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Communauté LGBTQ chez les Autochtones: les personnes bispirituelles « retrouvent leur voix »

Radio-Canada

Malgré une vie de combats et de changements, la communauté LGBTQ s'affiche de plus en plus au pays. Toutefois, la bispiritualité, ce qui représente sensiblement les membres de la communauté LGBTQ chez les Autochtones, attire encore son lot de questions et de jugements, indiquent certaines personnes bispirituelles.

Un reportage de Patrick Foucault

Wesley Keewatin, un Autochtone bispirituel de Regina, définit les personnes comme lui comme « ayant à l'intérieur de soi à la fois un esprit féminin et un esprit masculin ».

Wesley Keewatin, autochtone bispirituel et directeur des interventions à l'organisme All Nations Hope de Regina, s'adresse à notre journaliste.

Wesley Keewatin, autochtone bi-spirituel et directeur des intervention à l'organisme All Nations Hope de Regina.

Photo : Radio-Canada / Josh Vogt

Celui qui est directeur des interventions à l'organisme All Nations Hope de Regina, qui vient en aide aux Autochtones dans le besoin, explique qu'il y a des années, avant l'époque de la colonisation, les personnes bispirituelles étaient perçues comme étant des individus avec des dons de guérison. Par contre, la discrimination a ensuite pris toute la place de l'acceptation. Cependant, de nos jours, il remarque une importante amélioration des mentalités.

« J'ai su toute ma vie que j'étais différent, que j'étais bispirituel », raconte Wesley Keewatin. « Depuis plusieurs années, c'est beaucoup moins difficile. »

Enfin, nous retrouvons notre voix à nouveau.

Wesley Keewatin, Autochtone bispirituel

Premier défilé de la fierté dans une réserve : un premier pas positif

Wesley Keewatin se rappelle avec un grand sourire le défilé de la fierté cet été dans la Première Nation Beardy's and Okemasis, à environ 70 kilomètres au sud-ouest de Prince Albert.

De nombreuses personnes défilent aux couleurs de la communauté LGBTQ dans la Première Nation Beardy's and Okemasis.

Le tout premier défilé de la dans une réserve autochtone en Saskatchewan s'est déroulé cet été.

Photo : CBC / Devin Heroux

Il s'agissait du tout premier défilé sur une Première Nation en Saskatchewan.

« C'était tellement un bel événement », se souvient Wesley Keewatin.

Il soutient que ce genre de célébration et une excellente manière de faire parler de la communauté bispirituelle.

Cet événement avait fait beaucoup parler dans les médias, tout comme la visite de l'actrice canadienne Ellen Page dans un rassemblement bispirituel à Batoche, dans le centre de la Saskatchewan.

Dans le cadre de la réalisation de son documentaire pour le média américain Viceland, la militante pour les droits de la communauté LGBTQ a fait le portrait d'un tel rassemblement, que des personnes bispirituels organisent annuellement dans un endroit différent.

« Ces rassemblements sont tellement beaux, nous en avons besoin », reconnait Wesley Keewatin.

Plus difficile d'être bispirituel en réserve

Même si la situation s'améliore, des autochtones bispirituels reconnaissent que tout n'est pas rose.

Wesley Keewatin affirme qu'il est plus difficile pour les bispirituels vivants dans des réserves d'être acceptés.

C'est pourquoi il aimerait voir davantage d'éducation.

J'aimerais qu'on en parle dans les écoles, qu'il y ait un cours d'introduction à la bispiritualité dès un jeune âge.

Wesley Keewatin

Il croit que davantage de sensibilisation serait également bénéfique.

L'enseignante Jacinthe Hodgson s'adresse à notre journaliste.

L'enseignante Jacinthe Hodgson.

Photo : Radio-Canada / Dann McKenzie

À l'École secondaire Campbell Collegiate de Regina, où il y a une alliance gai-hétéro pour tous les élèves, la bispiritualité n'est pas encore abordée.

Mais ça ne semble être qu'une question de temps, soutient une enseignante responsable de l'alliance.

« Présentement, nous n'en parlons pas », explique Jacinthe Hodgson. « Mais comme le but de notre commission scolaire est d'inclure les Amérindiens ou les Autochtones, dans tout l'aspect de notre éducation, c'est définitivement quelque chose qu'on va regarder cette année. »

Certains enseignants qui ont préféré ne pas s'adresser à la caméra ont avoué que les jeunes sont de plus en plus intrigués par bispiritualité.

Ce qui, d'après Wesley Keewatin, est un pas dans la bonne direction pour l'acceptation de cette partie de moins en moins effacée de la communauté LGBTQ.

Le Canada se démarque

Leo Koziol, producteur bispirituel de films de la Nouvelle-Zélande, s'adresse à notre journaliste.

Leo Koziol, producteur bi-spirituel de films de la Nouvelle-Zélande.

Photo : Radio-Canada / Dann McKenzie

Un producteur bispirituel de films de la Nouvelle-Zélande, de passage en Saskatchewan, se dit impressionné par l'acceptation envers la bispiritualité au Canada.

Leo Koziol est un Autochtone faisant partie de la population des Maoris. Chez lui, le terme Takatāpui est utilisé pour représenter les personnes bispirituelles.

Il remarque que la discrimination est plus présente en Nouvelle-Zélande, comparativement au Canada.

Chez vous, c'est une communauté beaucoup plus unie.

Leo Koziol, producteur bispirituel de films

Leo Koziol était en visite à Regina pour présenter des films sur lesquels il a travaillé dans le cadre du festival de films Mispon, où des productions traitant de la bispiritualité étaient diffusées devant public.

Saskatchewan

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