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La N.-É. délaisse les programmes de désintoxication pour les opioïdes

La consommation d'opioïdes est de plus en plus courante en Nouvelle-Écosse et en Atlantique en général.

La consommation d'opioïdes est de plus en plus courante en Nouvelle-Écosse et en Atlantique en général.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse se détourne des programmes traditionnels de désintoxication pour les toxicomanes aux prises avec une dépendance aux opioïdes.

Une enquête de CBC a découvert que la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse mise de plus en plus sur les programmes de méthadone, un opioïde synthétique qui cause également une dépendance.

« La désintoxication pour les opioïdes, ça ne fonctionne pas », affirme la directrice des services en santé mentale et de la lutte contre les dépendances à la régie, la docteure Linda Courey. « Nous voulons vraiment éviter cette période de sevrage. »

Une première étape

Dans le système actuel, la première étape d’un traitement est la désintoxication, qui inclut un séjour d’une semaine ou deux dans un hôpital. Certains médicaments, comme la méthadone, peuvent servir à amoindrir le malaise et la douleur associés au processus de sevrage.

Quand les patients quittent l’hôpital, ils se sont essentiellement libérés de l’emprise de la drogue. Mais ils peuvent attendre des semaines avant de commencer le programme de méthadone ou tout autre programme de réhabilitation à long terme.

La nouvelle stratégie provinciale élimine la période de désintoxication pour les dépendances aux opioïdes. Les toxicomanes se rendent plutôt chez leur médecin ou dans une clinique et obtiennent une ordonnance pour la méthadone, en plus de recevoir des services de soutien et de consultation.

Les personnes aux prises avec une dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues sont encouragées à aller en désintoxication.

Surdose possible

Même si 721 personnes ont participé au programme de désintoxication pour des opioïdes l’an dernier, la docteure Linda Courey affirme que cette cure cause des problèmes. Elle indique que les rechutes sont courantes parce que bien des patients ne poursuivent pas les traitements. Et dans ces cas, la désintoxication peut être mortelle.

Une fois que les toxicomanes sont sevrés, leur corps n’est pas prêt à consommer une telle quantité de drogue. Ils peuvent certainement faire une surdose

Une citation de Dre Linda Courey, Régie de la santé de la N.-É.

La docteure Courey reconnaît que certains patients risquent de devoir consommer de la méthadone jusqu’à la fin de leurs jours. Pour certains, il peut s’agir de la meilleure option. « C’est possible que des personnes puissent diminuer leur consommation de méthadone progressivement, au point où elles pourront arrêter, dit-elle. Mais c’est vraiment difficile. »

Inefficace

Une ancienne toxicomane, Stephanie Benham, de Shelburne, dit que le programme de méthadone ne l’a pas aidée à se défaire de sa dépendance.

La méthadone n'a pas aidé Stephanie Benham à se défaire de sa dépendance aux opioïdes.

La méthadone n'a pas aidé Stephanie Benham à se défaire de sa dépendance aux opioïdes.

Photo : Radio-Canada / CBC

Elle tentait de mettre fin à sa consommation d’opioïdes, mais affirme que la méthadone a plutôt aggravé sa condition. Pendant cinq ans, elle a continué à prendre d’autres drogues, en plus de la méthadone, et faussait ses tests de dépistage en utilisant l’urine d’autres personnes.

« Grâce à la méthadone, vous n’avez plus besoin de consommer tous les jours, mais c’est comme une épée de Damoclès pour le reste de votre vie », dit Stephanie Benham. Elle a mis fin à sa dépendance en participant à un programme dans un hôpital de Détroit, au Michigan.

Des menottes liquides

Sa mère, Melanie Benham, décrit la méthadone comme des menottes liquides. Elle devait conduire sa fille de Shelburne à Middleton, un trajet de 200 km, une fois par mois pour qu’elle puisse obtenir son ordonnance. Ensuite, quotidiennement, Stephanie devait se rendre à la pharmacie.

« Elle ne pouvait pas quitter le village plus d’une journée à cause de ça, dit Melanie Benham. C’est comme être détenu dans une communauté. » Elle croit que la Nouvelle-Écosse devrait améliorer l’accès à la désintoxication, pas l’éliminer.

Avec les informations de CBC

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