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La police de Regina n'a pas pris au sérieux une possible menace de violence familiale

Rebecca Stepan s'est sentie ignorée par le Service de police de Regina

Rebecca Stepan s'est sentie ignorée par le Service de police de Regina

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Rebecca Stepan dit qu'elle s'est sentie ignorée pendant plus d'un an par le Service de police de Regina malgré des plaintes de harcèlement et de menaces répétées contre son ex-mari.

La trentenaire regarde son téléphone avec horreur. Sur le petit écran, on voit la main d’un homme qui resserre un nœud dans une corde blanche. « Regarde, j’ai appris comment attacher…ça paraît bien hé! », peut-on lire. C’est l’ex-mari de Rebecca Stepan qui lui a envoyé le message. La femme dit que pendant des années, elle a été victime de traque, de harcèlement et de comportements menaçants de la part de celui qui est maintenant son ex-mari.

Une visite à la police

Un mois avant que Rebecca Stepan reçoive l’image du nœud par texto, en octobre 2015, elle s’est rendue au poste de police de Regina. Elle était inquiète au sujet d’un autre message.

Ce dernier contenait une photo d’une main tenant un sac de plastique transparent dans lequel était notamment placée une corde blanche enroulée. « Mon nouvel achat. Implique Charlie [leur fils] », était-il inscrit sur une note de son ancien mari. « C’est beau et doux, je vais le garder bien en sécurité ».

Rebecca Stepan a montré la photo envoyée à l’officier au bureau d’accueil. Elle lui a dit qu’elle était venue en raison d’autres cas récents de violence domestique. Elle affirme que ce dernier lui a répondu. « C’est ce qui ne va pas avec des gens comme vous. Vous voyez quelque chose à la télévision et vous pensez que ça vous arrive ». Rebecca Stepan l’a alors regardé sans rien dire. « Je ne savais pas quoi faire d’autre », avoue-t-elle.

Elle s’est sentie ignorée malgré des plaintes répétées de comportements abusifs. « Ça me rendait malade et j’étais fatiguée d’aller au poste tous les trois ou quatre mois programmée comme une horloge et de ne pas avancer ».

Une plainte contre la police

Rebecca Stepan a déposé une plainte à la Commission des plaintes du public qui analyse les préoccupations concernant les policiers municipaux dans la province. La caporale Kyla Young, qui est coordonnatrice en violence domestique au Service de police de Regina l’a encouragée à le faire. « J’ai trouvé horrible la façon dont elle a été traitée », affirme-t-elle.

Une enquête sur l’incident incluant une analyse des enregistrements vidéo et audio du bureau d’accueil a confirmé l’histoire de Rebecca Stepan. Le rapport indiquait que l’officier « n’a pas examiné adéquatement et conservé comme preuve le message texte qui vous a dérangée. Il a été impoli et discourtois ».

Le surintendant Corey Zaharuk a affirmé que Rebecca Stepan n’a pas été traitée de façon appropriée par le Service de police de Regina. « Nous trouvons que l’agent avec qui elle a été en contact n’a pas fait ce qu’il devait faire pour répondre à ses préoccupations », explique-t-il. Il ajoute que la police de Regina répond en moyenne à 18 rapports d’incidents domestiques par jour.

Selon Jo-Anne Dusel, la coordinatrice de l’Association provinciale des maisons de transition de la Saskatchewan, il est commun pour les victimes de violence conjugale de sentir que la police ne prend pas leurs préoccupations au sérieux. « Peut-être que certains officiers s’ils ont été sur le terrain pour une longue période deviennent en colère quand ils voient que ces femmes restent dans ces relations. Ça peut les mener à ne pas vouloir consacrer beaucoup de temps à ce genre de dossier », suspecte-t-elle.

Corey Zaharuk affirme que depuis l’incident de Rebecca Stepan, l’officier concerné a été réprimandé pour son comportement et la police offre plus de formation et de conseils pour les officiers qui travaillent aux bureaux d’accueil.

À risque de récidiver

Jo-Anne Dusel a procédé à une évaluation pour déterminer si le comportement de l’homme risquait de dégénérer en se basant sur le témoignage de Rebecca Stepan. Son ex-mari s’est classé parmi ceux qui sont le plus de risque de récidiver.

Après le divorce, l’ex-mari de Rebecca Stepan a obtenu la garde partagée de Charlie, leur fils de huit ans. Ce qu'elle lui refuse. « Ils devront m’emmener en prison avant qu’il ait de nouveau accès à mon fils », soutient la femme. CBC a tenté de joindre l’ex-conjoint de la femme par l'entremise de son avocat, mais il a refusé de commenter.

D'après les informations de Stefani Langenegger

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