•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Extrême droite : une patrouille avec le groupe des Soldats d'Odin

Des membres du groupe Soldiers of Odin patrouillent dans le quartier Saint-Roch.
Des membres du groupe Soldiers of Odin patrouillent dans le quartier Saint-Roch. Photo: CBC / Jonathan Montpetit

Depuis plusieurs mois, les membres du groupe des Soldats d'Odin patrouillent dans les rues de Québec. Vêtus d'un chandail noir montrant le logo du groupe et équipés d'une lampe de poche, ils se sont donné pour mission de défendre les Québécois contre une menace vague, mais réelle selon eux.

Le journaliste de CBC Jonathan Montpetit a accompagné le chef du groupe, Dave Tregget, lors d'une de ces patrouilles au début du mois de décembre. « Je veux protéger la Charte canadienne des droits et libertés. Il faut se battre pour conserver ces droits », raconte le chef en marchant dans les rues du quartier Saint-Roch.

Or, le groupe des Soldats d'Odin a été fondé en Finlande par un suprémaciste blanc assumé, Mika Ranta, en réponse à l'arrivée massive de réfugiés en Europe. L'homme de 29 ans entretient des liens connus avec un groupe néonazi. Il a été condamné en 2005 pour un crime haineux.

Quand Dave Tregget s'est joint au groupe l'an dernier, les Soldats d'Odin ne comptaient qu'une poignée de membres au pays. Ils seraient maintenant 3500 au Canada, dont 400 au Québec.

Depuis, des patrouilles menées à Edmonton ont été dénoncées par le Conseil national des Canadiens musulmans. Un conseiller municipal d'Hamilton, en Ontario, a également accusé les membres de faire la promotion d'un discours haineux.

À Québec, Dave Tregget a voulu distancier le groupe de l'approche anti-immigration, préférant le discours plus nuancé de la défense des valeurs canadiennes. « Nous sommes Canadiens et le Canada s'est construit sur l'immigration, alors on ne peut pas être contre », résume-t-il.

La branche nationale des Soldats d'Odin rejette aussi toute accusation de racisme et soutient que les patrouilles de nuit sont là pour assurer la sécurité de tous les Canadiens.

Une publication du groupe sur leur compte Facebook au Canada parle toutefois de l'islam comme d'une religion basée sur le terrorisme et d'une tendance chez les musulmans à cautionner les attentats suicides et les martyrs.

Le groupe limite le nombre de personnes qui participent aux patrouilles pour ne pas contrevenir au règlement municipal.Le groupe limite le nombre de personnes qui participent aux patrouilles pour ne pas contrevenir au règlement municipal. Photo : CBC / Jonathan Montpetit

Changement de ton à Québec

Dave Tregget a récemment été remplacé à la tête de la section québécoise des Soldats d'Odin. Il affirme avoir quitté le groupe, mais la nouvelle chef par intérim, Katy Latulippe, soutient plutôt qu'il a été suspendu.

« Dave était plus politiquement correct, si on veut. Dave évitait qu’on aille, pour les patrouilles dans les rues, dans les secteurs où il y avait beaucoup de musulmans ou d'islamisation, critique-t-elle. Mais, à la base, ce sont les endroits où on devrait faire les marches. »

Plutôt que de patrouiller dans le quartier Saint-Roch, où les Soldats d'Odin restaient plutôt anonymes, les membres pourraient décider d'arpenter le quartier Vanier, plus multiethnique.

« Ici, on ne permettra pas qu’ils viennent faire du grabuge dans les rues et voir les viols collectifs qu’on voit dans certains pays actuellement », raconte Katy Latulippe.

Devant ce changement de ton, certaines alliances formées avec d'autres groupes d'extrême droite de la région commencent déjà à s'effriter. La Meute, un groupe qui compte 43 000 membres sur sa page Facebook, a notamment décidé de se dissocier des Soldats d'Odin.

« Jamais la Meute ne voudra être associée à un groupe dirigé par des suprémacistes blancs néonazis, et comme la branche québécoise annonce elle-même son rapprochement au groupe finlandais, il est maintenant clair que toute association sera impossible entre nos deux groupes », a indiqué le porte-parole Sylvain Maikan sur la page du groupe.

D'après les informations de Jonathan Montpetit, journaliste de CBC

Québec

Société