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Le documentaire du soldat Wali critiqué

Wali vient de dévoiler son documentaire intitulé Parmi les héros.

Wali vient de dévoiler son documentaire intitulé Parmi les héros.

Photo : Radio-Canada / Andre-Anne Paré

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'an dernier, le combattant connu sous le pseudonyme de Wali était sur toutes les tribunes. Il avait passé trois mois dans le nord de l'Irak à combattre le groupe armé État islamique aux côtés des Kurdes. Il vient de dévoiler son documentaire intitulé Parmi les héros. Deux experts l'ont regardé pour le compte de Radio-Canada. Ils sont catégoriques : les combattants volontaires ne sont pas un exemple à suivre.

Un texte de Cathy SenayTwitterCourriel  

Le professeur Stéphane Leman-Langlois, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque, estime que le documentaire est davantage lié à la téléréalité.

« C’est un peu sa version d’une téléréalité d’un sport extrême [qu’il filme] avec sa caméra GoPro. En fait, la plupart du film, la GoPro est tournée [vers lui]. C’est lui, le héros du film. »

D'après M. Leman-Langlois, le documentaire de Wali, un ancien militaire du Royal 22e Régiment, est du style « macho-militaro humanitaire ». À première vue, le documentaire montre que Wali se trouve du bon côté de la force, avec les héros. Le nombre de combattants volontaires étrangers comme Wali n’est pas défini, remarque M. Leman-Langlois. Or, ces combattants sont des électrons libres en zone de guerre, rappelle-t-il.

« Si une de ces personnes-là - un ressortissant canadien - fait une gaffe, cela pourrait avoir un effet massif sur les relations diplomatiques, sur la fonction du Canada », souligne le professeur.

Les propos de Rémi Landry, un lieutenant-colonel à la retraite, vont dans le même sens : « Lorsque j’ai été bombardé en Bosnie, ce n’est pas le type de choses qui me préoccupaient… [Wali devait] s’assurer que la caméra fasse un gros plan sur lui en montrant qu’il est en mesure de tirer de l’épaule en courant », explique-t-il.

À deux reprises dans le documentaire d’une durée d’une heure 38 minutes, Wali tente de mettre la main sur un drapeau de Daech. « Je voulais un drapeau de l’État islamique. Je voulais mon trophée de guerre. Dans le fond, il faut voir ça un peu comme un souvenir de vacances », affirme-t-il.

Une affirmation qui fait sourciller le lieutenant-colonel Rémi Landry. Pour lui, la mission du militaire est floue et sa position sur le terrain demeure inconnue. « Le statut de ces gens-là n’est pas clair […] Il vaudrait mieux pour ces combattants volontaires de faire partie d’un cadre légal », estime-t-il.

Une zone de guerre en évolution

Selon M. Landry, Wali cherche probablement à sensibiliser la population sur la situation des peshmerga, la force combattante kurde. « En même temps, le documentaire a été fait l’année dernière, rappelle-t-il. Depuis ce temps-là, la situation a beaucoup changé. Le groupe armé État islamique perd du terrain. Les Kurdes ont mené plusieurs offensives. Puis, le Canada a augmenté le nombre de troupes dans le nord de l’Irak », affirme-t-il.

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