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Du boulot à l'aréna : la vie d’une joueuse des Canadiennes

Marie-Philip Poulin, capitaine des Canadiennes de Montréal

Marie-Philip Poulin, capitaine des Canadiennes de Montréal

Photo : Radio-Canada / Éric Santerre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les joueuses des Canadiennes de Montréal, gagnantes de la Coupe Clarkson, doivent combiner deux carrières pour subsister. Incursion dans l'univers d'une équipe féminine de hockey professionnel.

Un texte de Jacinthe Taillon

L’horaire d’athlète des Canadiennes est très chargé. En plus de pratiquer leur métier, les joueuses s’entraînent deux fois par semaine et jouent deux matchs le week-end.

« C’est sûr que monsieur et madame Tout-le-Monde, ils vont penser que c’est comme le Canadien : on gagne notre vie, on s’entraîne pour jouer et on a un salaire », soutient l’attaquante Kim Deschênes, qui est également courtière immobilière. « Mais pour nous, la réalité, c'est qu'on doit travailler. Il y a des filles qui font 40 heures par semaine et pour certaines, c’est 70 heures! »

Les entraînements sur glace doivent se passer après le travail. Les joueuses des Canadiennes terminent donc leurs journées très tard à l’aréna Étienne-Desmarteaux, dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.

Les Canadiennes lors d'une pratiqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les Canadiennes lors d'une pratique

Photo : Radio-Canada

« Pour les entraînements dans la semaine, on pratique tard, de 20 h 45 à 22 h 15, souligne Marc Beaudoin, entraîneur adjoint de l’équipe. On voit qu’elles [les joueuses] sont fatiguées. Elles ont leur semaine d’ouvrage dans le corps. Elles font aussi beaucoup d’activités promotionnelles pour promouvoir leur vie sportive. C’est dur de concilier les deux. Mais elles font "une bonne job". »

Les matchs entre les cinq équipes de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) se passent le week-end. Les équipes doivent donc disputer deux rencontres en 48 heures.

Les Canadiennes doivent se déplacer dans les quatre autres villes de la LCHF : Toronto, Brampton (en Ontario), Calgary et Boston, de l’autre côté de la frontière.

Être une joueuse professionnelle demande beaucoup de sacrifices

Les voyages se font en autobus, sauf à Calgary. Dans ce cas, la ligue offre les billets d’avion. Mais il faut faire des choix. Le nombre de billets est restreint en raison du petit budget du circuit.

Les cinq équipes, dont la LCHF est propriétaire, se partagent 1,8 million de dollars. C’est l’équivalent d’un petit salaire pour un seul joueur dans la LNH.

« On doit laisser certains entraîneurs et joueuses à Montréal lorsqu’on voyage en avion. Ce sont des choix déchirants, mais ça montre aussi qu’il y a de plus en plus de profondeur dans cette équipe et dans cette ligue », soutient Marc Beaudoin.

Deux jours dans la vie des Canadiennes

Les Canadiennes ont trouvé un mode de fonctionnement bien à elles afin d’optimiser chaque minute de ces longs voyages. Quand elles partent sur la route, c’est toute une machine d’organisation qui se met en branle.

Notre équipe les a suivies pendant 48 heures à Toronto, où elles ont affronté les Furies au cours du week-end des 19 et 20 novembre.

La routine de Caroline Ouellette

Lorsque le réveille-matin sonne très tôt le samedi, Caroline Ouellette, quadruple médaillée d’or olympique, a la responsabilité d’aller chercher la nourriture chez un traiteur. C’est comme ça chaque week-end où l'équipe doit prendre la route.

« On est très chanceuses avec les Canadiennes, déclare Caroline Ouellette. On a une équipe qui fait nos repas pour la route. La nutritionniste Pearle Nerenberg bâtit tout le menu. On a même le choix : végétarien ou avec viande, sans lactose, etc. C’est individualisé pour chaque fille. Ça comprend tous les repas et les collations pour les deux jours. »

Des bénévoles s’occupent de préparer les repas la veille dans un café de Montréal, qui accepte de prêter ses installations pour aider les Canadiennes. Les joueuses apportent leurs plats et leurs ustensiles afin de manger directement à l’aréna, dans l’autobus ou à l’hôtel. Elles évitent ainsi de perdre du temps à courir les restaurants et elles s’assurent d’une alimentation adéquate pour des athlètes de pointe.

Une liste détaillant ce que l'équipe doit emporter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une liste détaillant ce que l'équipe doit emporter.

Photo : Radio-Canada

« Ça fait une grande différence parce qu’on joue deux matchs en moins de 24 heures, ajoute Ouellette. Comme ce soir [le samedi 19 novembre], on joue à 20 h. Donc, on n’a pas fini avant 22 h 15. Et on doit être capable de manger dans les 30 premières minutes suivant le match pour une récupération optimale. »

Après 5 heures et demie d’autobus, les Canadiennes s'en vont rapidement à l’hôtel. Après une rencontre stratégique et un petit repas, elles se rendent à l’aréna pour le match du samedi soir. Elles seront de retour à l’hôtel à 23 h 30. La nuit sera courte.

Un dernier match avant de prendre la route du retour

Dans le vestiaire avant le match du dimanche, le deuxième du week-end, on branche les cocottes qui sont déjà remplies de lasagnes pour les membres de l’équipe. Tout de suite après la rencontre, ce sera le départ pour le retour à la maison avec les lasagnes à emporter.

La DG des Canadiennes Meg Hewings et la nourriture

Mais elles ne partiront pas avant d’avoir signé des autographes. Les jeunes filles sont nombreuses à vouloir parler avec leurs idoles. Et ces dernières se prêtent au jeu, même si elles viennent de perdre leur match. Il n’est pas question de décevoir la jeune génération de hockeyeuses.

« Ça me rend tellement fière!, s'exclame Caroline Ouellette. Quand on est arrivées ce matin, il y avait des petites filles sur la glace. De voir une équipe complète de filles qui jouent ensemble et qui sont au niveau novice, atome… Je suis toujours émerveillée parce que, moi, ça n’arrivait pas dans mon temps! »

Le voyage à Toronto des Canadiennes aura été beaucoup plus dur que prévu. Les joueuses ont perdu leurs deux matchs. Des défaites difficiles à accepter pour des athlètes habituées à gagner. Dans le vestiaire, la déception était palpable.

Mais il y a quand même du positif à en tirer, selon Marie-Philip Poulin.

« Je pense que ça prouve à quel point la qualité de la ligue s’améliore d’année en année, avance la capitaine. Chaque match est important. C’est intense chaque fois. C’est bon pour le hockey féminin, c’est bon pour nous motiver aussi. »

Discours d'après-match

L’autobus arrivera finalement à Montréal à 1 h 30 lundi matin. Les mauvaises conditions routières ont ralenti le trajet. Dans quelques heures, c’est la routine de la semaine qui reprendra. Ce n’est pas évident pour les athlètes, mais comme elles l’ont répété de nombreuses fois, c’est la passion du hockey, rien d'autre, qui les pousse à continuer.

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