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Troisième attentat en autant de jours en Irak

La carcasse de la voiture piégée qui a explosé dans le quartier de Sadr City à Bagdad, en Irak

La carcasse de la voiture piégée qui a explosé dans le quartier de Sadr City à Bagdad, en Irak

Photo : Reuters / Ahmed Saad

Reuters

Le groupe armé État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat à la voiture piégée qui a fait 24 morts et 67 blessés lundi sur une place très fréquentée du quartier de Sadr City à Bagdad.

L'agence d'informations Amaq, site lié à l'EI, déclare dans un communiqué diffusé sur Internet que l'attaque visait un rassemblement de musulmans chiites, que l'organisation fondamentaliste sunnite considère comme des apostats.

La place est connue pour être un lieu de rassemblement des travailleurs journaliers. Parmi les victimes figurent neuf passagères d'un minibus.

Quatre autres attentats, dont plusieurs ont également été revendiqués par l'EI, ont fait neuf morts de plus dans la capitale, ce qui porte le bilan des trois derniers jours à plus de 60 tués.

L'organisation parle lundi de représailles pour « le bombardement répété de centres de soins dans la province de Ninive » par la coalition sous commandement américain.

Bien qu'attaqués depuis près de trois mois à Mossoul, chef lieu de la province de Ninive et dernier fief urbain du mouvement, qui a perdu la plupart des territoires dont il s'était emparé en 2014 dans le nord et l'ouest de l'Irak, les djihadistes restent donc en mesure d'agir à Bagdad et ailleurs.

Dimanche, sept policiers sont morts dans l'attaque d'un barrage de sécurité près de Nadjaf, dans le sud du pays, revendiquée par les djihadistes.

« Les terroristes tenteront d'attaquer des civils afin de faire oublier leurs pertes, mais nous garantissons au peuple irakien et à la communauté internationale que nous serons capables de mettre fin au terrorisme », a déclaré le premier ministre Haïdar Al-Abadi après un entretien avec François Hollande, venu apporter son soutien aux forces engagées sur le terrain contre l'État islamique.

État islamique, le règne de la terreur  

Depuis le 17 octobre, début de l'offensive sur Mossoul, les forces gouvernementales irakiennes et leurs alliés ont repris environ un quart de la grande ville du nord avec l'appui des États-Unis. Haïdar Al-Abadi affirme que Daech pourrait être chassé du pays en avril.

Lundi, le Service de contre-terrorisme (CTS) a fait sauter plusieurs voitures piégées des djihadistes avant qu'elles n'atteignent leur but et établi la liaison avec les forces de réaction rapide, une autre unité d'élite, qui dépend du ministère de l'Intérieur, a déclaré un porte-parole du CTS.

Le CTS s'emploie également à sécuriser Karma-Nord, le quatrième quartier de la ville qu'il a capturé aux djihadistes depuis la reprise de l'offensive sur Mossoul jeudi 29 décembre, après une pause opérationnelle de plusieurs semaines.

L'armée américaine a par ailleurs annoncé la mort d'un membre de la coalition dans un incident « sans rapport avec les combats ». On ignore sa nationalité et les circonstance de son décès.

Loin du front de Mossoul, l'EI a attaqué plusieurs positions progouvernementales et coupé un axe important reliant Mossoul à Bagdad.

Les djihadistes ont attaqué un casernement près de Baïdji, à 180 kilomètres au nord de Bagdad, tuant quatre militaires et blessant 12 personnes, notamment des combattants de tribus sunnites, apprend-on auprès de la police et de l'armée.

Ils se sont emparés d'armes à cette occasion et ont effectué des tirs de mortier non loin de là, à Chirkat, contraignant les forces de sécurité à imposer un couvre-feu et à fermer des écoles et des bureaux, indiquent les autorités locales et les forces de l'ordre.

À la suite de ces attaques, l'EI a pris le contrôle de trois barrages de sécurité sur la route qui relie Baïdji et Chirkat, selon le maire de Chirkat, Ali Dodah. Les tirs de mortiers à Chirkat ont coûté la vie à deux enfants, a-t-il précisé au
téléphone.

Par ailleurs, des tireurs ont fait irruption dans un village près d'Oudhaïm, à 90 kilomètres au nord de Bagdad, où ils ont exécuté neuf combattants tribaux sunnites en leur tirant une balle dans la tête, apprend-on de source médicale et policière.

Dans le même secteur, trois combattants de milices chiites progouvernementales ont été tués et sept blessés lors de l'attaque de leurs positions près d'Oudhaïm, indique la police.

International