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Captage de carbone : de nouvelles technologies en développement

L'usine de captage et de stockage de carbone Boundary Dam, près d'Estevan.

L'usine de captage et de stockage de carbone Boundary Dam, près d'Estevan.

Photo : La Presse canadienne / Presse Canadienne/Michael Bell

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La solution d'amine utilisée par SaskPower dans son usine de captage et de stockage de carbone à Boundary Dam 3 coûte très cher et engendre des dépassements de coûts pour la société d'État. La pression du virage vert sur les centrales au charbon ne s'estompe pas à l'échelle nationale, et d'un océan à l'autre, des entreprises développent des solutions de rechange aux amines, afin de réduire la facture.

Un texte de Nahila Bendali

Au Québec, l'entreprise CO2 Solutions veut développer une solution de rechange à la problématique de l’amine. À l’instar de la technique privilégiée par SaskPower à son usine de stockage et de captage de carbone Boundary Dam 3, CO2 Solutions capte et sépare le carbone dans un liquide.

La solution d'amine est un composé chimique qui, dans la technologie de captage et de stockage du carbone, sert à séparer le dioxyde de carbone du reste des éléments qui sont captés.

Source : Amr Henni, Université de Regina

Une enzyme pour remplacer les amines

« Les solutions à l’amine, c’est un peu semblable [à notre technologie], dans le sens que l’amine est aussi dans un liquide », reconnaît le pdg, Evan Price.

Il explique que son entreprise développe un procédé enzymatique, qui a besoin de moins de chaleur que les amines pour capter et séparer le CO2, et arriver au même résultat. « C’est une façon pour nous de réduire les frais de production », déclare-t-il.

Autre avantage, selon Evan Price, c’est la propreté du liquide, contrairement aux amines.

« Notre liquide, on peut l’envoyer [...] dans des systèmes de traitement d’eau standard, ce n’est pas quelque chose de polluant [...] c’est un produit très stable », explique-t-il. La stabilité du produit évite aussi le problème de dégradation, qui embête SaskPower, souligne M. Price.

Des solides plutôt que des liquides

Bien que pour l’instant, la technologie utilisant des amines soit la seule qui est assez développée sur le marché, certains procédés qui font appel à des solides plutôt que des solutions liquides pour capter le CO2, soit l'adsorption, sont prometteurs, croit Jamal Chaouki, professeur au Département de génie chimique à Polytechnique Montréal.

« [Avec] l’adsorption déjà, les coûts énergétiques sont beaucoup plus bas, donc c’est une éventualité », explique M. Chaouki. Il ajoute que grâce à l’adsorption, il est possible de capter le CO2 sur une plus petite surface que dans un liquide, où il faut chauffer une grande quantité pour en arriver au même résultat.

Une entreprise de Burnaby, en Colombie-Britannique, a d’ailleurs pris le pari de l’adsorption, afin de réduire les coûts de la capture du carbone.

« Nous croyons que nous avons un avantage important, puisque notre système d’adsorption nous permet d’utiliser un système compact », précise Brett Henkel, vice-président du développement commercial chez Inventys.

« Nous n’utilisons pas les amines, c’est une approche complètement différente au captage de carbone. »

Brett Henkel, vice-président d'Inventys, devant une installation de captage de carbone.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le vice-président d'Inventys, Brett Henkel, espère réduire les coûts du captage de carbone grâce à sa technologie qui utilise un solide

Photo : Radio-Canada / Paul Préfontaine

Inventys veut cibler les marchés des sables bitumineux de l’Alberta, mais vise également les centrales au charbon. Selon le vice-président, son procédé pourrait être implanté dans des usines au charbon de SaskPower lorsque celui-ci sera au point.

La technologie, qui porte le nom de Veloxotherm est toujours en phase de développement et de test, indique M. Henkel. Inventys teste son système dans des installations de Husky Energy en Saskatchewan. « Nous voulons commercialiser notre technologie à plus grande échelle d’ici 2019-2020 », dit-il.

Objectif : SaskPower

Pour l’instant, Inventys est encore en phase de développement et de démonstration. L’entreprise CO2 Solutions, quant à elle, a déjà une première entente commerciale et commence un premier déploiement pour une unité de 30 tonnes par jour à St-Félicien, au Québec. À titre de comparaison, plus de 2400 tonnes par jour sont capturées en moyenne à Boundary Dam.

Rectificatif : une version précédente de ce texte indiquait que les deux entreprises étaient en phase de développement et de démonstration. CO2 Solutions a déjà entrepris le déploiement de sa technologie.

« Actuellement, c’est la course, il y a énormément de laboratoires à travers le monde qui font la course sur cette technologie-là. Il y en a au Canada [...], mais ce n’est pas encore au point », estime le professeur Chaouki.

Le porte-parole de SaskPower Jonathan Tremblay, dans son bureau Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le porte-parole de SaskPower, Jonathan Tremblay, croit qu'il sera possible de réduire les coûts de la technologie de captage de carbone

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Technologie actuelle à parfaire

SaskPower fait actuellement affaire avec l’entreprise Cansolv, une branche de Shell, pour les amines de son usine Boundary Dam 3. La solution d'amine utilisée se dégrade toutefois très rapidement et doit être sans cesse renouvelée, ce qui coûte très cher.

« Qui sait, peut-être qu’il y a d’autres solutions, d’autres choses qui existent dans le monde », indique le porte-parole de SaskPower, Jonathan Tremblay.

Tant Inventys que CO2 Solutions ont espoir de commercialiser leur procédé à plus grande échelle d’ici la fin de la décennie. Cela coïncide avec le moment où SaskPower doit se conformer aux exigences fédérales en fermant ses centrales au charbon Boundary 4 et 5 ou les équipant de la technologie de captage et stockage de carbone, mais rien ne l'empêche de prendre une décision plus tôt.

SaskPower n’est liée à aucune compagnie pour le futur. Si elle décide de continuer avec la technologie de captage et de stockage de carbone, il y aura un appel d’offres, explique le porte-parole de la société d'État, M. Tremblay.

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