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L’Alberta autorise les infirmières praticiennes à offrir l’aide médicale à mourir

L'Alberta permet aux infirmières praticiennes d'offrir l'aide médicale à mourir.
L'Alberta permet aux infirmières praticiennes d'offrir l'aide médicale à mourir. Photo: iStock

Le gouvernement de l'Alberta permet aux 455 infirmières praticiennes de la province d'offrir l'aide médicale à mourir depuis le 6 décembre.

Un texte de Catherine BouchardTwitterCourriel 

Une infirmière praticienne proposant ce service à un patient et répondant aux critères établis par le gouvernement fédéral n’aurait pu être accusée d’homicide depuis la mise en vigueur de la loi. La question des normes des associations professionnelles demeurait toutefois floue.

« Il y avait une grosse zone grise. C’est pour ça qu’il y a eu beaucoup de travail fait en amont par les associations professionnelles à travers le pays, avant que la loi soit adoptée », affirme Jerry MacDonald, le président du College and Association of Registered Nurses of Alberta (CARNA), l’ordre professionnel régissant les infirmières et infirmiers de l’Alberta.

« Nous avons maintenant un cadre légal et éthique pour donner ce service à [...] Il n’y a plus d’ambiguïté », se réjouit-il.

Un lien de confiance pour un choix éclairé

Aucun cas d’infirmière praticienne ayant dispensé ce soin, avant l’entrée en vigueur des nouvelles balises, n’a été recensé jusqu’ici en Alberta, selon le CARNA.

M. MacDonald affirme que le lien de confiance entre les infirmières praticiennes et leurs patients permettra de faire un choix éclairé, mais aussi « un pas en avant pour de meilleurs soins de santé ».

Lorsqu’il s'agit d'un sujet aussi difficile et sensible que les soins de fin de vie, c’est vraiment important pour les patients de parler à un professionnel de la santé en qui ils ont confiance, avec qui ils ont une bonne relation, qui connaît leur famille et leurs valeurs.

Jerry MacDonald, président du CARNA

Le gouvernement albertain croit que ces nouvelles balises permettront un meilleur accès à ce type de soins.

« C’est une bonne chose, car les gens vivant dans des communautés rurales ou éloignées, qui ont peut-être moins accès à un médecin, auront accès à l’aide à mourir », croit la ministre associée de la Santé de l’Alberta, Brandy Payne.

Juliet Guichon, professeure adjointe de l’Université de Calgary et spécialiste en éthique médicale, mentionne qu’en principe la loi du gouvernement canadien permet déjà aux infirmières praticiennes, à travers le pays, d'offrir l’aide médicale à mourir.

« La loi canadienne fédérale a permis aux médecins et aux infirmières cliniciennes d’offrir l’aide médicale à mourir, parce que [les gens] dans les régions éloignées du Canada n’auraient pu [y] avoir accès. Quand une infirmière clinicienne peut aider, les membres du parlement ont jugé que l’accès serait meilleur », indique Mme Guichon.

Une trentaine de demandes rejetées en Alberta

Advenant qu’une infirmière albertaine ne veuille pas donner les soins de fin de vie, elle devra signaler son malaise au Services de santé de l’Alberta, qui s’assurera qu’un autre professionnel de la santé puisse les offrir.

En date du 12 décembre, 60 patients s'étaient prévalus de l'aide médicale à mourir en Alberta. Parmi les demandes, 28 autres patients n'ont pas rempli les critères du fédéral pour recevoir cette aide dans la province.

Bien que la loi fédérale ait été adoptée en juin dernier, les provinces doivent établir des balises pour la façon dont ce type de soins est offert sur leur territoire.

La Colombie-Britannique a été précurseure en la matière en autorisant les infirmières à donner l’aide médicale à mourir le 27 juillet.

Alberta

Santé