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Quel avenir pour le projet pétrolier sur l’île d’Anticosti en 2017 ?

Photo : Radio-Canada / Evelyne Côté

Radio-Canada

L'année a été mouvementée sur l'île d'Anticosti. Les enjeux autour de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures ont fait les machettes tout au long de l'année. Les relations sont tendues entre la compagnie Pétrolia et le gouvernement Couillard qui a une position ambiguë à l'égard de ce projet. Plusieurs groupes de citoyens et d'élus se sont mobilisés pour faire cesser les forages sur l'île.

Un texte d'Alix-Anne TurcottiTwitterCourriel  

L’année 2016 a mal commencé pour la compagnie qui entreprend des travaux de forage sur l’île d’Anticosti, puisque déjà en décembre 2015 le projet a provoqué une controverse.

Lors de la Conférence sur les changements climatiques à Paris, à la fin de 2015, le premier ministre, Philippe Couillard, s'est vigoureusement dissocié du projet pétrolier.

Anticosti, moi, je n'ai rien à voir avec ce projet-là. Je l'ai trouvé à mon arrivée au gouvernement. J'aurais préféré ne pas le trouver, parce que j'étais opposé à ce projet-là dans l'opposition.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Ces déclarations ont marqué le point de départ de relations tendues entre les deux parties.

Trois jours plus tard, le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, Jean-François Boudreault, en faveur de l'exploration pétrolière, démissionne invoquant des raisons personnelles.

Il laisse la place à John Pineault en avril 2016. Le nouveau maire est fermement opposé au projet d'hydrocarbures.

Je n'accepterais jamais, jamais qu'il y ait des foreuses ici qui feront de la fracturation.

John Pineault, maire de la Municipalité de L'Île-d'Anticosti
John Pineault, maire de la municipalité de l'ìle d'Anticosti.

John Pineault, maire de la municipalité de l'ìle d'Anticosti.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Pendant ce temps-là, les travaux sont au point mort. Lassé d'attendre que Québec confirme ses intentions à propos de l'île d'Anticosti, le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, annonce en juin qu'il quitte son poste de porte-parole de la société en commandite Hydrocarbures Anticosti.

Pourtant, quelques jours plus tard, le ministère de l'Environnement autorise Hydrocarbures Anticosti, gérée par Pétrolia, à effectuer les trois forages avec fracturation hydraulique sur l'île.

Ces autorisations provoquent la colère de la Municipalité et des citoyens opposés au projet.

Le chef de la communauté innue de Mingan, Jean-Charles Piétacho, monte au front et menace de bloquer les sites de forage si les travaux exploratoires se poursuivent. Il dépose une injonction pour demander l'arrêt définitif du projet.

Jean-Charles Piétacho, chef innu de Mingan

Jean-Charles Piétacho, chef innu de Mingan à Anticosti

Photo : Radio-Canada

Au même moment, Pétrolia dépose aussi une demande d'injonction pour forcer deux de ses partenaires à respecter leurs engagements financiers.

Pendant ce temps-là, la population est divisée à Port-Menier. Rares sont les citoyens qui osent prendre position publiquement sur la question du pétrole.

C'est même un sujet qui s'en vient de plus en plus tabou, je vous dirais

Frédéric Lee, directeur général de L'Île-d'Anticosti

Au mois d’août, le PDG de Pétrolia, Alexandre Gagnon, jette l’éponge et démissionne. Il s’en va relever un nouveau défi professionnel en se joignant à l'équipe de Pratt & Whitney Canada.

Alexandre Gagnon, le président de Pétrolia,  sur l'île d'Anticosti.

Alexandre Gagnon, le président de Pétrolia, sur l'île d'Anticosti.

Photo : Radio-Canada

En cette fin d'année 2016, il est difficile de savoir si des barils de pétrole sortiront un jour de l'île d'Anticosti. La Municipalité prépare le terrain pour empêcher l'exploitation pétrolière et tente de faire reconnaître l'île comme patrimoine mondial de l'UNESCO.

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