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La Faculté des arts de l'Université de l'Alberta  supprime ses programmes impopulaires

Campus de l'Université de l'Alberta

Campus de l'Université de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Faculté des arts de l'Université de l'Alberta abolit 14 programmes qui n'attirent plus l'intérêt des étudiants, selon une note interne de la doyenne Lesley Cormack obtenue par CBC.

Un texte de Camille FeireisenTwitterCourriel 

Une des raisons invoquées : des inscriptions en baisse depuis 2009 dans ces programmes, qui n'accueillent que 10 étudiants ou moins chaque automne. Il devenait nécessaire de réajuster l’offre, explique Lesley Cormack. « Il s’agit de bien gérer nos programmes et de s’assurer que, dans un contexte de ressources limitées, ces dernières soient dirigées vers les programmes qui attirent plus d’étudiants », dit-elle.

Mme Cormack rappelle également que ce n'est pas la première fois que la Faculté des arts, qui offre plus de 90 programmes, abolit certains d'entre eux. Il y a trois ans déjà, la faculté a commencé à réviser les programmes de spécialisation qui attiraient moins d'étudiants, et en avait coupé quelques un à cette époque.

Les programmes supprimés :

  • le baccalauréat en composition et théorie musicales
  • deux majeures en graphisme
  • majeures en études latino-américaines et en études scandinaves
  • des parcours honoriques : cinq en langue et littérature dont le programme de français, mathématiques, études religieuses et études féministes et de genre

« Les universités doivent s’adapter »

Cette baisse d'inscriptions en sciences sociales, le professeur à l'Université de la Saskatchewan et chercheur à la Chaire de recherche en innovation régionale, Ken Coates, l'a remarquée partout dans le reste du pays au cours de ses recherches.

Selon lui, c’est aux universités d'essayer de s’adapter et prendre les devants. « Des programmes créés il y a 30 ans sont devenus obsolètes, car les intérêts changent », fait-il remarquer. Il considère qu'il faudra toutefois trouver de nouvelles avenues pour connecter les étudiants au monde moderne.

Cela ne signifie pas que les sciences humaines ou sociales n’ont plus leur place sur le campus, simplement que le monde continue de changer.

Une citation de Ken Coates, Chaire de recherche canadienne en innovation régionale

Il rappelle également que suivre des cours à l'université n’est pas synonyme d’une entrée plus rapide sur le marché du travail. « Les universités sont plus accessibles qu’il y a 50 ans, mais le chômage est bien présent », rappelle-t-il. Aussi, sans garantie, des étudiants préfèrent-ils se tourner vers des domaines plus sûrs, selon lui.

L'offre académique et la demande

D'après Francesca Ghossein, vice-présidente à la vie étudiant de l'Association étudiante de l'Université de l'Alberta, cela risque toutefois d'avoir un impact sur les étudiants venus spécifiquement étudier ici pour suivre de tels programmes. « Les études interdisciplinaires sont très importantes, mais certains étudiants savent précisément ce qu'ils veulent faire et ont besoin d'une éducation très ciblée. On a besoin de cette sorte d'expérience! », considère-t-elle.

Francesca Ghossein, vice-présidente à la vie étudiant de l'Association étudiante de l'Université de l'Alberta

Francesca Ghossein, vice-présidente à la vie étudiant de l'Association étudiante de l'Université de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Il faudra que quelqu'un remplisse ce besoin [de programmes spécifiques] pour les étudiants qui veulent approfondir leurs connaissances dans un cours, qu'ils puissent le faire dans la province, ou, au mieux, dans la ville.

Une citation de Francesca Ghossein, vice-présidente de l'Association étudiante de l'Université de l'Alberta

L'association compte parler avec les étudiants pour connaître aussi leur avis sur ces coupes.

De son côté, Matthieu Damer, un ancien étudiant du baccalauréat en musique-composition et théorie qui vient d'être supprimé, pense que cela pourrait porter préjudice à certains étudiants, qui seraient tentés de chercher ailleurs. « Cela pourrait avoir un impact sur les élèves qui souhaitent continuer plus loin leurs études en composition par exemple. Beaucoup d'entre eux continuent en maîtrise et en doctorat et ces cours sont alors nécessaires pour avancer dans ce domaine-là, surtout en classique », dit-il.

Les 30 étudiants qui suivent encore ces programmes pourront terminer leurs études, même si aucune nouvelle inscription ne sera acceptée. Au moins huit autres programmes seront aussi réévalués en 2020, comme la majeure en histoire médiévale et les parcours honorifiques en sociologie, anthropologie et théâtre.

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