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Production d'électricité en Sask. : encore du charbon pour un bon moment prévoit SaskPower

Centrale Boundary Dam dans le sud-est de la Saskatchewan

Centrale Boundary Dam dans le sud-est de la Saskatchewan

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'entreprise SaskPower a continué de faire appel majoritairement à ses centrales au charbon pour produire son l'électricité dans la province en 2015, et ce même si la société affirmait il y a un an que le gaz naturel était désormais sa toute première source d'énergie.

En octobre 2015, au moment de l'inauguration des travaux d'expansion de la centrale Queen Elizabeth de Saskatoon, une centrale au gaz naturel, SaskPower affirmait que cet investissement de 525 M$ faisait en sorte que le gaz naturel représentait dorénavant 40 % de la capacité de production de l'entreprise, contre 30 % pour le charbon.

SaskPower ne pouvait alors prédire si le gaz naturel était en voie de surpasser le charbon comme première source d'énergie utilisée en Saskatchewan.

Dans une entrevue, le porte-parole de SaskPower Jonathan Tremblay affirme que l'entreprise a bel et bien l'intention de revoir sa production d'électricité au charbon dans les années à venir. Mais pour l'instant, le pourcentage de la production réelle d'électricité en 2015 a continué d'être sensiblement à l'opposé des sources d'énergie disponibles.

L'an dernier, SaskPower a produit de 40 à 42 % de son électricité à partir de centrales thermiques au charbon et de 30 à 32 % à partir de ses centrales au gaz naturel. Les données de production d’électricité de SaskPower pour 2016 ne seront disponibles qu’à la fin de l’année 2017.

Des données fournies par Saskpower, alors qu'Ottawa annonçait en novembre son intention de fermer l'ensemble des centrales au charbon au pays d'ici 2030. La ministre fédérale de l’Environnement a rappelé que l'électricité est la quatrième plus grande source d'émissions de CO2 au Canada et que le charbon est la composante la plus polluante.

Une décision qui touche particulièrement la Saskatchewan, qui est avec l'Alberta, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick , une province qui mise encore sur des centrales au charbon pour la production de son électricité. « Avec les nouveaux règlements fédéraux sur les centrales au charbon et ceux qui existaient déjà l'an passé il faut éliminer toutes nos centrales au charbon conventionnelles ou ajouter de la technologie de captage de séquestration de carbone, » reconnaît Jonathan Tremblay, porte-parole de SaskPower.

Jonathan Tremblay reconnaît que même si les énergies vertes prennent et prendront de plus en plus de place dans le paysage de l'entreprise, les choix de production d'électricité pour le moment sont faits en fonction des capacités du réseau.

L'électricité qu'on utilise peut varier durant l'année, et c'est en fait le charbon toujours qui a donné le plus d'électricité en 2015.

Jonathan Tremblay, porte-parole SaskPower

« On prend ce qui est disponible, on voit quelle centrale est en entretien, on voit aussi à quelle vitesse notre vent va dans le sud-ouest de la province où on a des éoliennes, souligne Jonathan Tremblay, on voit aussi le niveau de l'eau dans le Nord avec nos centrales hydroélectriques et ensuite on prend une décision sur ce qui va alimenter notre demande en électricité. »

Mais il ajoute que son entreprise ne compte pas faire de changement dans l’immédiat.

Présentement on ne prévoit pas enlever du charbon de la grille jusqu'en 2019, lorsqu'on devra prendre nos décisions. Donc c'est possible que le charbon va continuer d'alimenter la demande plus que le gaz naturel .

Jonathan Tremblay, porte-parole SaskPower

Au-delà de 2030

L'entreprise SaskPower continue d'indiquer qu'elle souhaite prolonger la vie de ses trois centrales thermiques au charbon, entre autres grâce à la technologie de captage de séquestration de carbone. La société reconnaît que c'est principalement pour ne pas risquer de fragiliser davantage l'économie de la province que toute cette transition pour renverser la présence du charbon se fera lentement. « On la renverse aussi vite qu'on peut de manière économique.

« D'un point de vue économique, il faut faire ça d'une manière qu'il n'y aura pas un trop gros choc dans des places comme Estevan ou Coronach, où on a des centrales de charbons et où des centaines de personnes sont employées dans ce secteur, affirme Jonathan Tremblay. C'est une marche à suivre qu'on va faire d'ici 2030 d'une manière économique et on veut pas faire ça trop vite non plus pour des impacts économiques . »

Tout cela au moment où le gouvernement de la Saskatchewan pourrait, justement, grâce à une entente négociée avec Ottawa, prolonger la présence de centrales au charbon dans la province. Le gouvernement de Brad Wall souhaite signer une entente d'équivalence avec le fédéral pour vraisemblablement continuer d'utiliser le charbon, au-delà de 2030.

Une demande que le gouvernement canadien pourrait accepter, pourvu que la Saskatchewan arrive à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'une manière équivalente, entre autres grâce à la technologie de captage de séquestration de carbone.

Doubler la capacité en énergies renouvelables

Mais comme le charbon conventionnel n'est plus une option pour la construction de nouvelles centrales électriques pour les années à venir, et en raison d'une demande en énergie qui ne cesse d'augmenter chaque année de façon considérable, SaskPower prévoit des investissements majeurs dans le secteur des énergies renouvelables.

Des investissements d'un milliard et demi de dollars d'ici 2030 pour doubler l'offre de ce type d'énergie. « Ça va être un investissement de plus d'un milliard par année non seulement pour créer de nouvelles centrales, mais aussi pour renouveler notre grille électrique partout en Saskatchewan qui approche 50 à 60 ans à certains endroits. C'est un gros investissement, du côté renouvelable pour doubler notre capacité on parle d'un autre milliard et demi d'ici 2030. »

En plus de la nouvelle centrale au gaz naturel de Swift Current dont la construction doit commencer le mois prochain, Jonathan Tremblay prévoit une montée en flèche dans la province de la présence des énergies éoliennes. « Le vent va prendre une grande expansion, on va augmenter d'environ 700 % le nombre d'éoliennes dans la province et vous allez voir le charbon descendre, le gaz naturel monter un peu et certainement l’hydroélectrique, géothermique et solaire augmenter de beaucoup . C'est certain qu'on va construire de nouvelles usines de gaz, la première à Swift Current dans le sud-ouest, mais on va commencer à discuter d'une autre avec la population très bientôt . »

Des taux à la hausse ?

Pour le moment, Jonathan Tremblay admet qu’il est difficile d’évaluer comment tous ces investissements qui devront répondre à une demande en électricité qui augmentera de 20 % d’ici 2030 se traduiront dans le portefeuille des utilisateurs.

Et c'est sans parler dit-il de cette taxe sur le carbone, qui est dans l’air. « On est certainement inquiet. Qu'est-ce que cette taxe sur le carbone va avoir l'air?  Comment elle va être appliquée sur les industries et sur notre industrie en particulier? Donc qu'est-ce qu'on va faire pour nos taux d'électricité? Continuer à demander de petites augmentations annuelles pour avoir un effet graduel, » prévoit Jonathan Tremblay.

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