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Coups de feu dans Kinshasa à l'expiration du mandat de Kabila à la tête de la RDC

Manifestation contre le président Kabila dont le mandat se terminait le 19 décembre 2016

Manifestation contre le président Kabila dont le mandat se terminait le 19 décembre 2016

Photo : Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des coups de feu ont retenti dans la nuit de lundi à mardi dans Kinshasa, où des manifestants réclament le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré à minuit.

Des journalistes de Reuters déployés dans différents quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) ont fait état de tirs répétés. Un groupe de jeunes manifestants a incendié des pneus, a rapporté l'un d'eux.

Dans les quartiers de Kalamu, Matete et Lingwala ainsi que sur le campus de l'université de Kinshasa, des manifestants ont utilisé des sifflets pour signaler à Kabila que l'heure était venue pour lui de quitter le pouvoir.

« Le mandat de Kabila se termine à 23 h 59. Demain, ce sera le chaos », a prédit Hugue Ilunga, un jeune manifestant de 21 ans.

La tension était déjà montée d'un cran dans la journée dans la capitale, où des centaines de personnes ont bravé l'interdiction de manifester contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, à la tête du pays depuis l'assassinat de son père, en 2001. L'élection présidentielle qui devait permettre de trouver son successeur a été repoussée au moins à avril 2018.

De nombreux magasins sont restés fermés lundi, et le trafic routier était inhabituellement fluide dans la métropole de 12 millions d'habitants où la présence des forces de sécurité était particulièrement visible.

Les jeunes activistes congolais disent s'inspirer du Burkina Faso, où d'immenses manifestations de rue ont entraîné en 2014 la chute du président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir.

« Flirt inutile avec la catastrophe »

Comme au Burkina Faso, le mécontentement des Congolais est alimenté par les difficultés économiques. La baisse du cours des matières premières a contraint le gouvernement à des coupes budgétaires et entraîné une chute de 30 % de la monnaie nationale.

Les autorités congolaises expliquent que le scrutin n'a pu être organisé dans les temps du fait de difficultés logistiques et financières. La Cour constitutionnelle a jugé que Kabila pouvait poursuivre son mandat tant qu'une élection n'aurait pas eu lieu.

Une partie de l'opposition accuse pour sa part Kabila de chercher à se maintenir au pouvoir en dépit de la limitation constitutionnelle de l'exercice du pouvoir présidentiel.

Des diplomates ont exhorté le président congolais à se retirer pour éviter une crise politique majeure, voire une nouvelle guerre civile à l'image du conflit de 1996-2003 qui a fait des millions de morts.

Tom Perriello, émissaire des États-Unis pour l'Afrique des Grands Lacs, a dénoncé la semaine dernière un « flirt inutile avec la catastrophe » tandis que la Belgique, ancienne puissance coloniale, conseillait à ses ressortissants de quitter le pays.

Dans un signe apparent d'apaisement, l'administration a annoncé à la télévision nationale la création de 17 postes ministériels supplémentaires, portant à 65 le nombre de ministres, dont un grand nombre réservé à des membres de l'opposition.

Depuis l'indépendance, en 1960, l'ex-Zaïre n'a pas connu de transition politique pacifique.

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