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Une infirmière de 31 ans donne un rein de son vivant à un inconnu

Kirby Pickard a donné un rein le 8 août 2016.

Kirby Pickard a donné un rein le 8 août 2016.

Photo : avec la permission de Kirby Pickard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Colombie-Britannique, il est possible de donner un rein anonymement à un inconnu grâce à un programme supervisé par l'organisme BC Transplant. Seulement 23 Britanno-Colombiens ont jusqu'à maintenant participé au programme depuis 2006.

Un texte de Fanny BédardTwitterCourriel 

« Pour les gens qui reçoivent les organes, ça change leur vie. Ça ne sauve pas leur vie, mais pour leur qualité de vie c’est un cadeau énorme », lance Kirby Pickard un peu plus de quatre mois après avoir donné un rein dans le cadre du programme de jumelage pour l’échange de rein (Paired Kidney Exchange Program) de BC Transplant.

La Vancouvéroise de 31 ans, qui a subi son opération le 8 août dernier, avoue avoir été surprise par la rapidité avec laquelle elle s’est remise de cette intervention chirurgicale.

Le plus difficile a été l’anticipation, avant l’opération.

Une citation de : Kirby Pickard, donneuse de rein

Sensibilisée à la maladie

Kirby Pickard est infirmière et côtoie donc la maladie tous les jours. La trentenaire raconte d’ailleurs que la difficile réalité d’une patiente qui devait se faire dialyser quotidiennement a semé l’idée de devenir donneuse d’organe il y a trois ans. Pour la première fois à ce moment, elle s’est demandé s’il était possible de donner un rein à quelqu’un d’autre qu’à un membre de la famille.

Elle n’a toutefois vraiment entrepris des démarches qu’après être tombée sur une annonce publiée par une mère monoparentale souffrant de diabète depuis l’adolescence et qui était à la recherche d’un donneur de rein. Kirby Pickard a communiqué avec cette femme et a été très touchée par son histoire. Ensemble, elles se sont tournées vers BC Transplant.

14 mois de tests, d’attente et de préparation

Avant d’entrer en salle d’opération, la donneuse d’organe s’est sagement soumise à une série de tests échelonnés sur 14 mois. Les premiers résultats ont rapidement révélé qu’elle n’était pas compatible avec la mère malade. Les deux femmes ont un groupe sanguin différent. Kirby Pickard a quand même décidé de donner son rein.

Elle a reçu un rein de quelqu’un d’autre parce que j’ai donné mon rein.

Une citation de : Kirby Pickard, donneuse de rein

« Beaucoup, beaucoup de tests de sang. J’ai même rencontré un psychiatre, parce que ça n’arrive pas souvent des donneurs anonymes », précise Mme Pickard.

Les spécialistes du programme lui ont demandé quels étaient ses antécédents de santé mentale et médicale, ont voulu s’assurer qu’elle ne donnait pas son rein en échange d’argent et l’ont interrogée sur ses croyances religieuses ainsi que sur ses motivations à poser ce grand geste de compassion. Elle explique qu’ils ont veillé à bien lui expliquer les risques occasionnés par le don de son rein. « J’ai passé deux journées avec un spécialiste des reins qui essayait de me décourager de donner mon rein », rigole-t-elle.

Pour moi, ça a donné un sens à ma vie et c’est chouette de pouvoir apprécier le fait qu’on a fait ça pendant qu’on est en vie. Ça ne fait pas de mal non plus que tout le monde assume que je suis une bonne personne!

Une citation de : Kirby Pickard, donneuse de rein

Après l'opération, l'infirmière a eu droit à huit semaines de convalescence payées.

Kirby Pickard à l'hôpital pour un don de rein. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kirby Pickard à l'hôpital pour un don de rein.

Photo : avec la permission de Kirby Pickard

Les risques

Maintenant qu’elle vit avec un seul rein, elle doit continuer d’entretenir un mode de vie sain. « Pour moi, le risque, c’est que si j’ai un cancer du rein, pas que j’ai un risque maintenant plus élevé, mais si j’ai le cancer, ce sera un grand problème et je le réalise, soutient la femme. Mais dans la vie, il n’y a rien. Je dois faire attention à la consommation d’ibuprofène ».

Advenant le cas où elle aurait besoin d’une transplantation de rein, elle ira au sommet de la liste d’attente pour cet organe.

Qui sont les donneurs?

Le directeur médical de BC Transplant, David Landsberg, soutient que ceux qui choisissent de participer au programme de jumelage pour l’échange de rein affichent généralement un âge plus avancé. « C’est habituellement quelqu’un de plus vieux, quelqu’un avec un bagage d’altruisme, qui a fait du bénévolat, donné du sang, des choses humanitaires. Ils ne sont pas nécessairement religieux, mais ils tendent à avoir des croyances spirituelles plus fortes », précise le médecin.

Dr David Lansberg estime aussi qu’il est parfois plus simple de faire un don de manière anonyme. « Il n’y a pas de dynamique familiale derrière le don dans ce cas », ajoute-t-il aussi. Selon lui, donner un organe procure souvent une signification particulière à la vie de ceux qui décident de le faire.

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