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Où es-tu Gerry Roufs?

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Gerry Roufs au départ des Sables-d'Olonne le 3 novembre 1996

Gerry Roufs au départ des Sables-d'Olonne le 3 novembre 1996

Photo : vendeeglobe.org/Jacques Vapillon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a 20 ans, le Québécois Gerry Roufs disparaissait dans l'océan Pacifique Sud lors du Vendée Globe. La navigatrice française Isabelle Autissier, qui a mené seule les recherches pendant deux jours, fait le récit de la tempête dantesque qui a emporté à jamais le skipper montréalais.

Un texte d'Olivier Paradis-Lemieux

À la veille du départ du troisième Vendée Globe, une atmosphère de fête mêlée d’anticipation règne sur Les Sables-d’Olonne. Nous sommes le 2 novembre 1996. Gerry Roufs célèbre son 43e anniversaire avec les 15 autres concurrents qui s’apprêtent à prendre la mer pour ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance qui doit durer plus de trois mois. Skipper expérimenté ayant fait son nom dans les courses transatlantiques, le bouillant et jovial Montréalais, co-fondateur du Café Campus, participe à son premier Vendée Globe, l’Everest des courses au large. Il fait partie des prétendants à la victoire après avoir terminé 2e de la transat anglaise quelques semaines auparavant, une autre course en solitaire.

« Quand je vois Gerry, c'est Gerry avec son espèce de grand sourire assez hilare », se souvient Isabelle Autissier, devenue aujourd’hui écrivaine, conférencière et présidente du World Wide Fund France.

Le sentiment que je garde de lui, c'est quelqu'un qui aimait rire, qui aimait les potes, qui aimait faire la fête. Il représentait vraiment la génération des marins de cette époque là, parce que maintenant c'est plus conforme. Ils sont géniaux les jeunes marins de maintenant, mais c'est plus réglé. Lui, c'est quelqu'un qui avait beaucoup d'intuition marine, beaucoup de sens marin. Ce que j'ai vu quand on a navigué ensemble, c'est qu'il avait une vraie affinité avec la mer.

Isabelle Auttissier

Le lendemain, quand Gerry Roufs embarque sur son Groupe LG-2 mauve et vert mouillant dans le port français, le navigateur québécois connaît les risques de ces courses au large, comme tous les marins. Mais il ne se doute pas qu’il ne remettra plus jamais les pieds sur la terre ferme.

Douze des seize concurrents prenant part au troisième Vendée Globe sont réunis à la veille du départ, le 2 novembre 1996. Première rangée (de gauche à droite) : Patrick de Radiguès, Gerry Roufs, Éric Dumont, Nandor Fa, Isabelle Autissier, Yves Parlier, Catherine Chabaud et Marc Thiercelin. Deuxième rangée : Bertrand de Broc, Hervé Laurent, Pete Goss et Raphaël Dinelli. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Douze des seize concurrents prenant part au troisième Vendée Globe sont réunis à la veille du départ, le 2 novembre 1996. Première rangée (de gauche à droite) : Patrick de Radiguès, Gerry Roufs, Éric Dumont, Nandor Fa, Isabelle Autissier, Yves Parlier, Catherine Chabaud et Marc Thiercelin. Deuxième rangée : Bertrand de Broc, Hervé Laurent, Pete Goss et Raphaël Dinelli.

Photo : Getty Images / Marcel Mochet

La mer reprend ses droits

Au début de l’année 1997, cela fait déjà deux mois que la flotte de 16 monocoques s’est élancée des Sables-d’Olonne. Roufs navigue avec assurance en 2e position derrière l’éventuel gagnant, le Français Christophe Aguin. Devant Roufs, mais hors course après avoir été victime début décembre d’une avarie qui la force à se dérouter vers Le Cap pour réparer son safran, Isabelle Autissier tente de terminer néanmoins son troisième tour du monde. Derrière, 3 naufrages en 10 jours ont soulevé les inquiétudes de la flotte étirée sur des milliers de kilomètres. Les tempêtes se succèdent et gagnent en intensité dans le sud des océans Indien et Pacifique.

« C’était une mauvaise année dans le Sud », lâche simplement Isabelle Autissier avec le détachement d’un marin qui a navigué depuis plus de 50 ans sur toutes les mers du globe.

Le 25 décembre, pris dans une forte dépression, Raphaël Dinelli chavire et trouve refuge sur sa quille renversée où il sera secouru par un autre concurrent, Pete Goss. Puis, le 5 janvier, Thierry Dubois et Tony Bullimore, qui naviguent à quelques milles l’un de l’autre, chavirent eux aussi coup sur coup dans une mer tumultueuse. Dubois arrive à déclencher sa balise de détresse et à se hisser dans un radeau de survie. Bullimore reste quant à lui pris à l’intérieur de sa coque. Ils seront secourus près de quatre jours plus tard par la marine australienne. Mais à plus d’un millier de kilomètres à l’est, une dépression encore plus forte s’abat sur la tête de course dans la première semaine de janvier.

Des vagues hautes comme des montagnes

« On a moins de 100 milles d'écart [entre elle et Gerry Roufs], de mémoire. On n'est pas très loin l'un de l'autre, se rappelle Isabelle Autissier. La météo de course, la seule à laquelle nous avions droit à l’époque, nous dit 40 nœuds [de vent]. Donc 40 nœuds, ça nous fait rigoler, surtout au portant. Et puis, même s'il y en a un peu plus, mettons qu'il y en ait 50, ça commence à être vraiment du vent. Mais on a des bateaux qui sont faits pour se tailler 50 nœuds au portant s'il y faut. »

« On n'est pas du tout inquiet, ni l'un ni l'autre, poursuit la navigatrice. Alors évidemment, quand ce vent arrive, il va très vite monter très fort. Et il va très vite y avoir des conditions qui sont extrêmement dures. De mémoire, ce sont les plus dures que j'ai vues dans mon expérience de marin. Donc là, c'est moins rigolo, et on est un peu en survie l'un et l'autre. »

Les pointes de vent qu’enregistre alors Isabelle Autissier sont de 87 noeuds (161 km/h). Il n’est pas impossible de penser que la mer qu’affrontait Gerry Roufs était encore plus orageuse.

Là, pour le coup, on se remonte le moral. On se dit comment ça va toi? Est-ce que tu as des avaries, qu'est-ce que tu en penses? Est-ce que ça va se durer ce bordel?

Isabelle Autissier

Depuis qu’elle est hors course, la navigatrice profite de son statut de disqualifiée pour échanger plus régulièrement avec Christophe Aguin et Gerry Roufs par messagerie satellite que si elle faisait encore partie de la compétition.

« C'est toutes les deux-trois heures qu'on doit s'échanger un message moi et Gerry. Parce que l'un ou l'autre, on a peut-être quelque chose à faire, essayer de dormir, je ne sais pas quoi, même si je n'ai pas beaucoup dormi à ce moment-là. Ce n'est pas toutes les cinq minutes. Mais moi, c'est ça qui va m'alerter. »

Or, avant même que les communications ne s’interrompent avec le Québécois, Isabelle Autissier chavire à plusieurs reprises, la mettant sous alerte.

« Je mets carrément ma tête de mât sous l'eau. Ça devient grave. Chaque fois, le bateau se redresse, mais bon, c'est au moins cinq ou six fois que ça m'arrive. C'est vraiment vraiment violent. On était tous persuadés à l’époque que si le bateau se retournait, il reviendrait à l'endroit, qu'il n'y avait pas de raison qu'il reste à l'envers, parce qu'il avait beaucoup de tirant d'eau avec un lest en plomb assez important. Et que donc la mer qui le faisait bouger de tous les sens, si elle l'avait mis à l'envers, elle le remettrait à l'endroit. »

La navigatrice et écrivaine française Isabelle Autissier, présidente du WWF France, dans le port de La RochelleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La navigatrice et écrivaine française Isabelle Autissier, présidente du WWF France, dans le port de La Rochelle

Photo : Getty Images / Xavier Leoty

Les incidents sur ce Vendée Globe montrent bien que la confiance des marins et des architectes envers les monocoques de l’époque était surfaite. De nombreuses modifications ont depuis été apportées aux 60 pieds - certaines d’ailleurs par Isabelle Autissier vont lui sauver la vie deux ans plus tard - qui doivent maintenant réussir un test de retournement pour être homologués.

« Après avoir chaviré, je lui envoie un message : "Attends, moi je viens de chavirer, de cabaner deux fois, et toi?" Et puis, il ne répond pas. Alors, je me dis qu'il a peut-être autre chose à faire. Et puis, au bout de deux heures, trois heures, quatre heures, il ne me répond toujours pas. Alors, moi, je commence à trouver ça un peu inquiétant parce que si en quatre heures, il n'a pas trouvé cinq minutes pour m'envoyer un message, c'est peut-être qu'il est dans la merde, qu'il a démâté. Je ne me dis pas qu'il s'est mis à l'envers, mais je me dis qu'il a peut-être une avarie, et que c'est pour ça qu'il ne me répond pas. Mais comme je vois la violence des éléments, je suis quand même un peu inquiète pour lui. »

Dans les eaux déchaînées du Pacifique Sud, « les vagues ne sont plus des vagues, elles sont hautes comme les Alpes », a le temps d’écrire Gerry Roufs à la direction de course dans une dernière communication. Après, c’est le silence.

« Avant la nuit, quand même, vers 16-17 h, j'envoie un message à la direction de course, à Philippe Jeantot, et je lui dis : "Philippe, je suis un peu inquiète, ça fait quatre à cinq heures que je n'ai pas de nouvelles de Gerry, et vraiment, c'est la guerre." »

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Gerry Roufs en 1996

Reportage du 8 janvier 1997 sur les difficultés de Gerry Roufs

Photo : Reuters

Isabelle Autissier ne reçoit pas encore d’indication de se dérouter pour aller porter secours à Gerry Roufs. De toute façon, insiste-t-elle, dans de telles conditions, il n’y a rien qu’on puisse faire.

« Ce qu'il faut bien voir, c'est que ce sont des situations dans lesquelles on est dans une impuissance totale. On ne peut même plus aller sur le pont, c'est beaucoup trop dangereux. Ça déferle dans tous les sens. Il y a un mètre d'eau en permanence sur le pont. Le bateau chavire. On est enfermés à l'intérieur. À la fin, j'ai fini par m'attacher pour arrêter de voler. Je m'étais cassé le doigt en volant, ce qui n'est pas très grave, mais c'est violent quand même. On est quand même très impuissant. Dans le petit hublot, on regarde les vagues qui arrivent, qui sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Donc, de toute façon, on ne peut rien faire à ce moment-là. Il n'y a plus rien à faire. »

Pendant la nuit, Isabelle Autissier somnole comme elle peut, constamment réveillée par des vagues déferlantes qui peuvent dépasser les 15 mètres de creux. Roufs ne répond toujours pas.

Seuls au monde

La balise du Groupe LG 2 cesse officiellement d’émettre le 7 janvier 1997. La dernière position connue du bateau piloté par le Montréalais est 55°01'18,1"S 124°22'30.0"O, soit au beau milieu de nulle part dans l’océan Pacifique Sud. Le point Nemo, l’endroit du globe le plus éloigné de toute terre, est à seulement 600 km. La côte la plus proche est à plus de 2500 km. Dans la zone où le Montréalais disparaît, il n’y a qu’un seul autre être humain à des centaines de kilomètres à la ronde, son amie et ancienne équipière en 1993, Isabelle Autissier.

« Il n'y a pas de navire de commerce parce que comme il n'y a pas de terre, il n'y a pas de port, ils ne passent pas par là. Il n'y a personne que nous, que les coureurs. Ça ne fait pas grand monde quand même. »

Dernière position connue de Gerry Roufs 

Recherches et vaines espérances

« Vers 11 h du matin le lendemain - j'avais alerté vers 17 h la veille, c'est donc vachement tard - je reçois un message de la course me disant : "On n'a plus de nouvelles de la balise de Gerry depuis à peu près ce temps-là." Est-ce que tu peux faire demi-tour pour essayer de remonter sur sa position. »

Depuis la veille, Isabelle Autissier a continué de s’éloigner de la zone. Même sans voile, juste avec le mât, le vent souffle si fort qu’elle avance à 15 nœuds. Au matin, la tempête s’est calmée un peu, mais les vents soufflent encore à plus de 60 nœuds. Impossible pour la skipper de remonter contre le vent dans ses conditions. Elle doit attendre encore plusieurs heures avant de finalement pouvoir entamer les recherches.

« À ce moment-là, je commence à penser qu'il s'est peut-être retourné. Comme moi j'ai failli me retourner. Là, je commence à me dire, c'est peut-être ce qu'il lui est arrivé. Et donc, je me dis, pas forcément qu'il est resté à l'envers, mais que sûrement, il a démâté. Il faut que je cherche un bateau qui est très bas sur l'eau et qui est de la même couleur que les vagues. Le pont il est crème, blanc, ou un peu verdâtre. Il était un peu vert, celui de Gerry, c'est la même couleur que les vagues. C'est super dur à voir quand il y a du brouillard, de la flotte, des embruns, et qu'on ne voit pas à un demi-mille devant soi. »

L’autre problème, à l’époque, était que la balise du navire ne pouvait émettre à travers la coque, de telle sorte qu’une fois le bateau retourné, il était impossible de connaître sa position même s’il n’avait pas coulé. Pour se diriger, Isabelle Autissier reçoit des instructions du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d'Étel, en France (la zone où ils se situent échappe à toutes les juridictions internationales). Le CROSS calcule de possibles trajectoires de dérive en fonction des courants et de la dernière position connue de Gerry Roufs, mais d’heure en heure, la zone de recherche ne fait que s’agrandir.

« Au bout de deux jours, le temps devient meilleur, je fais à peu près route vers les positions supposées. Mais enfin, vous imaginez en deux jours comment la zone devient démente à prospecter. Mais à un moment ils [le CROSS] m'envoient un message, il y a une autre dépression qui arrive. Il ne faut pas rester là, surtout contre le vent, reprenez votre route. Dégagez de la trajectoire de la dépression. »

La navigatrice refuse d’obtempérer. Quitter la zone de recherche, c’est accepter qu’elle ne revoie plus jamais vivant le Québécois.

« C'est vrai que là, je ne le fais pas. C'est bizarre parce que depuis deux jours, je me rends bien compte que je ne sers à rien. Je vois bien que les conditions se sont un peu améliorées et qu'après, je vois un peu mieux et j'avance un peu mieux. Mais bon, je vois bien que ça devient immense. Même si on me dit de le faire, ce n'est pas une décision qu'on a envie de prendre. On imagine toujours... qu'on ne sait jamais... que par une chance incroyable, on va tomber dessus. Après, j'ai un autre message du CROSS parce qu'ils voient ma position et qu'ils voient que je n'ai pas fait demi-tour. Et là ils me disent, faites ce qu'on vous dit. On n'a pas envie de chercher deux bateaux. S'il vous plaît, reprenez votre route. C'est comme ça que ça s'appelle. Et donc là, je le fais. »

C'est ça le plus mauvais moment, psychologiquement, parce que tant qu'on cherche, même si on a très peu de chances, on est dans une logique d'essayer, de faire quelque chose. Quant au moment où on fait demi-tour, on se dit, voilà, j'arrête. Et je sais qu'il n'y a personne derrière. C'est fini quoi. Personne ne va le chercher. Ça, c'est vraiment difficile. C'est mon plus mauvais souvenir de mer de toute ma vie de marin. Ce moment-là. Je ne l'ai pas trouvé, puis ça se finit là, et je reprends ma route. C'est dur.

Isabelle Autissier

Dans les jours suivants, deux autres marins prenant part au Vendée Globe, Éric Dumont et Marc Thiercellin, écumeront la zone à la recherche de l’embarcation de Gerry Roufs, sans succès, avant de devoir, eux aussi, inévitablement reprendre leur route.

« J'étais très mal à ce moment, raconte Isabelle Autissier, qui dépassait le cap Horn quelques jours plus tard. Je me suis beaucoup reposée sur ma famille et sur mon équipe pendant plusieurs jours. Pendant près d'une semaine, je ne voyais plus très bien ce que je faisais là. Et je crois qu'après, je me suis remotivée petit à petit, par rapport à la mer, à mon projet, à mon histoire. J'avais pris un engagement, faire le tour du monde le plus vite possible, il faut que je le tienne, il faut que j'y aille. Quels que soient mes états d'âme, mes tristesses, il faut que je continue parce que la vie continue. »

Le deuil impossible de Michèle Cartier

Isabelle Autissier arrive aux Sables-d’Olonne le 21 février 1997. Depuis un mois et demi, la femme de Gerry Roufs, Michèle Cartier, s’échine à convaincre les autorités internationales de poursuivre les recherches afin de retrouver son mari. Une fondation a été mise sur pied pour recueillir des fonds, l’attention médiatique est soutenue pendant des semaines au Québec comme en France. Mais pour la navigatrice, il n’y avait aucun espoir de retrouver le Montréalais vivant.

« C'était assez dur quand je suis rentrée. J'ai parlé pas mal avec Michèle, sa femme, mais je sentais qu'elle, elle continuait à avoir de l'espoir, et elle a continué à mener des recherches pendant longtemps. Mais moi, en tant que marin, je savais que c'était fini. Je savais que ce n'était pas possible, mais ce n'était pas possible que je lui dise. Je pouvais seulement lui dire : "tu sais, il n'y a pas beaucoup d'espoir", lui expliquer les conditions... Mais je ne pouvais pas l'empêcher de s'accrocher à quelque chose. On ne peut pas asséner les choses de manière aussi brutale, mais c'est évident que du moment où j'ai fait demi-tour et où il n'y avait plus personne qui allait le chercher, pour moi, c'était clair que c'était fini. »

Mon compagnon disparaîtrait en mer, je pense que je le chercherais pendant des semaines et des semaines.

Isabelle Autissier

La quille retournée du Groupe LG 2 sera finalement repérée par un avion de la marine chilienne en juillet et son épave sera retrouvée un an plus tard, en août 1998, sur l’île d’Atalaya, au Chili. Le corps de Gerry Roufs n’a jamais été retrouvé.

Gerry Roufs sur le pont du Groupe LG2 dans le port des Sables-d'Olonne le 1er novembre 1996Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gerry Roufs sur le pont du Groupe LG2 dans le port des Sables-d'Olonne le 1er novembre 1996

Photo : Getty Images / Marcel Mochet

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