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Daniel Pauly, scientifique de l’année de Radio-Canada

Le biologiste Daniel Pauly

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le biologiste Daniel Pauly est nommé Scientifique de l'année de Radio-Canada 2016 « pour avoir dévoilé l'ampleur véritable de la surpêche dans les océans de la planète ». Décerné pour la première fois en 1987, le prix en est à sa 30e année d'existence.

Un texte d'Alain Labelle

Le scientifique de 70 ans est un spécialiste des ressources marines dont l’expertise est mondialement reconnue. Le Dr Pauly enseigne toujours à l’Institute for the Oceans and Fisheries de l’Université de la Colombie-Britannique. Il y dirige depuis 1999 un projet de recherche, Sea around us (Nouvelle fenêtre), consacré à l’étude des tendances des pêcheries dans le monde.

Écoutez l'entrevue avec Daniel Pauly à l’émission Les Années lumière, animée par Yanick Villedieu, sur ICI Radio-Canada Première. Revoyez le portrait du scientifique proposé par l'émission Découverte animée par Charles Tisseyre, sur ICI Radio-Canada Télé.

Dans un article publié en janvier 2016 avec son collègue Dirk Zeller dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre), Daniel Pauly a montré que, depuis les années 1950, les prises de poisson déclarées par les pays à la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) sont très inférieures aux prises réelles.

Par exemple, lors de l’année record de 1996, la FAO a rapporté des prises mondiales de 86 millions de tonnes, alors que les prises réelles s’élevaient à 130 millions de tonnes.

Par contre, depuis ce sommet, la FAO parle d’une stagnation ou d’un léger déclin des prises. Daniel Pauly et son collègue constatent plutôt un déclin « marqué », les prises ayant diminué trois fois plus que ce que les pays ont déclaré à la FAO.

Daniel Pauly, professeur à l'Université de la Colombie-Britannique

Daniel Pauly, professeur à l'Université de la Colombie-Britannique

Photo : Radio-Canada

Le travail d’une vie

L’article publié de la revue Nature Communications et la publication, en 2016 également, d’un atlas global des pêches (Global Atlas of Marine Fisheries) sont l’aboutissement de plusieurs décennies de recherches.

Celui qui a obtenu son doctorat en biologie marine en Allemagne, en 1979, a travaillé aux Philippines durant les années 1980, où il a participé à la création de la plus grande base de données sur la biodiversité marine du monde. Il est devenu professeur à l’Université de la Colombie-Britannique en 1994.

En 2003, le magazine Scientific American le place parmi les 50 scientifiques les plus influents de la planète.

Un chercheur inspirant

Parfois qualifié de chercheur iconoclaste, travaillant volontiers sur le terrain avec des populations dont l’alimentation repose essentiellement sur le poisson, Daniel Pauly a ouvertement critiqué les méthodes de la pêche industrielle moderne.

Selon lui, cette industrie met en danger les ressources marines de la planète entière en pêchant de plus en plus loin et de plus en plus en profondeur. Si rien n’est fait, prévient-il, l’océan pourrait n’avoir à offrir que des méduses aux générations futures.

Rappelons que le titre de Scientifique de l’année de Radio-Canada est remis à une personnalité ou à une équipe qui, au cours de l’année écoulée, s’est illustrée par une découverte, une publication ou une réalisation remarquable.

L’année dernière, le microbiologiste Gary Kobinger avait reçu le prix pour sa contribution à la lutte contre la maladie d'Ebola et à la mise au point d'un médicament et d'un vaccin contre ce virus.

 

Science