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Reprise des hostilités à Alep et confusion sur un nouvel accord

Les forces progouvernementales avancent dans le nord assiégé de la ville d’Alep, mercredi, lors d’une opération militaire.

Les forces progouvernementales avancent dans le nord assiégé de la ville d’Alep, mercredi, lors d’une opération militaire.

Photo : Getty Images / GEORGE OURFALIAN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La situation demeure fragile dans la partie orientale d'Alep, où les armes ont retenti à nouveau mercredi matin alors que devait commencer l'évacuation de milliers de civils, otages des combats. Des informations contradictoires font état d'un nouveau cessez-le-feu.

L’annonce de cet accord, faite par des groupes rebelles syriens, a été aussitôt démentie par une source proche du régime de Bachar Al-Assad citée par l’AFP.

Reuters rapporte toutefois qu'un représentant de l'alliance militaire soutenant Al-Assad a confirmé cette entente, qui porte sur une évacuation des combattants de la rébellion et des civils des quartiers d’Alep-Est contrôlés par les insurgés. Elle prévoit aussi l'évacuation des blessés des villages chiites de Fouaa et Kefraya, assiégés par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie.

Le Hezbollah libanais, allié du régime syrien, aurait contesté cet accord, ajoutant à la confusion générale. L’organisation chiite ne serait pas d’accord avec la liste des personnes qui seraient autorisées à quitter les deux localités.

La trêve vole en éclats à Alep

Environ 50 000 civils devraient quitter Alep-Est, où la situation humanitaire aggravée par les intempéries à l'approche de l'hiver préoccupe au plus haut point les Nations unies, qui évoquent un « effondrement total de l'humanité ».

Pendant que ces civils attendaient d’être évacués mercredi matin, à l’aube, les hostilités ont repris, faisant voler en éclats le cessez-le-feu annoncé la veille.

L'évacuation des civils d'Alep-Est était prévue pour mercredi, en vertu d'un accord conclu entre les insurgés et la Russie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'évacuation des civils d'Alep-Est était prévue pour mercredi, en vertu d'un accord conclu entre les insurgés et la Russie.

Photo : Getty Images / KARAM AL-MASRI

Des raids aériens ont eu lieu dans le quartier d’Ansari « comme s’il n’y avait aucun cessez-le-feu », affirme Mahmoud Raslan, un militant d’Alep-Est contacté par Associated Press. « Ils vont tous nous tuer », croit-il. Un secouriste d’Alep-Est, Ibrahem Al-Haj, confirme aussi la reprise des raids.

« On est revenu à la case départ », estime le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « En plus des violents bombardements, il y a de très violents combats en cours sur les lignes de démarcation », ajoute-t-il.

Les deux parties s’accusent mutuellement d’être responsables de la reprise des combats.

Alep, la grande victoire de Bachar Al-Assad

Les quartiers rebelles d'Alep-Est sont encerclés par les forces progouvernementales depuis le mois de juillet, et soumis à d'intenses bombardements.

La reprise d'Alep marque la plus grande victoire du pouvoir syrien dans son combat pour mater une rébellion entamée en 2011 en plein « printemps arabe », un conflit qui a fait plus de 300 000 morts, selon l'ONU.

Bachar Al-Assad a salué la victoire des forces gouvernementales à Alep comme un tournant dans le conflit et un prélude à de nouvelles offensives contre les enclaves rebelles.

Pour la Russie, dont l'intervention militaire en soutien à Damas depuis septembre 2015 a bouleversé l'équilibre des forces, la reconquête d'Alep est une victoire considérable contre les « terroristes », l'expression qu'utilise le régime syrien pour désigner l'ensemble des groupes rebelles, qu'ils soient nationalistes ou islamistes.

Mais aux Nations unies, les États-Unis ont condamné le déchaînement de violence qui a visé Alep, assiégée et bombardée des mois durant.

« Alep va s'ajouter à la liste des événements de l'histoire mondiale qui définissent le mal contemporain, qui entachent encore nos consciences des dizaines d'années plus tard. Halabja, le Rwanda, Srebrenica, et aujourd'hui Alep », a dit l'ambassadrice américaine, Samantha Power, avant d'interpeller directement la Syrie, la Russie et l'Iran :

« Êtes-vous vraiment incapables d'éprouver de la honte? N'y a-t-il littéralement rien qui puisse vous faire honte? »

— Une citation de  L'ambassadrice américaine, Samantha Power
Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient 
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

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