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Un cas de mérule pleureuse à Lac-Beauport

La maison touchée par la mérule pleureuse à Lac-Beauport

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'achat d'une nouvelle propriété tourne au cauchemar pour un jeune couple de Lac-Beauport. Les nouveaux propriétaires ont découvert quelques mois après la transaction que les murs de la maison sont infestés par la mérule pleureuse, un champignon qui s'attaque à la structure du bâtiment.

Un reportage de Maxime Corneau Twitter Courriel  

« C’est un cauchemar », résume d’emblée Mickaël Paris. Avec sa conjointe, Dominique Rainville, ils avaient choisi de s’installer à Lac-Beauport pour le style de vie « proche de la nature ».

Le 25 décembre 2015, une fenêtre s’est brisée en raison d’un mur qui se déformait. Après investigation, le couple a découvert d’immenses champignons dans le mur extérieur du bâtiment, sous la fenêtre. Le vide sanitaire sous la résidence est lui aussi colonisé par la mérule. « Considérant l’ampleur des dégâts et notre situation à nous, notre maison est condamnée », déplore M. Paris.

Le champignon dans un mur extérieur de la maisonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le champignon dans un mur extérieur de la maison

Photo : Courtoisie / Mickaël Paris

La décontamination est très difficile à effectuer. Aucune compagnie au Québec ne garantit d’ailleurs le résultat des travaux. La mérule peut étendre ses racines sur plusieurs mètres à travers les murs, tout en dégradant le bois et le mortier.

Le scénario le plus probable pour les jeunes parents est de démolir la maison, puis de rebâtir. Or, la démolition peut coûter plus de 50 000 $, puisqu’elle doit se faire en respectant un protocole qui évitera de contaminer les résidences voisines.

Comme c’est presque toujours le cas avec la mérule pleureuse, l’assureur du couple ne couvrira pas les frais encourus dans leurs déboires.

Dominique Rainville et Mickaël ParisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dominique Rainville et Mickaël Paris

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le gouvernement interpellé

En compagnie d’autres propriétaires touchés par le même problème, Dominique et Mickaël militent pour que le gouvernement considère les propriétaires touchés comme des sinistrés.

Ce statut permettrait aux propriétaires d’obtenir de l’aide financière et de l’accompagnement. Une pétition circule dans les réseaux sociaux pour obtenir un appui à leur cause.

Selon eux, le gouvernement a le devoir d’agir puisque des propriétaires insouciants pourraient décontaminer en agissant sans précautions et propager la mérule au voisinage. Il s’agit selon eux d’une problématique de sécurité publique.

Des trous ont été faits partout autour de la maison pour localiser la mérule. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des trous ont été faits partout autour de la maison pour localiser la mérule.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Un comité interministériel a d’ailleurs été formé pour étudier la problématique de la mérule pleureuse. Les conclusions du comité ne sont toujours pas connues.

De plus en plus de cas

La microbiologiste Solange Lévesque a mené les expertises sur la maison de Mickaël et Dominique. Elle déplore que de plus en plus de propriétaires au Québec reçoivent le même diagnostic accablant.

« [La mérule] fait de la pourriture sèche. Ça fait de la pourriture en carré comme du bois brûlé. Ça peut affecter la structure même du bâtiment », explique-t-elle.

Solange Lévesque, microbiologiste pour Airmax environnement, lors de tests de qualité d'air. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Solande Lévesque, microbiologie pour Airmax environnement, lors de tests de qualité d'air.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Dans le cas de la maison de Lac-Beauport, la microbiologiste échantillonne régulièrement l’air ambiant afin de s’assurer que la mérule où d’autres moisissures associées ne se retrouvent pas dans la maison.

Heureusement pour le couple, la problématique n'affecte pas encore l’intérieur du bâtiment ce qui leur permet de toujours y habiter avec leur garçon de 3 ans.

Mme Lévesque rappelle que l’apparition de la mérule se fait lorsque des spores du champignon se retrouvent dans un milieu très humide. Elle suggère de limiter l’humidité dans les bâtiments et de contacter un expert si un champignon apparaît. Selon elle, des travaux mal exécutés peuvent faire prendre de l’ampleur au problème.

La petite famille espère maintenant que le gouvernement réagira rapidement pour leur éviter de tout perdre dans ce cauchemar.

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