capitale de l’époque, Philadelphie. En 1800, le siège du gouvernement a été transféré à Washington, et depuis ce temps, les assermentations se déroulent dans cette ville, au Capitole. Exceptions à la règle : les prestations de serment organisées subitement à la suite de la mort d’un président.

De vice-président à président

  • John Tyler, assermenté le 6 avril 1841 à Washington, après la mort du président William H. Harrison
  • Millard Fillmore, assermenté le 10 juillet 1850 à Washington, après la mort du président Zachary Taylor
  • Andrew Johnson, assermenté le 15 avril 1865, après l’assassinat du président Abraham Lincoln
  • Chester Alan Arthur, assermenté le 20 septembre 1881 à New York, après l’assassinat du président James Garfield
  • Theodore Roosevelt, assermenté le 14 septembre 1901 à Buffalo, après l’assassinat du président William McKinley
  • Calvin Coolidge, assermenté le 3 août 1923 à Plymouth, après la mort du président Warren G. Harding
  • Harry S. Truman, assermenté le 12 avril 1945 à Washington, après la mort du président Franklin D. Roosevelt
  • Lyndon Baines Johnson, assermenté le 22 novembre 1963 dans un avion, après l’assassinat du président John F. Kennedy
  • Gerald R. Ford, assermenté le 9 août 1974 à Washington, après la démission du président Richard M. Nixon

3. Se tromper en prêtant serment

Barack Obama prête serment.Barack Obama est assermenté par le président de la Cour suprême, John Roberts, le 20 janvier 2009 au Capitale, sous le regard de sa femme, Michelle Obama. Photo : Getty Images

Le 20 janvier 2009, Barack Obama a mal récité son serment d’investiture. Il a été induit en erreur par le président de la Cour suprême, John Roberts, qui a mal cité le texte solennel prévu par la Constitution américaine. Le mot « fidèlement » aurait dû aller tout de suite après le mot « remplir » dans le serment prononcé par Obama ce jour-là : « Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis. »

Par précaution, le président Obama a prêté serment une deuxième fois le lendemain à la Maison-Blanche.

Lyndon B. Johnson a fait pire lorsqu’il a été assermenté vice-président le 20 janvier 1961, lors de la cérémonie d’investiture du président John F. Kennedy. Au lieu de dire : « sans aucune réserve intellectuelle ni esprit de m’en distraire », il a dit : « sans aucune réserve intellectuelle que ce soit. » Il n'a cependant pas prêté serment une seconde fois.


4. Le passage de flambeau

Franklin Delano Roosevelt et Herbert Hoover en voitureLe président élu Franklin Delano Roosevelt et le président sortant Herbert Hoover, en route pour la cérémonie d’investiture au Capitole, à Washington, le 4 mars 1933. Photo : Library of Congress

Plusieurs rituels marquent la passation du pouvoir, le jour de l’assermentation. Le président sortant et le président désigné se rencontrent brièvement à la Maison-Blanche en matinée. Ensuite, ils se rendent ensemble au Capitole pour la prestation de serment. Tout de suite après l’assermentation, le président sortant et sa femme quittent les lieux en hélicoptère, si le temps le permet.

Alors que la cérémonie a lieu au Capitole, le personnel de la Maison-Blanche travaille d’arrache-pied pour assurer la transition. En effet, si le président sortant se réveille à la Maison-Blanche le matin, le nouveau président y dort le soir, et tout doit être prêt pour l’arrivée du nouveau locataire.


5. La présence des ex

Dwight D. Eisenhower prête serment. Aussi sur la photo, l’ancien président Harry S. Truman et Richard M. Nixon.Dwight D. Eisenhower prête serment comme président des États-Unis le 20 janvier 1953 à Washington. Aussi sur la photo, l’ancien président Harry S. Truman (G) et Richard M. Nixon (D). Photo : Getty Images

Comme le veut la tradition, les anciens présidents encore en vie assistent à la cérémonie d’investiture de celui qui vient d'être élu. Ainsi, le 20 janvier, Jimmy Carter, George W. Bush, Bill Clinton et, bien sûr, Barack Obama seront au Capitole. Seul George H. W. Bush père, âgé de 92 ans, ne participera pas à l’assermentation, en raison de problèmes de santé.


6. Les discours les plus marquants

Le président John Fitzgerald Kennedy lors de sa cérémonie d’investiture le 20 janvier 1961 au CapitoleLe président John Fitzgerald Kennedy lors de sa cérémonie d’investiture le 20 janvier 1961 au Capitole, à Washington. De gauche à droite : sa mère, Rose Kennedy, son père Joseph Kennedy, la première dame, Jacqueline Kennedy, John F. Kennedy, le vice-président, Lyndon Baines Johnson, et sa femme, Bird Johnson. Photo : Getty Images

Avec le discours d'investiture, le nouveau président présente habituellement sa vision de l’Amérique et les objectifs de son mandat.

Le discours le plus court de l’histoire, 135 mots, a été prononcé par George Washington, lors de son assemtnation pour son second mandat, le 4 mars 1793. Le plus long, avec 8495 mots, l'a été par William Henry Harrisson, le 4 mars 1841. Ce dernier a parlé pendant près de deux heures, sans manteau ni chapeau, en pleine tempête de neige. Il est mort peu de temps après, et on a longtemps cru que c’était parce qu’il avait pris froid ce jour-là. Les historiens modernes croient plutôt qu’il est mort après avoir bu l’eau contaminée par les égouts à la Maison-Blanche.

Parmi les discours les plus marquants, celui d’Abraham Lincoln. En 1865, il a exhorté les Américains, déchirés par la guerre civile, à considérer l’avenir « sans malveillance envers quiconque, avec charité pour tous ».

En 1933, Franklin Delano Roosevelt a dit aux Américains ébranlés par la Grande Dépression : « La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même. »

Quant à John F. Kennedy, il a lancé à ses concitoyens en 1961 cette phrase devenue historique : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »


7. La plume derrière le discours de Trump

Stephen MillerStephen Miller, un proche de Donald Trump et l’auteur du discours d’investiture du président élu. On le voit ici lors de son arrivée à la Trump Tower, à New York, le 18 janvier 2017. Photo : Getty Images / Dominick Reuter

Le président désigné Donald Trump a indiqué avoir rédigé lui-même un premier jet de son discours d'investiture. Il a choisi le Californien Stephen Miller pour l'aider à écrire cette allocution. L'homme dans la trentaine ans est l’auteur habituel des allocutions de Donald Trump. Il a notamment écrit le discours controversé du candidat républicain à la convention de juillet dernier, dans lequel il dressait un portrait très sombre de l’Amérique moderne.

Bien des experts pensent que Donald Trump va reprendre cet angle dans son discours du 20 janvier, comme l’avait fait le président Ronald Reagan en 1981. Toutefois, toujours d’après les experts, le constat noir de l’état de la nation sera suivi d’un appel à l’unité pour venir à bout des maux qui touchent l’Amérique.

Les présidents américains utilisent généralement des rédacteurs pour écrire leur discours d'investiture. Certains l'ont rédigé eux-mêmes, comme Abraham Lincoln.


8. Des défilés toujours plus extravagants

Un gros aigle sur un chariot lors du défilé inaugural du 20 janvier 1989 à WashingtonLe défilé du 20 janvier 1989, lors de l’investiture de George H. W. Bush à Washington Photo : Library of Congress/Carol M. Highsmith

Le défilé se déroule sur 3 km, avenue Pennsylvania, du Capitole à la Maison-Blanche. Habituellement, le président et le vice-président prennent la tête de la procession. Ils se rendent devant la Maison-Blanche, où est installée la tribune présidentielle. Le président et sa femme y passent en revue le reste du cortège derrière une vitre blindée.

Plus de 8000 personnes participent cette fois-ci à la parade, dont des membres des forces armées, des vétérans et des fanfares scolaires. C’est moins qu’en 2009, où 10 000 personnes ont défilé pour l’assermentation de Barack Obama. La palme revient toutefois à la procession de Dwight D. Eisenhower, en 1953. Quelque 25 000 participants, 73 fanfares, 59 chariots, des chevaux et des éléphants ont alors défilé pendant plus de quatre heures.

Le rituel du défilé existe depuis la toute première investiture en 1789. Il a pris de l’importance au fil des ans. Les Afro-Américains ont participé au cortège pour la première fois en 1865, lors de l’investiture de Lincoln. Quant aux femmes, elles y ont été autorisées en 1917, lors de l’assermentation de Wilson.

Le président Warren G. Harding est le premier à avoir roulé en voiture lors de la procession en 1921. Le défilé a été télévisé pour la première fois en 1949, lors de l’investiture de Harry S. Truman.


9. Beau temps mauvais temps

 William H. Taft et Theodore Roosevelt en calècheLe président élu William H. Taft, et le président sortant, Theodore Roosevelt, se rendent au Capitole pour la cérémonie d’investiture le 4 mars 1909 à Washington. Photo : Library of Congress/ George Grantham Bain Collection

Le record de chaleur a été atteint lors de l’investiture de Ronald Reagan, en 1981. Il faisait 12 degrés Celsius à Washington ce jour-là. Le record de froid a aussi été atteint sous Reagan, quatre ans plus tard. Il faisait -14 degrés Celsius à midi. L’assermentation a finalement eu lieu à l’intérieur du Capitole.

D’autres présidents ont subi le mauvais temps. Le 4 mars 1853, lors de l’investiture de Franklin Pierce, il neigeait tellement que les gens ont quitté les lieux. Le 3 mars 1909, la veille de l’assermentation du président William H. Taft, un blizzard a enneigé la ville. Quelque 6000 personnes ont travaillé toute la nuit pour déblayer le parcours du défilé.


10. Une orgie de bals

Bill Clinton et sa femme en compagnie des Isley BrothersLe président Bill Clinton et la première dame Hillary Clinton en compagnie des Isley Brothers, lors d’un bal inaugural le 20 janvier 1997 au National Building Museum de Washington. Photo : Getty Images / Joyce Naltchayan

La tradition remonte à 1809, lorsque la Première Dame Dolley Madison a organisé un gala à Washington pour l’investiture de son mari, James Madison. Elle a reçu 400 personnes, qui ont payé chacune 4 $ pour assister à l’événement. Par la suite, le nombre de bals a fluctué au gré des investitures.

Bill Clinton arrive en tête avec 14 bals, lors de sa deuxième assermentation en 1997. Barack Obama a assisté à 10 bals lors de sa première investiture en 2009. Quant à Donald Trump, il doit participer à trois bals.

Neuf rituels de l’assermentation

  • Une messe privée le matin à la St. John’s Episcopal Church
  • La procession de la Maison-Blanche au Capitole, menée par le président élu et le président sortant
  • La prestation de serment du vice-président
  • La prestation de serment du président
  • Le discours d’investiture
  • Le départ en hélicoptère du président sortant et de sa femme
  • Le lunch d'investiture tenu au Capitole pour le nouveau président, le vice-président et d’autres invités
  • Le défilé du Capitole à la Maison-Blanche
  • Les bals
La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale 

International