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La génération millénaire : penser et agir globalement

Trois jeunes francophones politisés de la Colombie-Britannique, Emma Dreher, Stéphane Gaudet et Greyden Girouard, devant l'Assemblée législative de Victoria
Trois jeunes francophones politisés de la Colombie-Britannique, Emma Dreher, Stéphane Gaudet et Greyden Girouard. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Ils ont entre 17 et 23 ans. Ils font donc partie de cette génération du millénaire et ils sont très intéressés par les questions politiques. À quelques mois des élections provinciales en Colombie-Britannique, de jeunes participants au Parlement jeunesse francophone partagent les enjeux politiques qui les préoccupent.

Propos recueillis par Julie Landry

Stéphane Gaudet: économie sociale

Stéphane Gaudet, participant au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017Stéphane Gaudet, participant au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017 Photo : Radio-Canada / Julie Landry

À 23 ans, Stéphane Gaudet de Victoria travaille à temps plein pour une entreprise de transporteur zéro émission, Geazone Eco-Courier. Il a participé pendant 11 ans au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique et se dit donc très intéressé par les questions politiques. Il critique l’influence des entreprises sur les partis politiques qui est démesurée selon lui. « Ça change vraiment les grosses décisions parce que ça devient vraiment des questions d'argent et non des questions du bien-être du peuple nécessairement », explique-t-il.

Il aimerait bien voir les parlementaires débattre de la question d’un salaire universel de base. « Je trouve que le concept est intéressant. Ça ne répond pas à tous les problèmes, et il y a des problèmes qui viennent avec, mais ça serait intéressant de le voir débattre en chambre ». Il croit que le concept du salaire universel de base deviendra de plus en plus pertinent.

Les jeunes, à son avis, devraient s’intéresser à l’économie parce que tous les enjeux économiques sont liés à tous les autres enjeux, que ce soit l’environnement ou les enjeux sociaux.

Greyden Girouard: l’écolo économe

Greyden Girouard, participant au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017Greyden Girouard, participant au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017 Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Cette année, Greyden Girouard terminera ses études secondaires à l’École de l’Anse-au-sable de Kelowna. Il réalise maintenant, en pleine demande d’admission auprès des universités, à quel point les études poste-secondaires coûtent cher. « Un projet de loi pour donner l’éducation gratuite, ça, c’est quelque chose que j’aimerais voir. »

Il est très préoccupé par les questions économiques. « J'aimerais une économie plus stable et un équilibre pour qu'il y ait une plus grande classe moyenne et moins de différence entre les pauvres et les riches. » Et il est aussi touché par les questions environnementales et critique le fait que ces deux enjeux sont souvent présentés en opposition.

Ça n'a pas besoin d'être l'économie contre l'environnement.

Greyden Girouard

Greyden Girouard se dit que les politiciens discutent sûrement beaucoup de ces deux enjeux, mais voudrait voir davantage d’actions qui découlent de ces discussions.

Emma Dreher, pour les dossiers sociaux

Emma Dreher, participante au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017Emma Dreher, participante au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique 2017 Photo : Radio-Canada / Julie Landry

L’élève de 11e année, Emma Dreher, étonne par la sagesse de ses réflexions. Celle qui fréquente le programme du Conseil scolaire francophone de l’école Duchess Park, à Prince George, est interpellée par les dossiers sociaux comme l’environnement, l’éducation ou l’inclusion sociale.

Elle voudrait que les politiciens fassent bouger davantage les choses, mais ne croit pas que ça arrivera assez vite pour elle, et c’est une question de génération à son avis. « Je pense que chaque génération semble avoir plus de tolérance, plus d'acceptation de l'autre. Les plus jeunes sont en faveur d'une chance pour tous, et des soins égaux pour tous. », croit-elle.

Emma a récemment été très touchée par un article sur des femmes qui avaient choisi de ne pas avoir d'enfants pour ne pas augmenter leur empreinte écologique, et parce qu'elles ont peur d'offrir un monde en déclin à un enfant. « C'est tellement un choix difficile, surtout pour les femmes qui avaient l'intention d'avoir des enfants. », croit celle qui se dit trop jeune pour penser à ça maintenant.

« Certaines personnes pourraient penser que c'est égoïste, mais c'est totalement l'inverse. La femme est en train d'abandonner une partie de sa vie pour le bien de l'enfant qui n'existera pas. », ajoute-t-elle

J'aimerais imaginer que quand je serai prête à avoir un enfant, que l'environnement sera mieux.

Emma Dreher

Une génération définie par les moyens de communication

Xavier Deschênes-Phillion est étudiant au doctorat en sciences politiques à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) et formateur du volet « action citoyenne » au Parlement jeunesse francophone. En côtoyant les jeunes, il a été très frappé par le fait que ces jeunes veulent agir globalement, et non seulement localement, comme faire de petites actions concrètes ou s’engager dans des groupes de proximité. « C'était comme si c'était les ramener à quelque chose de beaucoup trop petit », raconte

C'est comme s’ils ne pensent plus aux frontières, ils ne pensent plus à la province ou à la ville d'abord. Ils pensent à la terre comme étant une grosse métropole.

Xavier Deschênes-Phillion, étudiant au doctorat en sciences politiques à UBC
Xavier Deschênes-Phillion, étudiant au doctorat en sciences politiques à UBC et formateur au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-BritanniqueXavier Deschênes-Phillion, étudiant au doctorat en sciences politiques à UBC et formateur au Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Xavier Deschênes-Phillion, lui-même de la génération millénaire, voit déjà une différence entre son groupe d’âge et les plus jeunes de sa génération, une différence marquée par les technologies de communications.

Ces plus jeunes, nés avec des systèmes de communications déjà assez développés, s’attendent à une communication interactive dans la société. « Ils voudraient pouvoir communiquer avec leurs députés et avoir une rétroaction rapide », explique le doctorant.

« Les jeunes veulent vraiment avoir cet accès direct. C'est autant dans leur accès au savoir que dans leur interaction avec le monde politique. »

M. Deschênes-Phillion, a aussi remarqué que les idées politiques des jeunes millénaires étaient optimistes. « Ils veulent changer les choses. Ils ont vraiment une pensée globale et une pensée d'avenir », constate-t-il.

Colombie-Britannique et Yukon

Société