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Aide médicale à mourir : l’équipe manitobaine prend de l'expansion

L'aide médicale à mourir
La question de l'aide médicale à mourir. Photo: iStock
Radio-Canada

L'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a plus que doublé son nombre de médecins au sein de son équipe mise en place pour guider ceux qui souhaitent recevoir l'aide médicale à mourir au Manitoba.

Formée au départ de neuf spécialistes, dont trois médecins, l’équipe compte désormais sept médecins, deux infirmières, trois travailleurs sociaux, deux pharmaciens et un orthophoniste, fait savoir le vice-président principal et médecin-hygiéniste à l’ORSW, Brock Wright.

Parmi les médecins, trois sont bilingues et deux sont situés en régions rurales. « Les deux médecins dans les régions rurales du Manitoba ne font pas partie des réunions de l'équipe, mais ils font partie d'un réseau en évolution de prestataires de services qui sont intéressés et capables d’offrir le service », précise-t-il.

Un nombre plus élevé qu'estimé

Le ministre de la Santé du Manitoba, Kelvin Goertzen, avait estimé en novembre qu’une douzaine de patients auraient recours annuellement à l'aide médicale à mourir. En date du 6 janvier 2017, les statistiques de l’ORSW démontrent que 102 Manitobains ont fait une demande auprès de l’équipe depuis sa création il y a un peu moins d’un an.

Dénouement des demandes reçues

  • 24 patients ont reçu l'aide médicale à mourir
  • 28 patients sont décédés avant que le processus soit terminé
  • 14 patients sont à l’étape de l’évaluation active
  • 18 patients ont posé des questions
  • 18 demandes ont été refusées

Selon le médecin-hygiéniste Brock Wright, la majorité des personnes qui ont eu recours à l’aide médicale à mourir étaient atteintes d'un cancer. Elles avaient plus de 65 ans. La moitié ont choisi de mettre fin à leur vie avec l’assistance d’un médecin traitant à la maison tandis que neuf l'ont fait à l'hôpital. Une autre personne est décédée dans un centre de soins palliatifs.

Parmi les demandes rejetées, M. Wright allègue que cinq patients avaient une maladie mentale sans autre condition. « [Les autres cas] ont été refusés parce qu'ils démontraient bien une maladie chronique, mais la mort n'était pas raisonnablement prévisible », spécifie-t-il.

Les régions rurales et éloignées desservies

L’équipe d’aide médicale à mourir, qui est située à Winnipeg, dessert toute la province. Pour des raisons de protection de la vie privée des patients, M. Wright ne peut divulguer où l'équipe est allée jusqu’à présent, mais il affirme que les membres du groupe de l’ORSW se déplacent dans les régions rurales et dans les communautés du Nord.

L'équipe est structurée de façon à pouvoir voyager à l'extérieur de Winnipeg, confirme-t-il. Un ou deux médecins, une infirmière, un travailleur social et peut-être un pharmacien se rendront dans un hôpital ou dans une résidence.

Grand plan sur le visage d'un homme. Le vice- président principal et médecin hygiéniste à l’Office régional de la santé de Winnipeg, Brock Wright Photo : Gracieuseté : ORSW

Le suivi des décès assistés

M. Wright précise que tous les décès assistés sont enregistrés à l’ORSW. Il ajoute que des modifications aux certificats de décès ont été approuvées pour indiquer que la personne est décédée à la suite d'un décès assisté : « Le certificat de décès vous permet maintenant de vous différencier et de déterminer qu'il s'agissait en fait d'un décès assisté. Cela n’était pas le cas au début, mais cela a été résolu. »

Objection de conscience

Trois hôpitaux religieux de Winnipeg ont exercé leur droit de s'opposer consciencieusement à fournir l’aide médicale à mourir, selon le vice-président principal de l’ORSW. Ces hôpitaux sont l’Hôpital Saint-Boniface, l’hôpital Concordia et l’hôpital Misericordia. L’ORSW discute avec des foyers de soins personnels à Winnipeg et en province pour bien identifier les prestataires qui n’offriront pas l’aide médicale à mourir.

Services d'expansion

L'ORSW travaille étroitement avec l'Université du Manitoba sur l’élaboration de modules éducatifs universitaires dans le cadre de l’aide médicale à mourir pour les étudiants en médecine. Bien que les modules ne seront pas obligatoires, M. Wright croit que cette formation permettra d’obtenir plus de médecins autorisés à effectuer la procédure de mort assistée.

La loi fédérale permet aussi aux infirmières praticiennes d'assurer l’aide médicale à mourir, mais M. Wright confirme qu'elles ne l'ont pas encore fait au Manitoba.

Chaque option examinée

M. Wright rappelle que les patients qui font une demande d’aide médicale à mourir sont soigneusement évalués et que chaque option est examinée. Deux évaluations distinctes sont effectuées. Le patient doit être mentalement compétent et une demande doit être faite par écrit.

« L'équipe remue ciel et terre pour s'assurer que toutes les autres options ont été mises à la disposition du patient. Que le diagnostic est clair, les options de traitement ont été fournies et de savoir qu’en réponse à la souffrance, ils ont accès aux soins palliatifs », conclut le médecin-hygiéniste.

Selon le reportage de Marianne Klowak, CBC News

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