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L’art urbain fait renaître ce quartier de Miami

L'artiste Gaia a peint Henry Flagler, un homme d'affaires américain dans le secteur de l'immobilier et des chemins de fer, qui a notamment fondé la compagnie Standard Oil.

L'artiste Gaia a peint Henry Flagler, un homme d'affaires américain dans le secteur de l'immobilier et des chemins de fer, qui a notamment fondé la compagnie Standard Oil.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Radio-Canada

Il était une fois un quartier laid, triste et dangereux. Un jour, un entrepreneur a décidé de le revitaliser grâce à l'art urbain. Comment faire du beau avec du laid? Voici la recette de Wynwood à Miami.

Un texte de Michel Labrecque TwitterCourriel à Désautels le dimanche 

Avec sa succession d’entrepôts plutôt sinistres, souvent sans fenêtres, Wynwood était un endroit assez improbable pour devenir l’un des quartiers les plus cool au monde.

Pourtant, aujourd’hui, le Wynwood Arts District, à quelques kilomètres au nord du centre-ville de Miami, est un lieu effervescent, où résidents et touristes viennent manger, magasiner et faire la fête, tout en s’imprégnant de l’art de rue.

Wyndwood, c’est avant tout la vision d’une personne. Tony Goldman, aujourd’hui décédé, a imaginé comment un quartier artistique pouvait émerger de ce décor industriel.

Avant 2010, quelques graffiteurs utilisaient les murs pour y faire leurs œuvres. Tony Goldman a ensuite acheté plusieurs édifices et invité les artistes de rue du monde entier à venir les décorer.

L'éclectique Wynwood Building, qui appartient à Goldman Prpperties, est un ancien centre commercial transformé en immeuble de bureaux.

L'éclectique Wynwood Building, qui appartient à Goldman Prpperties, est un ancien centre commercial transformé en immeuble de bureaux.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« Il y avait beaucoup d’édifices délabrés, c’était dangereux d’y marcher le soir, c’était une zone presque abandonnée avant que nous commencions à investir », explique Joseph Furst, directeur des activités pour Goldman Properties.

En 2009, le Wynwood Arts District a pris forme et la vision artistique a créé une certaine fébrilité dans la ville. On a ensuite créé les Murs de Wynwood : un endroit tout à fait étonnant pour les amateurs d’arts de la rue. Il s'agit maintenant de l'une des plus grandes expositions d'art de rue au monde.

Puis, en 2012, le nombre de galeries d’arts, de restaurants, de bars et de boutiques a explosé dans le quartier, attirés par la frénésie entourant les murales.

La murale de Lady Pink, une artiste de l'Équateur

La murale de Lady Pink, une artiste de l'Écuador.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Murale de Kenny Scharf

Murale de Kenny Scharf

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Murale

Murale de l'Allemand Case

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

L'oeuvre d'Inti, un artiste de Valparaiso, au Chili.

L'oeuvre de Inti, un artiste de Valparaiso, au Chili.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Le Miam Cafe a été ouvert par le Suisse Alexis Jacot. Ce jeune européen, un peu désorienté par le côté « bling bling » et par la forêt de gratte-ciel de Miami, a été séduit par ce quartier émergent où l’architecture banale est transcendée par l’art.

Alexis Jacot, propriétaire d'un commerce dans le quartier Wynwood.

Alexis Jacot, propriétaire d'un commerce dans le quartier Wynwood.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« Quand je suis allé pour la première fois dans ce quartier. J’en suis tout de suite tombé amoureux. Le mélange du climat tropical, de la culture américaine et de l’esprit artistique en fait un lieu vraiment unique », dit Alexis Jacot.

Après l'art, le développement immobilier

Wynwood entame maintenant sa troisième révolution : après l’art et le commerce, c'est le temps d’y accueillir des résidents.

Wynwood compte aujourd’hui des associations communautaires et commerciales qui veulent en faire un milieu de vie, un véritable « village ». Ils ont fait modifier les règlements de zonage de quartier pour densifier le quartier et accueillir de nouveaux immeubles d’habitation.

L'art sur les bâtiments est omniprésent dans le quartier Wynwood de Miami.

L'art sur les bâtiments est omniprésent dans le quartier Wynwood de Miami.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« En ce moment, presque tous les édifices ont un étage. Bientôt, vous allez voir des immeubles de 5 et 8 étages, peut-être même 12 », dit Joseph Furst président du Wynwood Business Improvement District. « Mais nous voulons conserver l’âme du quartier, donc l’immense majorité des petits immeubles va demeurer ».

Le reportage de Michel Labrecque est présenté le 18 décembre à Désautels le dimanche dès 10 h sur ICI Radio-Canada Première.

Contrecoups de la popularité

L’autre défi de Wynwood est d’éviter les écueils de l’embourgeoisement, comme la hausse fulgurante des loyers, qui chassent les galeries et boutiques les plus originales, qui sont remplacées par de grandes chaînes.

« Jusqu’à un certain point, c’est inévitable », dit le restaurateur Alexis Jacot. « Et d’autres quartiers émergents se développeront ».

Joseph Furst précise que son entreprise, Goldman Properties, veut éviter ce phénomène. Comme elle possède de nombreux immeubles, elle tente de limiter les hausses de loyer de certaines galeries d’art. Malgré cela, plusieurs petits commerçants et artistes ont déjà quitté le secteur.

Mais Wynwood n’est pas le seul quartier de Miami qui se réinvente. Tout le centre-ville et ses alentours sont en pleine métamorphose. Jadis un désert après 17 h, le centre-ville compte maintenant 80 000 habitants. D’ici cinq ans, il y en aura 15 000 de plus, selon la Miami Downtown Authority.

Les résidents disent qu’un second Wynwood est en train d’émerger dans ce qui est en ce moment la Petite Haïti.

International