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Sam Roberts, pour ceux qui croient que le rock and roll n’est pas mort

Sam Roberts

Sam Roberts

Photo : Getty Images / GEOFF ROBINS

Philippe Rezzonico

Les premières images du clip de Terraform, chanson-titre du nouvel album de Sam Roberts, nous montrent une vision de fin du monde. Ironiquement, le disque du Montréalais est paru le 28 octobre, soit une dizaine de jours avant l'élection de Donald Trump.

Un texte de Philippe Rezzonico Twitter Courriel  

D’une fin du monde artistique et fictive à celle qui est perçue par nombre d’observateurs comme une réelle fin du monde au plan politique, il y a un parallèle facile à tracer. Prophète, Sam Roberts?

Au bout du fil, l’auteur-compositeur et interprète rigole quand on lui présente la chose ainsi.

« Sûrement pas, dit-il. Mais la réalité me désole. Je suis aussi déçu que quiconque de voir qu’il a été choisi. C’est une décision importante [la présidentielle américaine] pour l’humanité en général. »

Il va de soi que l’élection de l’homme d’affaires à la présidence chez nos voisins du Sud et que l’un des thèmes récurrents de Sam Roberts sur son sixième album ne sont pas liés au plan de la genèse. Sauf que bien des éléments que l’on trouve dans les chansons du Montréalais ont une portée universelle sur tout ce qui nous entoure.

« Être musicien, ce n’est pas un business de prophétie ou de clairvoyance », assure l’artiste qui s’offrira une rentrée montréalaise avec deux concerts au Théâtre Corona les 16 et 17 décembre. « Nous, on trouve des façons de parler du monde, des façons de parler de choses importantes. On travaille là-dessus. Quel type de planète voulons-nous avoir? Quel genre de futur? On cherche des manières de s’exprimer. »

 

(Source :YouTube/SamRobertsVEVO)

Si la carrière musicale de Sam Roberts a commencé dans les années 1990 avec son groupe Northstar, c’est la parution en 2002 du minidisque The Inhuman Condition avec la chanson Brother Down qui a été sa rampe de lancement vers le succès.

Six albums, autant de prix Juno et cinq prix MuchMusic plus tard, Roberts, à 42 ans, est désormais bien établi sur la scène musicale, mais il ne semble pas s’asseoir sur ses lauriers. À une époque où il est de plus en plus difficile de se forger une identité musicale, il est aisé pour n’importe quel artiste d’opter pour une forme de continuité et de privilégier une sorte de formule. Près de 15 ans après Brother Down, il prend encore des risques et tente des choses. Rien de révolutionnaire, certes, mais il ne fait pas du surplace. Il regarde vers l’avant. Pas derrière lui.

« Le changement, ce n’est pas spécifique à cet album, assure-t-il. On a l’occasion de recommencer avec chaque disque et avec chaque chanson. »

Cette exploration, elle est bien palpable dans le rock de Sam Roberts, diversifié et inclusif.

« Je joue du violon depuis l’âge de 4 ans… Pour moi, le rock and roll, c’est une définition ouverte. Si tu ne te laisses pas coincer par le genre, ça peut être bien des choses. Tu peux te réinventer et élargir ta définition du terme. Je suis très à l’aise avec ça. J’aime toujours la batterie, j’aime les guitares et les basses, mais je n’hésite pas à mélanger les ingrédients. Il n’y a plus beaucoup de groupes rock and roll aujourd’hui. Je fais ce que je peux tous les jours pour ceux qui croient que le rock and roll n’est pas mort. C’est une voix importante dans l’univers de la musique. »

 

(Source :YouTube/SamRobertsVEVO)

« Les mélodies et les rythmes me vont droit au cœur. C’est ce qui m’inspire en premier, ajoute-t-il. Les mots sont esclaves de la mélodie et des rythmes. Même quand tu écoutes Mozart, il y a toujours une mélodie, même si la musique est complexe. Une mélodie simple est le cœur d’une chanson. »

La facture visuelle

Après quelques pochettes de minidisques et d’albums que l’on qualifiera de classiques, Sam Roberts a commencé à afficher ses couleurs, au sens propre du terme. Les pochettes de Chemical City (2006), Love at the End of the World (2008), Collider (2011), Counting the Days (2015) et Terraform (2016) font la part belle à l’art et au dessin, un peu comme le clip de Terraform, qui s’inspire de l’animation et de la bande dessinée.

Le groupe Sam Roberts Band

Le groupe Sam Roberts Band

Photo : Paul Labonté

Même la pochette de Lo-Fantasy (2014) est un clin d’œil à celle, légendaire, de The Dark Side of the Moon de Pink Floyd. L’esthétisme, que l’on pourrait presque qualifier de psychédélique, est devenu une marque de commerce pour Sam Roberts.

J’ai toujours été attiré par un certain esthétisme depuis l’université. Notamment à cause de groupes comme Primal Scream, les Happy Mondays et Spiritualized. Mon père est aussi un grand fan de Pink Floyd. Je suis donc très ouvert à tous les styles. Le visuel, c’est très stimulant.

Sam Roberts

Si Roberts peut avoir une vision du monde mélodique et colorée selon le support retenu (audio ou vidéo), il est aussi un homme qui parle de choses sans fard. Comme la relation à long terme avec sa conjointe qui est le sujet de la chanson Fiend.

« Quand ça fait 25 ans que tu es avec quelqu’un, c’est normal d’écrire à partir de nos vies et pas seulement de la vie en général, pas juste de l’expérience universelle. Je n’écris pas souvent de ce point de vue, c’est vrai. Cette chanson, c’est une occasion de parler de nous. Des hauts et des bas.

« J’ai rencontré Jennifer à l’université en 1991. Depuis, nous avons eu trois enfants… C’est un autre thème de cet album : joindre la vie familiale avec la musique. Quand tu vis une période pleine d’amour et que tu vois tout ce que la famille t’apporte… Exprimer comment tu te sens dans ce chaos, c’est une façon de partager des sentiments. Tout le monde a une famille. Peu importe de quoi elle est constituée. C’est la réalité de tout le monde, beau temps, mauvais temps. »


Le Sam Roberts Band (Nouvelle fenêtre) sera au Théâtre Corona les 16 et 17 décembre et en Ontario la semaine prochaine.

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