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La nouvelle loterie de l'immigration fait des mécontents

Olena Stetskevych souhaite faire immigrer ses parents ukrainiens au Canada.

Olena Stetskevych souhaite faire immigrer ses parents ukrainiens au Canada.

Photo : Radio-Canada / Robyn Miller

Radio-Canada

Le recours au tirage au sort pour réunifier les familles immigrantes, une mesure annoncée à la mi-décembre par le gouvernement fédéral, déçoit énormément Olena Stetskevych.

La résidente d'Ottawa, qui tente de faire venir ses parents d'Ukraine, prévoyait soumettre sa demande de parrainage cette année. Elle ainsi que tous ceux qui soumettent leur dossier doivent maintenant se croiser les doigts avec l'arrivée du nouveau système fédéral.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada estime que ce nouveau système est plus juste, plus transparent et qu'il améliorera l'accès au processus de demande.

Le ministère choisira au hasard 10 000 parrains, qui seront ensuite invités à remplir le dossier de leur famille à l'étranger dans les 90 jours suivants.

« Une loterie ne peut jamais être plus juste. C'est un jeu, c'est une question de chance », déplore Mme Stetskevych en anglais.

Arrivée au Canada en 2010 avec son mari, celle qui est fille unique dit vouloir faire venir ses parents au Canada le plus rapidement possible.

Ce nouveau système de loterie est aussi dénoncé par l'organisme Accueil-Parrainage Outaouais (APO) parce que les personnes qui veulent parrainer un parent doivent se porter garantes financièrement de lui pendant 20 ans.

« Pour être réellement équitable et transparent, soit on donne à tout le monde le droit, ou on ne le donne à personne », estime Bato Redzovic, le directeur général d'APO.

Mais le changement de règle depuis son arrivée lui laisse un goût amer et change sa perception du pays. Elle a maintenant l'impression d'abandonner ses parents.

Si j'avais su que les règles de parrainage allaient changer comme ça, que je ne pouvais plus garantir de pouvoir faire immigrer mes parents, je ne serais pas venue au Canada.

Olena Stetskevych, résidente d'Ottawa

D'autres cas semblables

De nombreux autres nouveaux arrivants partagent la frustration d'Olena Stetskevych, selon l'avocate spécialisée en immigration Tamara Mosher-Kuczer, du cabinet Capelle Kane, d'Ottawa.

« Tous ceux qui planifiaient de parrainer des proches sont dans cette situation. Plutôt que de soumettre une demande en début d'année, ils sont plutôt redirigés vers une loterie dans l'espoir de pouvoir le faire », indique l'avocate.

Me Mosher-Kuczer avance que le nouveau formulaire simplifié en ligne pourrait faire en sorte que des gens, qui ne sont pas admissibles au parrainage, pourraient tout de même être tirés au sort pour soumettre une demande formelle.

« Il y a toujours des gens qui postulaient sans être admissibles, mais on a moins tendance à le faire si on n'est pas prêts longtemps à l'avance », souligne-t-elle.

Les demandes de parrainage prennent des mois à remplir, ajoute l'avocate, qui sympathise avec les futurs parrains.

Me Mosher-Kuczer estime par ailleurs que la limite de 10 000 demandes par année est une bonne idée, parce que les retards accumulés dans leur traitement sont devenus irrattrapables, selon elle.

« Certains attendaient, sept, huit ou neuf ans pour faire traiter les demandes de leurs parents ou de leurs grands-parents. [...] Ils sont plus vieux et, malheureusement, certains décèdent avant de voir leur dossier terminé », raconte-t-elle.

Le gouvernement fédéral soutient qu'il réduira de moitié le temps de traitement des demandes de réunification des couples, le faisant passer en moyenne de deux ans à un an.

Ceux qui n'auront pas été choisis par la loterie cette année pourront tenter de nouveau leur chance en 2018.

Avec les informations de CBC.ca

Ottawa-Gatineau

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