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Davos, Trump et les inégalités

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Bill Gates, Warren Buffet, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg et Michael Bloomberg

Photo : Reuters / Christinne Muschi, Mike Segar, Mike Blake, Mariana Bazo et Henry Romero

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trois images nous frappent : Oxfam nous apprend que huit hommes possèdent ce que les 50 % moins fortunés détiennent sur la planète; au même moment, les leaders politiques et économiques du monde se retrouveront dans la neige plus blanche que blanche de Davos; et Donald Trump deviendra le 45e président des États-Unis cette semaine.

Un texte de Gérald Fillion

Ne cherchez pas plus longtemps à expliquer ce qui semble ne pas tourner rond ces jours-ci sur la planète. Plusieurs de vos réponses sont rassemblées dans ces trois images qui sont à la fois les causes et les conséquences des inégalités.

Tout y est : un système qui favorise l’enrichissement d’un petit groupe qui a, certes, sorti de grandes parts du monde de la pauvreté, mais qui a fait grandir les écarts de richesse, un système qui fait des gagnants et des perdants (je répète : des gagnants et des PERDANTS) et qui mène aujourd’hui à l’exaspération d’une quantité grandissante de la population.

Il est fascinant que les leaders politiques et économiques ne réalisent pas encore que les écarts de richesse représentent la principale menace à l’économie mondiale. Si vous voulez de la croissance économique, si vous souhaitez l’amélioration du sort des gens, les plus puissants l’affirment, du FMI à la Banque mondiale, du Forum économique mondial au G7, il faut réduire les écarts de richesse. Les inégalités nuisent à la croissance.

Mais, dans les faits, qu’est-ce qui change? Comment expliquer que d’année en année, Oxfam révèle des chiffres plus choquants encore? Comment expliquer que d’ici un quart de siècle, quelqu'un sur cette planète possédera 1000 milliards de dollars en fortune personnelle?

Le rapport d’Oxfam soulève de sérieux problèmes structurels dans le fonctionnement de la fiscalité et de l’économie. Quelques exemples :

  • Les entreprises britanniques versent 70 % de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires au lieu de réinvestir cet argent dans l’économie et le développement. C’était 10 % en 1970;
  • Une entreprise comme Apple ne paie pas tous les impôts qu’elle devrait payer. En Europe, en 2014, on estime qu’elle a payé 0,005 % d’impôt sur ses profits réalisés sur ce territoire;
  • La tranche d’impôt sur le revenu la plus élevée aux États-Unis est passée de 70 % en 1980 à 39 % aujourd’hui. C’est important puisque 30 % des milliardaires de la planète se trouvent en sol américain. Leurs avantages sont appelés à grandir, par ailleurs, sous Donald Trump.

Les riches représentent la minorité, mais possèdent la majorité des richesses mondiales. Heureusement, dans les pays avancés, riches et pauvres ont, jusqu’à preuve du contraire, la même voix le jour des élections.

En ce moment, ceux et celles qui courtisent les personnes qui se sentent exclues ou victimes du système, ce sont souvent ceux et celles dont les paroles sont extrêmes, qui attisent la colère, le rejet de l’autre, qui alimentent l’exaspération et le ressentiment.

La soupape à la détresse économique, c’est Donald Trump. Le doigt d’honneur aux politiques libérales, c’est le Brexit. Peu importe les moyens, les populistes appuient sur les boutons de la colère pour gagner.

On ne sait pas aujourd’hui si le Brexit et Donald Trump apporteront les soulagements réclamés par la population. Mais nous savons que l’incertitude va continuer de grandir, à mesure que le fossé entre les riches et le reste de la population va continuer de se creuser.

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