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Intelligence artificielle : hier menace pour l’humanité, aujourd’hui majordome

Série de 0 et de 1 mise en couleur
Représentation artistique du code informatique Photo: Radio-Canada / Martin Lessard
Martin Lessard

On se rappelle qu'il y a un peu plus d'un an, l'intelligence artificielle (IA) était censée détruire le monde. Aujourd'hui, elle le sauvera. Quel retournement. Nuançons.

Sur son blogue, hier soir, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a dit avoir programmé une intelligence artificielle pour contrôler sa maison. Il l’a nommé affectueusement Jarvis, comme le majordome d’Iron Man.

Son Jarvis contrôle les lumières, la température, la chaîne stéréo et bien d’autres appareils électroniques dans sa maison (y compris le grille-pain).

Étonné, il a exprimé avec quelle facilité il a pu programmer le tout. Il n’a pas eu de mal à utiliser les dernières avancées en reconnaissance vocale et faciale et en apprentissage-machine (machine learning). « Le plus long, écrit-il, ça a été de brancher physiquement tous les systèmes de la maison ».

En fait, aujourd’hui, créer un système utilisant une intelligence artificielle est peut-être la partie la moins compliquée.

IA, une menace?

De menace pour l'humanité en 2015, l’intelligence artificielle est devenue un avantage concurrentiel en 2016. Il n'y a qu'à voir toutes les nouveautés technologiques qui se vantent d'utiliser l'IA maintenant.

La crainte s’est dissipée au fur et à mesure que les grands du réseau (Facebook, Google et Microsoft) se sont mis à faire part au public de leurs recherches et de leurs plateformes de développement en IA.

L’IA ne montre aucune intention de contrôler le monde, au sens où on l’entend d’habitude dans les films de science-fiction. Tout au plus, elle cherchera à bien contrôler ce qu’on lui dit de contrôler, comme pour le Jarvis de Zuckerberg.

Ce que le billet de Zuckerberg montre en filigrane, c’est que n’importe qui (OK, pas n’importe qui) peut aujourd’hui construire un programme d’intelligence artificielle. Avec un peu de débrouillardise de la part de son programmeur, l’IA est capable d’automatiser une tâche, une routine et une prise de décision.

Ne soyons donc pas surpris si de plus en plus de compagnies proposent mille et un trucs utilisant l’IA dans les prochaines années.

Distinction entre l’IA forte et l’IA faible

Il existe deux types distincts d’intelligence artificielle, soit l’IA forte et la faible.

La première est une hypothétique IA dotée d’une faculté d’apprentissage ressemblant à celle des humains (qui comprend possiblement quelque chose qui s’apparente à une conscience), alors que la seconde, très réelle, ressemble davantage aux systèmes experts et est fortement spécialisée dans un domaine, mais est inculte dans les autres.

Le premier type d’IA donne la chair de poule, mais il est loin d’être une réalité. Le second deviendra aussi banal qu’un site web.

La comparaison avec les sites web (pour l’IA faible) n’est pas si farfelue. La mise en place d’un site Internet est devenue moins complexe avec les années. Certains sites sont aujourd’hui mis en ligne avec un simple clic, tandis que d’autres demandent un peu plus de connaissances; quelques sites restent encore très complexes à bâtir. Tout dépend de leur finalité, mais il y a en a pour tous les goûts.

L’intelligence artificielle, du moins celle utilisant l’apprentissage-machine et les réseaux de neurones artificiels, fera partie de nos vies d’une façon ou d’un autre, comme les sites web.

Catégories d’application de l’IA

Dans plusieurs domaines, où la tâche est répétitive et l’environnement constant, surtout si le travail ne demande qu’un minimum d’effort cognitif, il faut s’attendre à ce que l’IA vienne perturber les entreprises.

Il reste néanmoins que le véritable défi réside, comme pour le Jarvis de Zuckerberg, dans son « branchement physique avec les divers appareils du système ».

Il est possible de voir cinq catégories d’applications où l’IA excelle :

  • Moteur de recommandations : les suggestions de contenus similaires à ce qu’on cherche permettront de trouver de nouveaux contenus dans l’océan infini de contenus.
  • Détection d’anomalies : Que ce soit dans le domaine des finances, des assurances ou dans le monde de la technologie, soit là où il y a beaucoup de données, les statistiques permettent de détecter ce qui s’écarte anormalement de la moyenne et même, avec une bonne probabilité, de prévoir une défaillance (pour un serveur, par exemple).
  • Analyse de sentiment : L’interaction entre l’humain et la machine demande de prendre en compte les sentiments de la personne. Un robot conversationnel ou un objet connecté, surtout si l’interaction passe par une commande vocale, visuelle ou gestuelle, doit interpréter l’état émotionnel de son interlocuteur pour répondre adéquatement (si monsieur est fâché, la réponse ne devrait pas être la même).
  • Outil de catégorisation : Le classement des mots, des sons et des images en catégories sera automatisé plus facilement et permettra à la machine de faire un premier tri (ce courriel est du pourriel, la voix est celle d’un ami, dans cette vidéo, le trafic est fluide) et permettra à des opérateurs d’effectuer le travail de 10 ou de 1000 de leurs collègues.

Si l’on assemble les catégories, on commence à avoir une IA qui a un réel pouvoir de changer la donne.

Des Jarvis partout

On devrait peut-être plus parler de Jarvis. Comme Zuckerberg, des milliers de programmeurs sont en train d’assembler diverses applications de l’IA, des Jarvis, qui envahiront le monde.

La présence de Jarvis comme outil de tous les jours, à la maison ou au travail, augmentera dans les prochains cycles d’innovation technologique.

L’avantage de l’IA, en ce moment, est à celui ou celle qui sait comprendre comment un Jarvis, assemblé à partir des catégories proposées plus haut, peut se brancher à vos systèmes, à la maison ou dans votre entreprise.

C’est là que réside la véritable intelligence.

Techno