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La question des oléoducs, nouvelle économique de l'année 2016

Le pipeline Trans Mountain

Le pipeline Trans Mountain

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le débat de plus en plus polarisant sur le développement de projets d'oléoducs, les avantages économiques qu'ils pourraient engendrer et les craintes qu'ils suscitent sur le plan environnemental a été couronné Nouvelle économique de l'année 2016 par La Presse canadienne.

Cet enjeu a été désigné au terme d'un sondage annuel mené dans les salles de presse des quatre coins du pays. Le vote a été serré, alors que seulement un vote sépare la nouvelle gagnante du sujet qui termine deuxième, le marché immobilier.

Le débat sur les oléoducs a récolté sept votes, alors que le marché immobilier s'en est attiré six. La taxe sur le carbone et l'incendie de forêt qui a ravagé la région de Fort McMurray (Nouvelle fenêtre), en Alberta, ont obtenu quatre votes chacun.

Le premier ministre Justin Trudeau a donné son feu vert, cette année, au projet d'oléoduc Trans Mountain, en Colombie-Britannique, et au remplacement de la Ligne 3 d'Enbridge. Il a également rejeté le projet Northern Gateway et annoncé l'imposition d'un prix national sur le carbone.

« Dans le débat entre l'économie et l'environnement, la décision du gouvernement Trudeau n'a pas seulement d'énormes conséquences politiques, mais a aussi généré un débat et des manifestations sur les droits des peuples autochtones qui ont terni l'image des libéraux », a dit le rédacteur en chef du quotidien « Winnipeg Free Press », Paul Samyn.

L'approbation de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan doit permettre le transport de pétrole d'Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique, et représente la décision la plus controversée prise par Justin Trudeau depuis son arrivée au pouvoir.

L'opposition au projet a suscité de nombreuses manifestations, débouché sur des contestations judiciaires et mis à l'épreuve les relations entre Ottawa et les provinces. Ces questions risquent de faire les manchettes encore en 2017. « C'est l'année du point critique, croit le directeur de recherche adjoint de l'Institut C.D Howe, Benjamin Dachis. C'est l'aboutissement de plusieurs années de débat sur des changements de politiques. »

Paul George manifeste contre le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan le 29 novembre 2016 à Vancouver.

Paul George manifeste contre le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan le 29 novembre 2016 à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Un débat d'un bout à l'autre du pays

D'est en ouest, le débat sur la construction ou non d'oléoducs pour alimenter le marché international du pétrole a mis en scène des maires, des premiers ministres et des leaders de communautés autochtones qui se sont affrontés au cours d’échanges animés.

L'évaluation du projet Énergie Est a aussi fait les manchettes cette année, surtout lorsque le processus a été mis sur la glace, en août, dans la foulée de soupçons de partialité des commissaires de l'Office national de l'énergie (ONÉ).

S'il se concrétise, le projet permettra, à terme, le transport de pétrole brut de l'Alberta jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec.

En outre, le projet Keystone XL qui semblait avoir été relégué aux oubliettes il y a un an s'est vu insuffler un second souffle par l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Justin Trudeau a indiqué, plus tôt ce mois-ci, qu'il était toujours favorable à cet oléoduc, qui permettrait d'acheminer du pétrole albertain jusqu'aux raffineries du Texas.

L'immobilier bon deuxième

Le secteur immobilier s'est aussi retrouvé à l'avant-plan du radar médiatique cette année, dans la foulée de nombreuses inquiétudes face à la flambée des prix, particulièrement à Vancouver et à Toronto, et un possible effondrement du marché du logement.

Un panneau « À vendre » dans la région du Grand Vancouver

Un panneau « À vendre » dans la région du Grand Vancouver

Photo : Radio-Canada / Christer Waara

« Le marché immobilier a servi de pilier économique pendant que les autres vecteurs économiques sont tombés en bord de route. La confiance dans le secteur de l'habitation a seulement suscité des craintes quant aux niveaux d'endettement des ménages, aux barrières à l'entrée, à l'investissement étranger et à un risque de correction [du marché] », a souligné le rédacteur en chef de la chaîne télévisée Business News Network, Noah Zivitz.

Des gouvernements de différentes juridictions ont tenté de contrôler les coûts tout en se gardant de heurter ce secteur qui est à la base de l'économie canadienne. En Colombie-Britannique, la première ministre Christy Clark a imposé, à la surprise générale, une taxe de 15 % aux acheteurs étrangers de propriétés dans la grande région de Vancouver. L'administration de cette ville a pour sa part prévu une taxe sur les résidences vacantes.

Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones